DE I. ENFANCE* I
lui : rexcellence et la grandeur résident dans son sanctuaire. Ps. 96.
Les montagnes se fondent comme de la cire à cause de la présence de Dieu. Ps. 97.
Toi seul est TEtemel , tu as fait les Qeux , même ks Qeux des Qeux et toute leur armée , la terre , les mers et tout ce qui est en elles : tu vivifies toutes ces choses , et Farmée des Geux se prosterne devant toi. Néhémie^ IX •
Sa bonté en général.
. Personne , mon enfant , ne peut contraindra le Pieu fort à donner. la vie à d'autres êtres et à leur communiquer uiie portion de la félicité qu*il trouve en lui-même. Personne ne peut le contraindre à leur conserver la santé, les forces, à attacher un sentiment de joie à Tusage de leurs facultés , à la satisfaction réglée de la plupart de leurs besoins. Dieu est parfaitement libre dans tout ce qu'il fait ; mais Dieu est charité; et c'est par un principe de charité qu'il agit perpétuellement dans la vue de rendre heureuses toutes ses créatures. .
H n'y a. qu'un seul bon, savoir Dieu. Marc^X.
Dieu est charité. I** Epître de St. -Jean , cA. 3.
Dieu ne s'est jamais laissé sans témoignage en faisant 4n bien , en envoyant les pluies et les saisons fertiles. Actes , XIV*
Célébrez l'Etemel, car il est bon. Ps. 118.
Mon ame béni ! l'Etçmel et que tout ce qui est en
moi bénisse le nom de sa sainteté ! Mon ame béni
l'Eternel et n'oublie pas un de ses bienfaits. Ps. io3.
iS XA REUGIOn
Envers les hommes en particulier.
C'est principalement à notre égard, mon enfant, que Dieu a déployé toutes les richesses de sa bonté , car il nous a formés à son image. Il nous a donné une ame intelligente et c'est par là que nous pouvons le connaître , le bénir, le louer, nous employer à le servir et à lui devenir semblables. Dieu est pour nous le nieilleur des amis ; dans le chagrin il nous console ; au milieu de nos peines et de nos travaux il nous encourage ; il est incompréhensible dans ses miséricordes et après nous avoir une première fois amené à l'existence en nous créant , il nous Ta ren- àûe par le bienfait encore plus grand de la Ré-* demption.
Ta grâce , ô Dieu, vaut mieux que la vie. Ps. 4-
Tes gratuités couronnent toutes tes œuvi-es. Ps.
Goûtez et voyez combien rEtemel' est bon ! Bien heureux est l'homme qui se confie en liii. Ps. 34. ; L'Etemel est compatissant ^ miséricordieux, abon* dant en grâces. C'est lui qui nous pardonne toutes nos fautes. C'est lui qui nous guérit de nos infirmités; et comme un père est touché de compassion pour ses enfans, c'est ainsi que l'Eternel prend pitié de ceux qui le craignent. Ps. io3.
Où est le Dieu qui m'a fait et qui me donne sujet de chanter de joie durant la nuit? C'est lui qui nous rend plus éclairés que lès animaux de la terre et plus intelligens que les oiseaux des Cieùx^ Jàb, Ch. 35.
Dieu veut que tous les honmiëd soient sauvés et
DE l'eNFAI^GE. 19
qu'as parviennent à la connaissance de sa vérité. /. Timoth. Ch. 2. *
Dieu a tant aimé le monde que pour sauver le monde , il a donné son fils unique. Evangile de St.- Jean^ Ch. 3.
Voyez quelle charité le père a eue pour nous que nous soyons appelés les enfans de Dieu. /. Jean^ ch. 3.
Sa Sainteté.
' Dieu est parfait , mon enfsint , et il ne saurait penser ni faire rien de ce qui est mal. Il déteste te péché et rien ne peut lui plaire que ce qui est droit et juste» n est le seul saint , comme il est le seul bon , le seul sage , le seul puissant , et c'est pourquoi il veut que tous les hommes lui ressemblent et soient saints comme lui , afin qu'en lui et avec lui ils soient éternellement heureux. Mon enfant, regarde en haut et en bas , à droite et à gauche , en avant et en arrière et tu t'écrieras à chaque pas que Dieu a bien fait tout ce qu'il a fait , que tous ces jugemens sont pleiqs de droiture , qu'il n'y a point en lui d'iniquité , qu'il est aussi juste envers les uns que miséricordieux envers les autres i infiniment bon à l'égard de tous* fidèle . dans ses promesses , équitable dans ses diitimen^» ^ irrépréhensible , toujours admirable , toujours seivhr blable à lui-même , quoiqu'il fasse.
Dieu est lumière. /. Jefim^ Ch.i.
Les yeux de Dieu sont trop purs pouï* voir le mal. Hahacuc^ ch. i.
Soyez les imitateurs de Dieu comme étant ses chex9 exïîàns^ JEphésiens t ch. i.
aO lA RELIGION
Soyez saints, car je suis saint. /. Pierre, ch, i. Soyez parfaits comme votre père qui est dans les dieux est parfait. Math. ch. 6.
Sa Proi^idence dans ce monde^
S'il y a un Dieu , mon enfant , qui a tout fail , il y a un Dieu qui conse^e tout , qui règle tout et qui pourvoit à tout; sirj^Êf'nsL pu être créé sans lui, rien ne peut être conservé , rien ne peut se mouvoir et se foire que par lui ; le mouvement dii plus petit insecte , du moiiidre grain de poussière est donc l'effet de sa puissance aussi bien que le mojjyement et la révolution prodigieuse de ces corps jN^ëhehses qui paraissent rouler autour de nous. H n'y a donc pasdéxagération dans ces paroles de notre Seigneur : un passereau ne Vole pas sur la terre , un cheveu ne tombe pas dé votre tête sans la volonté de votre père qui est dans le Ciel , c'est-à-dire , sans son ordre. Mon enfant , les fleurs dont les campagnes sont émaillées , la verdure aimable dont elles sont couvertes , les fruits dont elles sont enrichies , tout cela parait ou disparait à nos yeux suivant leà lois et Iç cours de la nature , c'est-à-dîre, suivant les ordre de la providence. Quand tu vois un brin d'herbe croître, s'élever et grandir , changer plusieurs fois déforme ou de couleur , puis se faner , se sécher et disparaître, quand tu vois une feuille emportée ça et là par le vent et mille autres choses de ceUe espèce , et à plus forte raison , celles qui sont faites pour te frapper et qui té frappent en effet bien davantage , tu disqu'ellespbéissent aux lois de la nature , c'est-à-dire , qu'el-
DE i;.'E]srAjîciu at
les obéissent aux ordres que la proYÎdence leur adonnés ; car , mon enfant , ce brin d'herbe ne croît et ne décroît , cette feuille n'est emportée par le vent , ce grain de sable ne change de place , ce cheveu ne^. tombe de ta tête que parce que Dieu Ta réglé ainsi en établissant des lois suivant lesquelles cela doit être nécessairement ainsi. D'où il s'en suit, moucher enfant, que Dieu préside, qu'il veille à la conservation et au mouvement d'un insecte , d'une feuille , d'un grain de sable , d'un atome, aussi bien qu'à la conservation et au mouvement général des Cieux , et si la providence préside aux plus petits mouvemens de la moindre créature , à plus forte raison présidera-t-elle aux mouvemens et à toutes les actions des hommes qui sont le chef- d'^œuvre de sa sagesse] et pour lesquels elle a visiblement fait tout le reste.
Le Dieu fort fait, des choses si grandes qu'il est impossible de les compter. U répand la pluie sur la face de la terre et il envoie les eaux sur les campagnes. Job. 5.
C W en la main de l'Eternel qu'est l'âme de tout ce qui vit et l'esprit de toute chair humaine. Job. la •
Eternel ! toutes les créatures s'attendent à toi afin que tu leur donnes la nourriture, dans leur tems. Quand tu la leur donnes, elles la recueillent, et quand tu ouvres la main , elles sont rassasiées de biens. Caches-tu ta face? elles sont troublées. Retires-tu ton soufflé ? elles tombent en défaillance , et retournent en poudre. Mais si tu renvoies ton esprit elles sont créées et tu renouvelles la face de la terre^ Psaume loL
an LA HEUGIOK
Je suis rEtemeï qui forme la lumière et qui crée les ténèbres, qui fais la paix et qui crée l'adversité. C'est moi l'Eternel qui fais toutes ces choses. Esàie^ Ch, 4^.
On jette le sort au giron ; mais tout ce qui en doit arriver vient de la part de l'Eternel. Proçerhe i6.
L'Eternel l'a arrêté dans son conseil ; qui est-ce qui l'empêcherait? sa main est étendue ; qui la détournerait? Escde^ cA. i4«
Le règne de Dieu est un règne éternel , et sa puissance est de génération en génération afin ç[ue les hommes connaissent quel souverain domine sur les royaumes des hommes et qu'il les donne à qui il lui plaît. Devant lui tous les habitans de la terre ne sont rien. Il fait tout ce qu'il veut tant au Ciel que sur la terre et il n'y a personne qui arrête sa main et qui lui dise qu'as-tu fait? Daniel^ ch.l^.
Considérez que c'est' moi qui suis Dieu et" il n'y en a point d'autre avec moi. Je fais mourir et je fais vivre ; je blesse et. je guéris, et il n'y a personne. qui puisse délivrer de ma main. JDeuteronome ^ ch.Zd.
Qui dira qu'une chose s'est faite et que^ce n'est pas l'Eternel qui l'a commandée. Xamentoftb/î, ch. 3.
La Providence de Dieu enoers V homme*
Ecoute, mon enfant, comment Dieu s'exprime luimême par la bouche de ses prophètes : Je suis ton père , tu es mon enfant, ne crains pas que je t'oublie jamais. Une mère peut-elle oublier le fruit de ses entrailles et quand même elle t'oublierait , je ne
DE D'eNFAKCE. 23
t'oublierais pas ; toy tes les pensées de ton esprit , toutes les facultés de ton ame , tous les mouvemens de ton cœur sont présens à ma pensée ; je t'ai comme gravé sur ma main , pour t'avoir sans cesse devant mes yeux. Mon enfant, quoi de plus capable de calmer nos craintes , de dissiper nos inquiétudes et de répandre'la joie et la consolation dans nos cœurs que cette pensée? Dans quelque lieu que j'aille, dans quelque situation d'esprit ou de corps que je me trouve., mon Dieu est toujours avec moi , il me conduit pendant le jour , il veille à ma garde durant mon sommeil , il est présent à mon travail , il m'accompagne dans mes voyages , il marche à mes côtés, il me tient par la main , il guide mes pas ; si je chancelle il me soutient , si je tombe il me relève , si je m'égare il me ramène. Depuis le moment où j'ai été conçu dans le sein de ma mère, ses yeux sont fixés sur moi , il .est aussi attentif à tous mes besoins que si j'étais la seule créature qu'il y eût au monde ; à quelque heure du jour ou de la nuit que je veuille lui parler,- il m'entend et je suis certain d'être exaucé si ce que Je lui demande est avantageux au salut de mon ame. Oh ! le bon ^ le précieux ami , qui peut tout , qu'on trouve partout et qui jamais ne nous* abandonne.
Je suis le bon berger ; le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Jean^ ch. lO.
Je connais mes brebis , et mes brebis me connaissent, «/^an, c. 10.
Mon père yous aime. Eçangile de St.-Luc.
n a plu à mon père de vous donner son royaume.
"Que Votre cœur ne se trouble point , je revîendraî et je vous prendrai à moi , afin que là où je suis vous y soyez aussi. Je ne vous laisserai point orphelins.
Comme le père a été aimé c'est ainsi que je vous ai aimés. DemeurezMf^ns nion amour. Je suis le cep et vous en êtes les sarmens. Jean^ ch. i5.
Personne n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. Evangile de St. - Jean.
Je neWus dis plus serviteurs , mais je vous appelle mes amis. Idem,
Vous serez mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande. Jiga/ï, cA. 1 5,
Tous ceux qui font la volonté de mon père qui est dans les Cieux, ce sont luçs frères et mes sœurs. Eçangile de S.-Luc^
Ne savez-yous pas que vos corps sont les membres de.Christ, rConVi/A, cA. 6,
Que Christ habite dans vos cœurs par la foi , afin, que vous puissiez connaître toute sa charité , laquelle Ripasse toute intelligence et que vous soyez remplis dé loute la plénitude de Dieu. Ephésîens , ch. 3.
Si quelqu'un entend.ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui et jorsouperai avec lui et lui avec moi. Apocal. III et Jean ch, 14.
LaPrOvidericè de Dieu par rapport à une autre vie.
Nous sommes par rapport à Dieu comme des enfans par rapport à Jeur père , comme des serviteurs
k Fëgard de leur maître , comme des ouvriers à l'é- ^rd de ceux qui les ont loués. Or, un enfant est comptable de ses actions à son père , le maître fait rendre compte à ses serviteurs , à ceux qu'il a loués. Le Maître des maîtres , le Seigneur des Seigneurs serait-il donc le seul vis-à-vis du quel nul ne fut comptable ! Peut-on croire , mon enfant , que celui qui a tout fait et qui gouverne tout ne demandera compte de rien? Il y aurait donc dans le gouverne^ment de la providence de Dieu , moins de sagesse , moins 4'ordre et moins de justice , je ne dis pas que dans un royaume , je ne dis pas que dans une ville , je ne dis pas que dans une société quelconque , mais je dis que dans la maison d'un simple particulier quand elle est bien réglée ! D'ailleurs , mon enfant , nous avons en nous-mêmes un juge qui discerne le bien du mal , qui nous condamne ou nous absout , qui nous eflBraie ou nous tranquillise. Quand tu as fait une bonne œuvre , un acte louable , ou que tu as résisté à quelque tentation violente , le témoignage de la conscience , quand même tu n'aurais pas d'autres témoins , ne te donne-t-il pas une satisfaction intérieure, un plaisir secret plus doux et plus pur encore que celui qu'on cherche dans les louanges et. les appplaudissemens des hommes ? et s'il arrive au contraire que tu te laisses aller soit par malice ou par faiblesse à quelque action qui n'est pas bonne ou qui est injuste , n'entends-tu pas aussitôt une voix intérieure qui te la reproche , quand même l'ayant commise dans le secret le plus profond tu n'aurais eu d'autre témoin que toi-même ? Ton cœur , ton
a6 lA RELIGIQIf
propre cœur, voilà, mon enfant, ton premier juge qui te menace d'un autre plus grand que lui et qui te lannonçe.
Les méchans ne subsisteront point au jour du jugementnilespécheursdansrassembléedes justes. Ps. i»
Celui qui pèse les cœurs ne Tentendra-t-il point T Celui qui garde ton ame ne le saura-t-il point? et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses œuvres. Ptoverbes 1x1^.
Les yeux de l'Eternel sont ouverts sur toutes les voies des cnfans des hommes pour rendre à chacun selon ses œuvres. Jérëmie, ch. 82.
O homme qui condamne ceux qui font ces choses, et qui les commet toi-même , penses-tu que tu doives échapper au juste jugement de Dieu ? ilom.cA. 2.
Après la mort suit le jugement. Hébreux 9.
Ne vous abusez point , ce que Thômme aura semé il le moissonnera. Galates 6.
Le fils de Thomme viendra dans la gloire de son père et alors il rendra à chacun selon ses oeuvrer. Math. 16.
• Dieu a arrêté un jour auquel il doit juger tout le monde selon la justice. Actes ^ ch. 16.
Toutes les nations seront assemblées devant lui et il séparera les uns d'avec les àutre^, comme le berrger sépare les brebis d'avec les boucs. Math. 25.
Tousseront jugés au jour où Dieu jugera les secrets des consciences par Jésus-Christ. Rom. ch. 2.
Chacun de nous rendra compte pour soi-même à Dieu. Rom. x4*
DE l'enfance. a 7
Jeune homme ! sache que pour toutes ces choses Dîèu amènera en jugement. Ecclésiaste^ ch. 12.
Dieu amènera toute œuvre en jugement, touchant ce qui est caché soit bien soit mal. Ecclésiaste 12.
Voici je viens bientôt et mon salaire est avec moi pour rendre à chacun* selon ses œuvres. Apocàl. 22.
Connaître Dieu par Jésus-Christ.
Mon enfant, aies la crainte de Dieu et une foi sincère en Jésus-Christ. La crainte de Dieu , mon enfant, la crainte de Dieu ; il n'y a qu'elle qui puisse servir de frein à tes passions. Il n'y a qu'elle qui puisse te retenir dans le sentier étroit et difficile de la vertu. Ne compte ni sur ton bon naturel, ni sur tes précautions , ni sur tes efforts. Aussitôt que tu compteras sur toi-même tu es perdu ; compter sur toimême , c'est compter sur rien, parce que l'homme ne peut rien ; il n'est rien sans le secours de celui en qui nous avons la vie , le mouvement et l'être. Au contraire , mon cher enfant , si tiï te méfies de toi-même, tu éviteras avec le plus grand soin tout ce qui pour-* rait altérer la pureté de tes mœurs, tu demanderas aussi à Dieu par des prières ferventes et contiiyielles les lumières dont tu as besoin pour te conduire sagement en tout , et la force de résister aux penchans vitieux de ta nature , au torrent de la corruption , des préjugés, du mauvais exept^ple. Tu liras tous les jours dans quelque livre qui sera propre à te prémunir contre la séduction : le Nouveau Testament ^ l'Imitation de Jésus-Christ, Je livre- de ïa Sagesse , l'Ecclésiastique, les Psaumes, les Proverbes seront ta lecture favorite , et comme ton pain quotidien ;
nS LA RELIGION
tu en apprendras par cœur certains passages qu£ t'auront le plus frappé , tu en meubleras ta mémoire, tu en orneras ton esprit , tu en nourriras ton cœur, tu en fortifieras ton ame. Mon enfant, quelque riche que tu sois , tu seras véritablement pauvre si tu n'as pas la grâce de Jésus-Christ, et quelque pauvre que tu sois , tu seras véritablement riche si tu vis dans sa crainte, dans son amour , dans sa foi. Avec Jésus- Christ ceux qui te paraissent malheureux ne sont point à plaindre. Sans Jésus-Christ on ne saurait trop plaindre ceux qui nous paraissent les plus heureux. La plus haute science, mon enfant, saqs Jésus-Christ n'est que ténèbres et ne produit que l'orgueil ; la vraie science est de connaître Jésus-Christ. Si tu le connais bien , tu seras tel que tu dois être ^ tu sauras tout ce qu'il t'est nécessaire de savoir, parce qu'en lui sont renfermés tous les trésors^ de là science et de la sagesse. Attaches-toi donc à Jésus-Christ, mon cher enfant; ne le perds jamais de vue et ne t'appuyes que sur lui. Moyennant ces précautions tu ne feras jamais de grandes chûtes, ou si tu en fais quelques unes, tu te relèveras sur-le-champ , et je n'aurai pas la douleur d'entendre dire que tu vis sans Dieu et sans espérance au monde.
Nous avons tous reçu de sa plénitude grâce sur grâc^. Jean^ ch, i.
Je suis la porte , si quelqu'un entre par moi , il sera sauvé. Jean, ch. lo.
Je suis le chemin , la vérité , la vie, nul ne vient au père que par moi. Jean XIV.
Hors de moi vous ne pouvez rien (ajtt.JeanXV*
Personne ne peut poser un autre fondement que <:elui quia été posé, savoir Jésus-Christ. Z. Cor. III.
Tout autant qu'il y a de promesses de Dieu elles •sont amen et oui en Jésus-Christ. //. Cor. , ch* i .
Ce n'est plus moi qui vit c'est Christ qui vit en moi. Galat. II.
Dieu nous a bénis de toutes les bénédictions spirii;uelles en Jésus-Christ. Ephésiens I.
C'est de Christ que tout le corps tire son accroissement. Ephésiens IV*
Le bon plaisir du père à été que toute plénitude 'habitât en lui. Cohss. IK-
Christ est votre vie. Coloss. , ch. 3.
Qui croit au fils a la vie. Jean^ ch. 3,
IMul ne vient au père que par le fils. Ei^angik de Si" Imc.
n n'y a point d'autre nom par qui nous puissions être sauvés. Actes des Apôtres.
Ayez sans cesse les yeux sur Jésus-Christ. Hébreux^ th. r2.
Croissez dans la grâce de Jésus-Christ qui est votre •chef. Ephésiens y c. 6.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang aura la vie. St.-Jean^ ch. VI •
Qui a vu le fils a vu le père. Jean^ ch. i6.
«/".-C serçant de modèle aux hommes.
Ecoute là dessus, mon enfant, une belle pensée d'un ancienpère de l'Eglise , qui compare les Chrétiens à des peintres. Chacun de nous, ditr-il, est te printre de âa propre vie. lïotre ame est comme la toile , les
30 lA EEUGIOlf
vertus sont les couleurs ; Jésus-Christ est le modèle que nous devons copier, c'est-à-dire, mon enfant ^ que , de même qu'un peintre a dans Fesprit, dans rimagination et devant les yeux , l'objet qu'il veut représenter sur la toile ; ainsi le Chrétien doit avoir dans toutes ses actions sans cesse les yeux fixés sur Jésus-Christ ; et comnie le pinceau conduit par ][a main du peintre applique sur la toile , des couleurs semblables à celles qu'il trouve dans son modèle de même notre volonté , mon cher enfant , par la grâce de Dieu, s'attachant à la pratique des vertus qui sont en Jésus-Christ, s'efFôrce d'en exprimer l'image dans notre ame, en sorte que le but unique vers lequel nous devons tendre, est d'avoir une parfaite ressemblance avec Jésus-Christ. Lève donc les yeux et regarde continuellement à Jésus-Christ qui est l'auteur et le consommateur de notre foi. Dans quelqu'état que tu sois placé , dans quelque situation de corps ou d'esprit où tu te trouves ; quoique tu fasses , ^quoique ta dises , quoique tu penses ♦ mon enfant , aies continuellement les yeux fixés et arrêtés sur Jésus-Christ, afin que tes pensées et tes sentimens , tes paroles et tes actions soient formées et pour ainsi dire moulées sur les pensées , sur les paroles et sur les actions de Jésus-Christ. Le prophète Esaie en parlant de la venue de notre Seigneur avait dit qu'il ne crierait point , qu'il ne contesterait point , qu'il ne serait ni triste ni turbulent et que le bruit de sa voix n'éclaterait point dans les places publiques^ Il parut en effet tel qu'on l'avait annoncé ; la douceur de sa conver- ^ sation, les paroles pleines de grâce et de modestie
1>B l'iËRFAKOE. 3l
qui sortaient de 8a bouche charmaient les esprits « gagnaient les cœurs et ravissaient Tadmiration de tous ceux qui avaient le bonheur de l'entendre. Il n'y eut jamais avec lui ni contestation ni dispute ; il reprit les pécheurs sans chercher à les humilier ; il gémit sur les coupables sans demander leur punition. Quand on le contredit , il n'insistait point , quand DU lui dit des injures, il ne s'irritait point , quand on l'accusa , il ne fit pas de longs discours pour sa défense ; il ne parla de lui-même que pour rendre témoignage à la vérité et pour la gloire de son père, n ne parla des hommes que comme un médecin parle d'un malade dont il désire la guérison , il ne parla aux hommes que pour les instruire et les sanctifier ; 5a conversation n'eut rien d'amer , rien d'ennuieux, rien de choquant ni de désagréable ; son visage fut sérieux mais non pas'triste ; ses manières simples mais non pas singulières ; tout son extérieur était grave mais sans hauteur et sans ostentation. Tous ses discours respiraient, non-seulement là sagesse mais l'humilité, la douceur, la bonté, la modestie. Heu^ reux les disciples qui eurent part aux divins entre^ tiens , à la douce fammiliarité du sauveur du monde ! Plus heureux encore les Chrétiens qui sans l'avoir vu se le représentent vivant et conversajat avec les hommes et qui s'efforcent d'y vivre et d'y converser comme lui !
Jésus-Christ nous a laissé un patron, afin que nous marchions su^ ses traces, /i Epitre de Sfdnt-^ Pierre.,
32 LA REIIGIOH
' Nous ayons été faits une même plante aVec loi/ Epître aux Romains , ch. 6.
Soyez revêtus dû Seigneur Jésus-Christ. Romain^ chû i3. '
Soit que nous '\ivioiïs, nous vivons au Seigneur; sôît que nous mourions, nous mourons au Seigneur. Romains ^ ch. il^.
* Si quelqu'un est en Christ, il est une nouveUe créature. //• Epître aux CoHnlh. , ch. 5.
* Examinez-vous vous-même pour savoir si Christ est en vous. //. Epître aux Corinth.y ch. i3.
Marchez dans la charité à lexeniple de Christ qui vous a aimés. Ephésiens V.
' Qu'il y ait en vous le même sentiment qui a été eh Jésus-Christ. Epître aux Philipp. , ch» 2.
Jésus-Christ enseignant les hommes.
Mon enfant , les vérités les plus sublimes , les plus jprofonds mystères de notre foi , nous sont représentés soit dans le Vieux, soit dans le Nouveau Testament sous des figures sensibles , qui les mettent pour ainsi dire à la portée de ton esprit et t'en facilitent Tiutelligence. Jésus-Christ en particulier pour t'expliquer les secrets de son xoyaume , t'en découvre les images par les choses les plus communes : tantôt c'est la semence que le laboureur jette dans son champ, laquelle produit au centuple, quand elle tombe dans une bonne terre , mais qui ne produit rien quand elle tombe sur dés pierres , le long d'un grand chemin , ou dans des épines ; tantôt c*est un grain de moutarde qui malgré sa petitesse devient
Wi arbrtsur ks rampait duqite} I«s oiseaux du ciel s'arrêtent et se reposent t ou , c*est «ne somme d'if- ^ent, un talent qu'un père de famîlle donne i ses serviteurs pour le faire valoir, et dont ils doivent lui fendre compte, iG'est ainsi que notre Seigneur ins-^ Imisait ses disciples , et nous tisons dans rEvangrie * que tous ses discours étaient accompagnés de paraboles. La foi t'apprend mon enfant que sans Fa grâce de Jésus-CJirîst tu ne peux rien, mais lorsque cette grâce invisible t'est représentée sous la figure di» pain, et des autres alimensqui nourrissent ton corps, tous la figure dés habits qui le couvrent ejL des ornemens qui le parent, sous la figure du vin qui fortifie et réjouit le coeur de l'homme sous la figure dé l'huile que le charitable Samaritain versa sur les |ila]res de celui que les voleurs avaient maltfaité, cf sous la figure d'une eau vive qui lave les* taches , qui désaltère et rafraîchit un vopgedr faUgué, qui arrose et ranime leSf^lantes, toutes ces choses qui sont jouriiellçment sous tes yeux et à ton usage , retracent et rappellent sauts cesse à ton esprit là vertu ineffable, et tous les divins effets de cette grâce toute puissante, de sorte que vdyaitt dans les différons besoins 4c ton èorps, la vive image de tes besoins spirituels , tu les eonçois et marne tu y deviens plus sensible.
Lorsque levant les yeux au Ciel, tu y vois moi* enfant , ce bel astre qui éclaire successivement tous les peuples, c'est ainsi, devons nous nous écrier, que le divin flambeau de l'Eivangile de Jésus-Oirist , îé vrai Soleil de Justice , faisant le tour de la terre éclaii^ sucdessivemeiit toutes les itations , jusqu^à ce
que sa course étant achevée , il rentre avec les él^3 dans le sein de sa gloire , commençant un jour ét^rnel pour les uns et laissant à jamais les autres dans les ténèbres de l'enfer. Mon enfant, quand Jésus- Christ instruisait les hommes , il ne leur faisait pas de longs discours , ce ne sont pas de longs discoiirs qui font les saints , mais il leur apprenait à lire dans la nature ; voyez , disait-il pour leur inspirer la confiance en Dieu , considérez les lys qui croissent dans les champs ; quelle blancheur, quelle beauté , quel éclat, cependant , ils ne travaillent ni ne filent point; voyez-vous les oiseaux du ciel ? ils ne sèment ni ne moissonnent point , et votre Père céleste les nourrit. A combien plus forte raison ne prendra-t-il pas soin de vous ; ô gens de petite foi ? Mais pourquoi mon enfant , ne lisons-nous pas dans cette terre que nou$ labourons , dans cette semence que nous y jettons? Et pourquoi n'y lisons-nouspas comme dans un livre l'explication des saintes vérités? Notre amc eat le champ que nous devons cultiver, la parole de Dieu est la semence que les pasteurs de l'Eglise ne cessent d'y répandre ; ce grand chemin , ces pierres , ces épines ; voilà mon enfant , Fimage de notre misérable coeur. C'est un grand chemin , parce qu'il est ouvert à toute sorte de passions. C'est un terrain pierreux par notre endurcissement : cette foule de pensées inutiles ou criminelles , ces attachemens déréglés^ ces désirs terrestres, ces affections toute charnelles sont comme autant d'épines qui étouffent au d^daps de nous le fruit de la parole de. Dieu. H^Vlisj nous c;ultîvpns<nos çhapips avpc un soin îa-
DB L'iONTAIfCS* * 35
fini/ Nous nous donnons tant de peine pour arracher les mauvaises herbes , pour ôter les pierres , pour empêcher que les animaux n'y fassent du dégât , pendant que notre ame , notre pauvre ame est comme une terre en friche , pleine de pierres et d'épines d'un bout à l'autre , comme un champ battu et coupé de mille .sentiers, par où tout le monde passe et repasse. Cette vifi;nç encore , mon enfant, cette vigne que nous taillons , que nous labourons , que nous provignons avec tant de complaisance , n'est-elle pas comme le livre de l'Evangile, dans lequel nous entendons dire à Jésus-Christ: p^oas êtes leà sarmens^ et Je saisie cep? Qu'est-ce en effet mon enfant que l'homme qui ne demeure point en Jésus* Christ? C'est un sarment détaché du cep , et qui ne saurait par conséquent porter aucun fruit. La grâce de Jésus-Christ est cette sève prétieuse qui passant du cep dans les branches , leur donne la vie et les féconde : ces belles grappes dont la vigne est chargée , nous représentent les bonnes œuvres du juste qui vit de la foi et qui est riche devant Dieu par les mérites de Jésus-Christ. C'est ainsi mon cher enfant que le Chrétien trouve dans leà choses visibles, l'i-^ mage des vérités que la foi enseigne et dont il doit sans cesse se nourrir. Dans le ciel» sur la terre et dans la mer, au dedans et au dehors de toi , tu ne trouveras rien mon enfant, qui n'élève ton aftie^ qui ne porté tes pensées , tes désirs et tes affectiom vers Jésus-Christ, si ttt as le cœur droit, si tu vi». delà foi. Comme le sommeil est l'image de la mort et
nous la rappelle ; ainsi le réveil est l'image delà
lr
36 hk REUGI09I
surrection et nous la fait espérer : les'|habits*dont nous nous couvrons nous rappellent Fafireuse nu*» dite d'une ame qui n'est pas revêtue de la justice de Jc^sus-Christ ; les soins que nous sommes obliges de donner à nos corps nous font ressouvenir de ceux encoi*e bien plus p'ressans que réclament nos aines. Mon enfant, ouvre les yeux et les oreilles de la foi : tout t'instruit, tout t'exhorte, tout te sanctifie.
Jjes troupes furent étonnées de sa doctrine car il les enseignait comme ayant autorité. Matthieu^ èh.FII.
\ Celui que Dieu a envoyé annonce les paroles de IMeu ; car Dieu ne hii donne pas Tesprit par mesure. Si.'Jeaii^ eh, IIL
' ' Si tti connaissais le don de Dieu et quel est celui 1)^ te parles* tu lui' aurais toi-même demandé à boire^ St.-Jean, ch.IV.
' À quel autre irions-nous Seigneur; toi seul \ ttt m tes paroles de la: vie éternelle, St-^efm, eh. f^I.
Lès huisjiers répondirent : janlais homme n'a parlé comme cet horiime. Jean , J^II.
Vous n^axez qu'un seuJ Docteur^ c'est Christi, Matthieu, th. XXIIL
L'Eglise Chr^lienrWi
. }tfe>n enfâiifit s'il y a une société sur la terre ^i soit digne d'attirer les regards , Tadmiration ,^ le re«jpcet de^tous les hommes aei^ sans contredit la ao^ OM^Ié'des Chrétiens, TËglise Cl^éti^ne. Oii b*ouve<^ msen e0et une société dopt tes fcNfid€^men3 ^oieni.
im i^'ekfaîîot:. 37
plussôlkks; les lumière/splui» ppres et plus ëlendue», les loix plits sages, les maumes {dus saintes et plus utiles, les vertus plus héi'oïques, et en même tems moins rai'es ; une société dont les membre^ soient unis entreux pai" des liens plus respectables, plus forts, plus indidsolublds? Une société dont le gour vernement soît plus humain, plus doux, plus trair table ? L'Eglise voudrait régner si^r tous les peuples « mais elle régne par la justice, la douceur et la j^* liençe , par les bénédictions qu*elle donne à ceux-1^ même qui la persécutent. Les personnes préposées aux différentes parties du gouvernement^ ont des occupations relatives au bien public ; mais ces ocçii^ pations différentes sont bornées chacune à un objet^
particulier « au lieu que le ministère ecclésiastique s'étend généralement à tout, et erhbrasse tout ce qui peut contribuer au vrai bien , à la perfection ^ au vrai bonheur des homtnes. U travaille à rendre les magistrats injtég;res, à inspirer aux. militaires une vraie valeur, à bapnir Tusure, la fraude, la mau-* vaise foi du commerce* Il veille, il travaille à ce que. les impôts soient levés sans rapines ^ sans con-^ eussions, à ce qu'ils soient fidèlement payés et AaniS murmures. Il veille , il travaille à ce que les prince^ eux-mêmes fassent le bonheur des peuples qui leur sont soumis , h détruire le vice t à faire régner la Vertu non seulement dans toute ks conditions^ mait chcs tous les particuliers. .
Voilà le but du ministère eccl^astique, et il tend à c^ but avec'd'auftaot ]4tis de force et de douceur { avec d autanl plus «letuccee et de gloire 9 qu'il a ins*
38 LA BElIGIOIf
pection sur les âmes , et qu'il les tient pour ainsi dire dans sa main. Les états les mieux réglés et les plus puissans , n'ont de pouvoir que sur les corps et les citoyens ne sont comptables au ministère public que de leurs actions extérieures. Les chrétiens sont comptables à la religion de leurs plus secrettes pensées quand elles sont mauvaises , du moindre de leurs désirs quand il est criminel ; elle a la clef des consciences , elle fouille dans le cœur, elle remonte jusqu'à ]a source 4u bien et du mal, elle atteint jus*, qu'à la première racine des vices et des vertus, elle exerce l'autorité de Dieu même. L'Eglise envoie des Pasteurs dans chaque paroisse , pour veiller sur les mœurs de tous ceux qui la composent, pour les éclai-^ rer sur leurs véritables devoirs , pour les instruire ' de leurs obligations , pour les exhorter sans cesse à la pratique de la vertu et des bonnes œuvres , pour faire régner la justice, l'innocence, la paix dans chaque famille , pour rappeler continuellement aux pères et aux mères ce qu'ils doivent à leura enfans , pour dire aux' riches; ne vous ennorgueillissez point, faites un bon usage de vos biens, partagez-les avec les pauvres et aux pauvres; ne murmurez point; sanc-^ tifiez-vou» par le travail , par la résignation et Thu* milité. Un Pasteur ne cesse de dire et de dire à to]us n'offensez personne, ne faites tort à qui que ce soit, pardonnez à vos ennemis , aimez vous sincèrement les uns les autres , et traitez votre prochain comme TOUS voudriez qu'il vous traitât. Il doit avertir en particulier tous ceux qui sont dans ^e!^reur, qui ont quelque vice , dans la conduite desqqds il y a quel^
)ÊtL
»E l'enfance. 3g^
que chose de scandaleux ; mettant en usage tous les moyens que la charité inspire, que le vrai zèle suggère, que la prudence permet et qui sont en son pouvoir ; prévenir et appaiser les différens, les querelles , terminer les procès , reconcilier les ennemis, consoler les affligés, visiter les malades , soulager les pauvres, avoir les yeux sur ses paroissiens , comme un bon père les a sur ses enfans , comme un vrai paste»r les a sur son troupeau ; voilà quelles sont ses obligations , et pourqoi TEglise le consacre et l'envoie.
Eglise Chrétienne ! que vous êtes admirable en tout ; la vérité coulé de votre sein , comme d'une source également intarissable et incorruptible. En vous est le principe de la vraie justice et de la vérité sainte : que votre doctrine est pure ! que votre morale est sublime ! que votre charité pour les hommes est étendue ! quelle est vive ! quelle est tendre ! quelle est efficace ! quelle est aimable ! quelle est digne de vous ravir et de vous gagner «tous les cœurs ! que vos mystères sont augustes ! que votre culte est majestueux ! que vos cérémonies sont belles ! que le caractère , l'autorité et les fonctions de vos pasteurs sont respectables! O Vous seul enfantez les véritables justes : Heureux l'homme qui vit et qui meurt entre vos bras. Que vos pavillons sont beaux ! O Jacob ! que vos
tentes sont belles , magnifiques , ô ! Israël !
Vous êtes le temple du Dieu vivant. Dieu a dît :' je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. II* EpH\ aux Corinthiens ^ ch. yi. -•■' '^wÊ^
4« 4A'^ll£tlGI03l
Vous êtes ùe» enfans de la lumière et du jour* I^ Jppit. aux Thessahnidens ^ ck. y.
Comme des pierres vivent ^ vous ête3 édifiés pour . êti'e une maison spirituelle et une sainte sacrilîcalure afin d ofXrir des sacrifices spirituels agréables à IHe^ par Jésus^Dhrist . ir Eptl. deSl.-Plerr^^ ch. 11^
Vous êtes la race élue , ]a sacrificatare royale , \d^ nation sainte. Il EpîL de St. Pierre , ch. H.
Xi'Sglise du Diçu vivant est la colonne et V-appui 4e la vérité. V Epit. à Timotliee , ch. IJL
Il nous a élus avant la fondation du monde afin que nous fussions saints et irrépréhensibles* J^hésiens , ch. IK.
L*£glise est Iç corps de Jésus-Christ. Ephésiens^ ch. I.
Nous sommes édifiés sur le fondement des prophètes , des apôtres et Jésus-Christ est lui-même la maîtresse pierre d« coin. Ephesieris^ ch. II.
Jésus-Christ a établi les Pasteurs et les Docteurs jKïur travailler à la perfection des saints. Ephësiens,
ch.ir.
Obéissez à vos conducteurs spirituels et soyez leur soumis. Hébreux , ch. XIII.
Le Chrétien.
'Mon enfant^ c*est pour toi unp réflexion bien solide et bien consolante de penser qu*en prenant la résolution de te consacrer à Dieu , c'est afin de servir tout à la fiH^ k pUis grand et lo meilleur des ndaitres. Quel puissant encouragement pour tolmoii cher enfant à le servir avec Unà in»iq^U^ iiî)élj^é.«
Dit iEiStAKCie. 4i
^\6C une sainte joie. Tu saù^ inoa ^iifaBt <4u*il y a c}i(Ti^rcns maîtres dans Je monde ^ il y a des grands , il y a des riches, il y a des princes, il y a desroîs» Tous ce& maîtres ont des seryiteurs qui s'estiment li^eureux de les servir et font gloire à^ relever àt leurs ordres, et de vivre dftns leur dépendance, ^é lavoue mon cber enfant, leur service présente au dehors quelque chose d'honorable et d<^ brilla.nt ; Tédatqui les environne « frappe, éblouit; mais dans le fond que sont-ils eux-mêmes? Ces grands, Éjes puissans font ils personnellement leur grandeur f ti^ riches; que sont ils sans leurs trésoi>: et leqr alK>ndance ? Les rois qui sont ce que nous concevons de plus élevé ici bas ; que ne^doivent^ils pas à Fappareil de dignité et de majesté qui les enviroimc ? Et souvent à travers ce spectacle de force et d'élévation^ combien ne découvre-t-on pas de bassesse et d'infirmités ? U n'y a mon enfant qu'un seul maître qui soit véritablement tel |ur celte terre; il n'y a qu'un seul maître qui soit constamment et par iMi-même digne de l'être, d\gpe de porter un si beau, titre. Ce maître c'est Dieu; tous les autres sont faibles; euxmêmes ont souvent d'autres maîtres; et s'ils n'en ont point sur cette terre , ils sont obligés 4'^^ reconnaître ull^ dans le Ciel , qui régne et qui domine sur eux« Or, voUà mon enfant celui à qui tu as la gl<ùre. L'obligation et l'honneur de te con3acrer< Ce n'est qqe pour cela qu'il t'a placé dao& ce monde , et àiv moment même où. U te crfa « il; a gravé dans le fqnd de ton cœur ces pa^ples : fii ^^dorera^, le Seigneur Vhi Di^ et ta le senfij^^ji l^i seul. Cest aiaM que
4^ XA BELIGIOH
pensait mon enfant le prophète Jonas. H entre dans^ un vaisseau avec le dessein de faire voile pour la viHe de Tarse en Cilîcie. Comme il était inconnu , le
pilote lui demanda qui êtes-vous? Quelle est votre profession ? d'où venez-vous? où allez-vous? Je suisr serviteur de ' Dieu , dit Jonas ; mon emploi est derhonorer , de le craindre et de le servir ; réponsevraiment admirable ! On fait à Jonas quatre questions; et à ces quatre questions, il fait une seule et même réponse. Par cette seule réponse il croit satisfaire à tout. Je suis serviteur de Dieu, je crains le- Seigneur, je Thonore ; comme s'il eut dit mon enfant : toute ma profession , toutes mes qualités ^ tous^ mes titres ne consistent qu'en ce seul point ; craindre- Dieu et garder ses commandemens. Serviteur de Dieu ; voilà, mon enfant, quel sera ton nom , ta vocation , ton espérance , ta gloire ; c'est ce que tu dois , c'est ce que tu veux être; tu ne veux être que cela dans ce monde, et tdut le reste ne te tiendra nullement à cœur. D'autres mon enfant prendront des noms superbes et des titres pompeux. Parmi les hommes , les uns se feront appeler grands , riches , savans , puissans. Parmi les monarques , il y en aura qui se qualifieront de héros , de conquérans, de bienfaiteurs, de victorieux. Tune leur envieras point ces distinctions fastueuses. Voici la tienne, mon en-* faut : serviteur de Dieu. Parmi les soins et les mouvemens que se donnent les enfans des hommes , et qui les font entrer dans différentes routes , les uns se proposent de dominer, les autres d'orner leur es-* • pni de diverses connaissances. Ceux-ci ne pensent
DE .l'£NFANCE. ' 4^
qti*à la fortune, et ceux-là ne songent qu'à se procurer des jouissances et des plaisirs. Toute ta gloire moiï enfant sera de servir Dieu , toute ton ambition de le bien servir, et tout ton bonheur en le contentant de mériter sa grâce ici-bas , et son paradis après la mort : tu seras serviteur de Dieu.
Grains Dieu et garde ses commandemens ; car c'^est là tout rhomme. Ecdésiaste ch. 12.
Souviens-toi de ton Créateur pendant les jours de ta jeunesse. Ecdésiaste. id.
Glorifiez Dieu dans vos corps et dans vos âmes qui lui appartiennent. V Epure auof Corinthiens , ch.FI.
A Dieu ne plaise que je me glorifie en aucune autre chose qu'en la Croix de Jésus-Christ , par lequel je suis crucifié par rapport au monde , et le monde est crucifié paf rapport à moi. Galates^ ch. J^I.
Je puis tout en Jésus^Christ qui me fortifie. Philippiens^ ch./^.
Christ m est un gain dans la vie et dans la mort. Philippiens ^ ch. I.
Je regardes toutes choses comme m'étant nuisibles en comparaison de l'Excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, ch. III.
Je ne me persuade point d'avoir atteint le but ; mais je cours vers le prix de la céleste ^vocation qui est de Dieu en Jésus-Christ, ch. III. id.
Que toutes les choses où il y a quelque vertu et quelque louange occupent vos pensées, ch. IK* id.
Donnés tous vos soins à «jouter à la foi la vertu
44 ^'^ aEUQIOIf
et à la vertu la «çiencet IF £pUre de St.-Pietre « ch. I.
Vous êtes le sel de la terris et la lumière du mondt* Matthieu, ch. V.
Le service du Seigneur.
Dans qnelqu'état mon enfant que tu te trouve » placé , quoique tu ayes à faire ou à dire, et qui que , tu puisses être ; Dieu te fait entendre sa voix et te donne ses ordres. Il parle aux grands et aux petits, aux riches et aux pauvres , à celui qui vend et à celui qui achète, à celui qui commande et à celui/ qui obéit , il assisté aux conseils des rois, il marche à la tête des armées, il est assis au milieu des juges, il est présent partout, il donne ses ordres et fait (Connaître sa volonté. Or, sa Volonté c*ést , mon enfant ; que du matin au soir, tu sois occupé à remplit lés obligations de ton état , qufe f « les remplisses sanâ orgueil et sans ambition , sans humeur et aans impatience, sans négligence et sans dissipation, sani fî*aiide , dans la vérité , ttand la bôrtilé foi, selon tAexx et ta conscience. Sa volonté est; que' tu sois soumis «t respectueux envers ceui qite sa prôvidcince à placés au-dessus de toi ; que ta commandes sans hau* teur et sans dureté à ceux qui* doivent t*obëir, et que tû Défasses jamais à autrui eé quç^tu ne voudrais pas qu bff te fit à toi-même : que tu soie rempli de douceur et de charité envers tous leslKimmes; ^ on te lQue« il veutque tu t'humilies; si on t'insulte il véilt que tu p^donnes, que tu réponde^ à la calom-^ mt par des prier eS', et aia mauvais traitenieiis par
la patience. Dans tes repas , il t'ordoi^ne II sobriété^ dans tes discours la prudence et la retenue , dans tes plaisirs Tinnocence et la modération , dans les peines la résignation et la confiance , sa volomté en un mot, est que clierchant en tout et par-dessus tout le royaume de Dieu et sa justice, tu fasses servir à sa gloire et à la w^nctiftcation de ton âme , les richesses et la pauvreté , les honneurs et les humi'* Hâtions, les peines et les plaisirs, les bienf et les maux de cette vie. Telle est sa volonté, tels' sont ses commandemens. Omon enfant que. nous sommes
à plaindre lorsque nous abandonnons le service de Dieu pour suivre les penchans déréglés [de notre cœur et la vanité de nos pensées !
Au lieu d'un maître qui fait le bonheur de tous ceux qui le servent, nous en trouvons mille qui nous tourmentent. L'ambition, Taipour des richesses « l^es^rit impur, les jalousies, la hainç , la vengeance ; que de chaînes, que de tyrans, que de servitudes! Beaucoup de peines sans aucune consolation 1 et point de plaisirs sans amertumes; au lieu [que dans votre service ô mon Dieu ! il n'y a point de peines sans consolation , et Von y goûté des douceurs qui ne sont point mêlées d amertumes.
Je vous exhorte par les^ compassions de J>ieu{, que vous offriez vos corps(en sacrifice rivant , saint, agrëa^: ble à Dieu i ce qui est votre service raisonnable. Ne vous conforment point au présent siède ; mais soyeatransformés par le renouvellement de votre enten* dément afin que vous éprouviez que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite. Ayez le mal en
46 XA REUGION
l^orreur ; tttache»-vous fortement au bien ; isoyez fervens d^esprit ; servez le Seigneur : si votre ennemi a faim donnez-lui à manger et s*il a soif donnez lut à -boire. INo vous vengez pas vous-*mêmes mais sur-* montez le mal par le bien. Bomains, ch. XII.
Je vous dis donc et )e vous conjure de la part du Seigneur , de ne pas vous conduire comme le reste des Gentils qui marchent selon la vanité de leur peu* sées. Dépouillez-vous plutôt du vieil hommç et soyez' renouvelles dans Fesprit de votre entendement ; afin que vous soye:2s revêtus du nouvel homme créé selon Dieu en justice et en sainteté de vie. Ephés. ch. IV.
Autrefois vous étiez ténèbres; mais maintenant vous êtes lumière au Seigneur. G)nduisez-vous donc comme des» enfans de lumière. Ephésiens, ch. V.
Nous vous prions et nous vous conjurons de la part de notre Seigneur Jésus-Christ, que comme vous avez appris de quelle manière on doit se conduire pour plaire à Dieu , vous y fassiez sans cesse de nouveaux progrès. Car c'est ici la volonté de Dieu , savoir votre sanctificatfon. V ThessaJon. ch. Kl.
Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité par le Saint-Esprit ; aimez-vous tendrement les uns les autres. VEpitre de St. -Pierre^ ch. I.
La religion pure et sans taches devant ï)ieu notre père , amsiste à visiter les orphelins et les veuvea dans leurs afflictions et à se préserver des souillurea de ce monde. EpUre de St.-J^acques , ch. i.
BS l'eNFAïïGK.
Les deuùsvoyes.
Deux routes , mon cher enfant , se présentent à toi ; Tune est la porte large et Vautre est le sentier étroit. C*est de ton choix que dépend ton bonheur : Tune en apparence te mène aux plaisirs ; une foule nombreuse et inconsidérée s'y prédpite avec transport ; un penchant que tu prendras pour Tinstinct de la nature t'entraînera à les imiter, ils te vanteront leur bonheur. Cette route qui te paraît si belle , qui te séduit, qui t'attire, c'est la route du vice. A peine y seras^u entré , qu'elle ie semblera aisée riante, et toute couverte de fleurs ; mais quand tu t'y seras engagé , tu la trouveras dure , raboteuse ; tu te sentiras oppressé d'un point insupportable ; tourmenté par les remords, tu arriveras dans un désert terrible habité par la misère , la honte , la douleur et l'infortune. Les nuages sillonnés d'éclairs, la foudre grondant sur ta tête jetteront un nouvel éclat sur ces scènes d'horreur et dé tristesse. L'autre route, mon enfant , parait d'abord rapide , difficile à gravir , et pleine d'obstacles, mais elle s'applanit après les premiers pas ; les difficultés s'évanouissent , on respire en avançant un air plus pur ; le courage renait les espérances s'affirmissent ; tu verras un vaste et Inrillant horizon s'ouvrir devant toi et des jours heureux naître sous tes pas. .Telles sont, mon enfant, les deux routes dont Jésus-Christ nous parle dans l'Evangile^ Oh ! puisse le Dieu de toute bonté etdç toute vérité éclairer ton ame par l'action intéiieure desagrâce afin que tu voies et que tu goûtes toi-même,
mon cher enfant , combien il est doux cle le servir , combien il est dur au contraire de s'éloigner de lui * et de s'égarer ddns cette voye lar.'^e et spacieuse où le pécheur séduit par une fausse apparence de liberté se lasse inutilemei;it de courir après un fantôme dé Iwnheur qu'il pense toujours tenir et qui toujours lui échappe: vôye trompeuse, mon cher enfant, bu les fleurs que Ion croit apperpevoir se changent en épines, quand on les ceuîlle, où les plaisirs et la joje Sont une source d amertume ; pendantqu''avéçle Sei- ' gneur , dans le sentier étroit de TEvangile, la tristesse
^t les pleurs se changent eiî joie et les épines en au-
tant de fleura d'où naissent les fruits des consolations
divines; consolations précieuses et yiefables qui sont pour tous léSNvrais enfans de Dieu, non-seulemënt le gage , niais les prémices et Tavant goût de^ douceurs que Dieu lëiii* réserve dans TElernité bien heureuse.
Entrez par la porte étroite ; car c'est la porté large et le chemin spacieux qui mènent à la perdition et , il y en a beaucoup qui y entrent ; mais c'est la portfe étroite et le chen^ln étroit qui mènent à la vie , et il yen â peu qui le ttouvent. l^al. VU*
Tn ne suivras point la multitutd^ pour faire le niaL Exode XXIII.
N'imite ppûs ce qui est mauvais ; mais imite ce qiiî est hoiï. IILEpilre de Saint" Jean.
Je te commande aujourd'hui dt'aîmer TÉternel
ton Dîétr , de marcher danjî ses voyès et de gàrdef
i(^ comnaendemens , afin que tu vives et que TËter-
nëltônDieute bénisse. Mais si ton cœur se détourne
; .fit que tu n'obéisses pas àsescommendemcns, jêvpii^
dc^are aujourd'hui , que cerlainement vous përirex. Deiiteronom , ck. XXX.
Je prends à témoin contre vous les Cieux et là terre que je vous ai mis devant les yeiix, la vie et la, nîort, la bénédictipn et la malédicjLion. Choisisses donc la vie afin que vous viviez. Deut. XXX.
C'est une joie pour le juste, de faire ce qui est. droit, mais c'est une peine pour les ouvriers d'iniquité. j^Oi>, XX/.
Il n'y a poiitt de paix pour les méchanSi a dit. rEternel/jET^o^ Xir///.
La lumière est semée pour le juste « et la joie pour, ceux qui ont le cœur droit. Ps. XCf^II.
Le méchant fait une œuvre qui le trompe; mais la récompense est assurée pour celui qui sème la justice. Ptoç* XX.
Plusieurs douleurs atteindront le méchant ; mais, la gratuité environnera l'homme qui se confie eu> l'EterneL
Les yeux de l'Eternel sont sur les justes, et se», oreilles font attention à leurs cris ; mais la face des l'Eternel est contre ceux qui font le mal pour ext^-^ miner leur mémoire de dessus la terre. Psaume
XXX ir.
Les bras des méchans seront cassés ; mais l'Eternel soutient les justes. Ps. XXXVII.
Quiconque voudra sauver son ame la perdra ; ms^ quiconque perdra son ame pour l'amour de moi , lai sauvera. Mat.^XIV^
5o LA RELIGlcm •
La loi dt Dieu.
Heureux, mille ïo\^ heuteux, mon cher enfant, relui qui rfc ^*abandonne point aux (^dtisciils des imp;;:s, qui ne s'égare point dans la voie des pécheurs 1 1 qui ne suit point les maximes corrompues du vice et du libertinage. Heureuxcelui que les mauvais livres ne séduisent point! quelcij mauvais discours ne pervertissent point, et qui ne se laisse point entraîner jiar le torrent dé la coutume et des mauvais exemples! Heureux celui qui ne se conforme point au siècle présent qui juge du vrai et du faux , du bien et du mal suivant les princîpeé de la foi , qui ne préfère point ses propres lumières à la lumière de Jésus* Christ ni le langage des passions au langage de la raison et de rEvangile ! Heureux celui qui règle ses pénisées ses désirs et sa vie toute entière sur la loi de Dieu , qui met en elle toutes les affection^ dé son cœur et dont la volonté s'attache vraiment à cette toi sainte comme au centime de toute justice et de toute vérité ! C'est elle, mon cher enfant, qu'on à mis sous tes yciix dès tes plus teiidres années* A peine as tu su bégayer lehom de ton Dieu , que ton père et ta mère t'ont parlé de sa loi et fait entendre sa parole. Elle a été cette*dîvine parole comme un lait précieux dont on a nourri ton a me pour là faire croître dans la gràcé etdans la vertu. Elle est contimiellement dans la bouché et entre la mains de nos pasteurs comme iine nourriture à laquelle ils donnent pour ainsi dire toutes sortes de goûts et qu'ils arrangent en mille manières suivant notre portée, nos besoins et les
D* l'enta W<1F- Se
ilîsposîtions partîciilibres de chacun de nous. Car ni eux ni nous, mon cher enfant, nous necherchon!» point à t*amuser en flattant tes oreilles par de vains discours; nous t'exhortons et nous l'instruisons comme une nourrice qui veille avec inquiétude suir le fruit de ses entrailles, parce que nous n'avons Vien au monde de plus cher que le salut de ton ame. i-ja d(Ktrîne que nous le proposons » mon cinfant, îi'est point à lidus ^ mais à Jésus-Christ qui iidus a envoyés et td la rétrouveras dans tous les livrés dé piété composés pour l'édification des fidèles. Jamais ces livrèâ nfe furent phis répandus qu'ils le sont aujounriiui, jamais le pain de Id parole ne fut plus' sthôndamment distribué, jamais les homihes n'eurent plus de secoui's et plus de moyens pour s'ihstruiré dans la vraie religion et dans la vraie vertu ; jaiilais par conséquent Tignorance né fut moins pardonablc, jamais le vice et lirréligiori it*eureht moins d'excuse.; que TEvangile dé Jésùs-Christ soit donc ta nourriture ordinaire et comme ton pain quotidien, hèa cicux et là terre passét'ont, maisTËvangile de JésuiH (Christ né passera jamais. La loi qu*i) nous prescrit est sainte , incorruptible, invariable , dlernellc , cet le loi décidé, règle et ordonne tout, suivant la vérité, et sans jamais se prêlér, ni se plier à nos goiitsà nos idées ^ a nos opinions» Qu'elle sdît donc ta himière et la règle unique de ta conduite ; elle Icvqi^: tels doutes, elle fixera tes incertitudes, elle giikie^ les pas, éllé détruira toutes les illusions de i0 j^^ sions et de ton amour propre. En coijtii^;^ )^ loi deDiou . tu lie craindras point d'être tiv;ij^|roqipé.
iÎ2 LA RELtQlO^I *
en récoutant tu ne craîndraspoîht d'^tresëduît, cYi là Miivant, ta ne craindras point de te perdre et elle te conduira infailliblement à celui qui est la source élemelle de toute lumière et de toute félicité.
La IbîderEterncl est parfaite. Elle restaure l'ame. Lfe témoignage de rEterncl est assuré, il donne la sagesse au simple. Les commandemens de rEtemel sont droits, ils réjouissent le cœur. Ijc commandement dcTEtcrnel est pur, il fait que les yeux voient. Les jugemens de TEternel sont plus désirables que Tor, et plus doi;x que le miel ; aussi ton serviteur en est tout éclairé, et il y a un grand salaire à les gar-* der. Ps. XIX. •
L'Eternel est la part de mon héritage. Je bénirai FEternel qui me donne de bons conseils ; je me suis toujours proposé l'Etemel à ma droite ; puisqu'il est devant moi , je ne serai point ébranlé. Ps. 16.
Venez, mcsenfans, é<!outo'/-moietje vous enseignerai la crainte de TElernel. Voulez-vous vivre heureux et prolonger vos jours? détournez -vous du mal et faites ce qui est bien. Ps. 34.
Bienheureux sont ceux qui sont intègres dans leur conduite et qui marchent scion la loi de Dieu. Tu as donné tes commandemens afîn qu'on les garde soi^ gneusement. Pi. 119.
Je courrai dans la voie de tes commandemens, quand tu auras mis mon cœur au large. Eternel ,» enseigne-moi tes statuts et je les garderai jusqu'à la fin. Fais-moi marcher dans le sentier de tes com^mandemens, car j'y prends plaisir ; je garderai continuellement ta loi, à touJQurset à perpétuité. Ps. i ig*
PE L'£NFA>G£. 53
Les livres du Chrétien:
laC Chrétien, mon enfant, a de beaux livres et il sait y lire. C'est là , que doivent s'instruire les grands et les petits , les savans comme les ignorans : et quels .sont ces livres? lie ciel et la terre ,' voilà le premier ; lacroixdeJcsus-Christ voilà le second ; la conscience voilà le troisième ; quiconque sait lire dans ces trois livres ne peut que devenir sayant et sage. Quiconque ne sait pas y lire n'est qu'un ignorant et un insensé. Mon enfant 4 regarde le ciel ; vois ces beaux astres qui se couchent et se lèvent avec tant.de ri?gularité, qui est-ce qui les a formés , qui est-ce qui les conserve, qui est-ce qui les fait mouvoir et rouler audessus de notre tête? Ah î qu'il est grand, qu'il est puissant, qu'il est aimable le Créateur de toutes ces choses! Adore-le, mon cher enfant, élève ton esprit et tes mains vers ce beau ciel qui est la maison de ton père. C'est là que tu monteras un jour si tu es sage, si tu es honnête homme et vraiment chrétieUé C'est de là que nous viennent comme tu vois , la lumière qui nous éclaire, la pluie qui arrose nos champs, la rosée qui fait éclore nos fleurs, les chaleurs qui mûrissent nos fruits ; quclsujet d'instruction pour toi mon enfant ! Les fleuss qiie tu cueilles, les fruits dont tu te nourris , le» animaux qui te servent, qui t'amusent ou qui t'effraient t que de réflexions, qufe de leçons à faire sur tout cela , sur la providence de Dieu, sur sa justice , sur sa puissance, sur salxmté, sur tous ses divins attributs ! Verras-tu^ tout cela san^ Ic-voir ? Qu'estrCc qui t'empèchcs de
54 LÀ BELKUON
le remarquer, de l'accoulumer peu à peu a réfléchir el à i*aisonner sur ce que tu as jouruellemenl sousla inaiii el devant les yeux? Allons, mon cher enfant, allons au travail , c*est Dieu qui nous le commande, il veut que ifous mangions notre pain à la sueur die iiotrp visage ; noire campagîie est belle, nous aurons une riche récolte : c'est Dieu qui a béni nos travaux, sans lui nous aurions lieau travailler, i^qusne ferions rien : entends-tu cet oiseau qui chaqte? c est Dieu qui Ta fait pour notre plaisir. Il bénît son créateur à sa manière et il nous pnseîgne à le béntr nousmême dans tous les tems. Jésus-Christ est mort» et pourquoi, mon enfant? qui est-ce qui Va fett mpurir ainsi ? Les pécheurs , c'est-à-dire les qrgueîlleux , les envieux, les vindicatifs, les jureurs^ les menteurs, les médisans, les avares et les impurs; et toutes les fois mon cher enfant, quo tu commets quelque pér ché ;*tu renouvelles les souffrances de Jésus-Christ. Fais donc toujours ce qu'il te commmde, évité ce qu'il te défend, aimes-le de tout ton cœur; cela est bien juste puisqu'il esl si aimable, puisqu'il te fait tant ùç bien et qu'il t'a aimé lui-même jusqu'à < )nlier sa vie pour toi. Il le voit, mon enfant, il t'entend, car il est partout; et toutes les fois que tu ferjfs, que tq diras, que tu penseras quelque chose de mal, tu ne pourras te cacher de lui, et tu sentiras en loi-m^.mc quelque chose qui 1q dira; cela n'est pas bien. La conscience, mon enfant, la conscience, voilà un troisième livre ; apprends à y lire et à y suivre oc qu'il le dit. Or, il te dît de ne point faire a aulrui ce que lu ne voudrais pas que Ton te fit à toi-même.
I)» L'tKFAKCK. 55
Sëraîs-iu bien aise qu*on parlât mal de toi? Non ; il ne faut donc jarnais dire du niai de personne» j^erai^-tu bien aise qu'on découvrît et qu'on publiât tes défauts? Non ; il ne faut donc jamais découvrir ni publier \qs défauts des auli^es. Ne serais-tu pas fâché qu'on volât nos. fruits? Sans doute. £h bien ! mon eififant, il faut dope rie jamais toucher ni aux fruits , ni à quoique ce soit de ce qui ne t'appartient pasi, Voila ce que dit la conscience ; yoilà qui s'étend (Dt peut s'appliquer à tQut,.qii^nd il s'agit du prochain ; la conscience, l'univers, la croix; l'univers, la croix, la conscience: crois-moi, mon cher enfant; avec de tch livres, tu apprendras à te conduire sagementon toutes choses, à remplir exactement et selon Dieu les devoirs de ton état, à souffrir avec patience et en vue de Jiésus-Christ les peines de cette ^'îe : tu y apprendras à respecter, à 'chérir tes paii^ns, à leur être soumis, à être Je soutien , la consolation dé leiir vieillesse ; tu y apprendras à travailler beaucoup , à parter peu , à vivre tranquille et à niouri'ir en paix. Çh mon cher enfant ! que to faat-il davantage?
O Eternel ! ta parole subsiste à toujours dans les Çieux : ta fidélité dure d'âge en âge ; tu as établi la terre et elle demeure ferme, Ps. 119*
Un jour instruit le )our qui vient ; et la nuit comtnunique sa science ii celle qui la suit. Il n'y a point en eux de langage , il n'y a ppiirt de paroles ; cependant leur voix est entendue, leur contour couvre toute la terre et leur voix est allée j us^|u'aux, boui& çki monde habitable. Ps. 19
Quand je regarde les Cieux, Vouvragc dettes doigts,
la lune €t les étoiles que tu as arrangés ; je dis : qu*^est* ce que (l^rhomme pour que tu te souviennes de lui? qu'est-ce que de Tenfant de la poudre pour que tu le visites?
Royaumes de la>terre ! chantez à Dieu, psalmodies^ au Seigneur; car il habite dans lès Cieuxqui sont xle toute ancienneté» Il fait retentir ;Sa voix comme un bruit véhément. Rende» la force à Dieu, Ps. 6&.
L'Eternel règne! que les Cieux se réjouissent et que la terre s'égaye. Ps. 96*
Ce qui peut se connaître de Dieu est manifesté en eux;, car Dieu le leur û mianifésté* JR^mo/Vi^ , ck.ii
Quand lesPayens qui n*ont pas la loi, fontnàiu^
rellement ce que là loi prescrit , ils montrent que Tceuvre de la foi est écrite dans leurs cœurs et ils
SQni loi à euxrn^nie^ ; leur conscience Leur rendant :
t^nioignage « et leurs pensées les accusant ou les con^ '
damnant. jRpma/Vi5, cA. a. "^ '
Dieu n'est pas loin de chacun 1 de nous , car c'est
en. lui que nous trouvons la vie, le mouvement et
Vèire^ Actes ich, 17.
Et CQrpine Paul parlait de la justice « de la tem-
p^çancè et du, jugement à venir, Félix fut tout ef-
frayé. Actes ^ ch. 5^4. ^ ; .
Tpiites les choses que vous voulez que les liommes.
vous fassent, failcs-le leur aussi de même.
.•le suis la lumière du monde. SL-Jèan,çh.' S^ ^
Je suis le chemin, \'à\ér\lé^\'d\\Q.Sl.'Jeon,ch.i^^
Je VQII3 envciTai TEsprit de vérité qai vous con»^
duira en toute vérîlé. St.^Jean^ rJizi6^ :
. <Ce$l idja vie éterjiicllc de ie, connaître ,• toi qui es 1
DE L'eKFàNCE. 57
le seul vrai Dieu et Jésiis-Cbrîst qtic lu as envoyer Sanctifie-les par ta vérilé; ta parole est la vérité*
Si.-Jean^ ch. 17.
. Eo Jésus-Christ se trouvent tous les trésors de la
sagesse et de la science. Coloss. ch. n.
Par quel moyen les jeunes gens rendront-ils Icuiç
conduite sans reproche? Co ser^ en y prennant.garde
selon ta parole. JR^. 119*
La vraie dévotion.
Qu*est ce donc ^ mon enfant , que la vraie <iévotion?. C!est un sentiment qui fixe et qui attache notre cœur au service de Dieu et à Tobsenatton de ses commandemens ; c*e$t un sentiment par Icquelnous aimons Dieu par dessus tout et le prochain comme .nouS7méme..£n aimant Dieu par dessus tout, nous cherchons àjui plaire, nous craignons de rofTensëri flous en évitons Voccasion. Nous sommes habituelle^ ment dans la dispc^ition de lui sacrifier ce que nous avons de phis cher au monde, plutôt que de perdre sa grâce; en aimant notre prochain nous sommes doux , patiens , compàtissans , affables ^ officieux envers tous les hommes, parce c^u'il n*y en a point qui ne soit noire prochain. Le vi-ai dévot ne méprise personne et n*a mauvaise opinion que de lui-^même» Il relevé les bonnes qualixés , il loue les bonnes œuvre*, dans anlrui; jamais il ne parle des siennes. Quand onrofTease, il se souvient qu*il offense Dieu tous les jours, et cette pensée étoufSe dans soncœur toui: sentiment d'animosité *, il pardonne tout et ne se pardonne rien. Si le devoir ou la chanté le force à
^6 IX HELIGIOir
it^prendnc el à oxhorter les autres, il en fiiit toujours plus qu'il ntn dil ; il prêche dlexemple sans se proj)oser pour modèle. S'il prie, ce n*est point par rou^ linc ni pour être tu ; mais parce qu'il sent le besoin qu'il a de la gi:âce* S'il jeune, c'est pour modifier son corps, popr dompter et affaiblir sa chair; mais non pas par ostentation ou par habitude; c'est cfi secret et non en public, à moins que ce ne soit des jeqncs commandés par J'Eglise. Il ^ime la retraite mais il n'a ni le caractère sauvaga, ni l'hunleur noire, ni l'abord froid, ni le ton sdvère, Jl est simple, et modeste en tout , sarisr avoir rien d'aSiecté ni (}e singulier; ii remplit toutes les bienséances; il se prête quand il le faut, à tous les usages' qui nont lîen de criminel , il n'aime point à se distinguer des autpcsi, eton ne le distingue que par la douceur de son caractère, la pureté de ses mœurs, l'égalité, la. simplicité de sa conduite, et l'exactitude constante avec laquelle il s'acquitte de tous ses devoirs, sans se çrojir€ pour cela meilleur que ceux qui y man-? quent. Si tous les chrétiens qui sadonnent aux exei> ciccs de la piété se conduisaient de la sorte, . nous iraurians pas la douleur de voir la dévotion taui'Dée en ridicule , paixe qu'on appelle les honnêtes gens» suivant le langage du monç^e. Car ajH*ès tout le vrai dévat n'est qu'un honnête homme qui fait profession de croire en Dieu Qt en Jésus- Christ, et qui vit con-» formément à cette foi. Gà\ il n'y a que des insensés qui. puissent tourncr.en ridicule une personne précisément parce qu*ellô croitèn Dâea et on Jésus-Christ, et qu'elle rh^c sa,yic sur. sa croyance. Mais il y a
m L ENFAISCE. 5^
malheiirenscincntdctuux dévols; onlcsconroiidavéc les véritables, et on charge la dévotion eHe-mè:ne, de tous les ridicules qui rendent \e$ faux dévols s\ incqqiGkles et dé^gréables. Voilà le mal que produit la faqssè détetion; et elle en produit bien d'autres; 0h<]u^élle est dangereuse t
Neiaispointsonnerlatrompettedcvanttoi, comnriè ïbntleshypocrilcsdansîessynagoguesetdans les rues, pour être honores des l^ommes. Mat, f^IL
Qiie Totre main gauche ne &ache pis ce que fait iià dviÀie: Mat. FI f.
" Snlrez dans votre cabinet et votre père céleste ^ui vous voit dans ce, lieu secret vous récompensera publiquement. Mat, KII. ' ' ' '
Qiiand vous jeûnerez, ne faites point comme les hypodrites; car ils se rendent tout défaits dévisage ;ifni qu'ils paraissent aux hommes qu'ils jeûnent. Mai. ni.
Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à Ypus en habils de brebis, mais qui au dedans soiit des loups Tavissans, vous les connaîtrez à Iciirs
fruits.
- Le bon arbre ne peut point produire de mauvais ^iis , ni le mauvais arbre produire de bons fruits. Mat. Fil.
Tous ceux qui me disent Seigneur ! Seigneur ! n\*n- Ircroîit point dans le royaume des Cieux ; mais celiri qui [ait la >olonté de mon père. Mai^ch. 7.
Gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéicns. Mat.^ch. 16.
MaJheur à vou^ Scribes et Pharisiens hypocrites !
car vous nettoyez le dehors de \^ coupe et du plat; mais le dedans est plein de rapine et d*intenipérance. Malh.^ ch. 22.
Conducteurs aveugles !. vous coulez Ijb moucheron et vons avalez le chameau. Math.^ ch^ 23»
Ainsi vous paraissez justes par dehors aux hommes ; mais au dedans vous étez pleins d*hypocrisie et d'imç[\\\\&. Math., çh.^kZ.
Y a-t-îl parmi vous quelqu*homnie sage et intelligent? qu'il le fasse voir par une bonne conduite avec douceur et sagesse ; mais si vpus aves^ de Tirrir tation et une envie amère dans vos cœurs, ne .mentez point en déshonorant la vérité de r£vangile% . JaCo. ch. 3.
Mettez la parole en exécution et ne vous conteniez pas de Técouter, vous trompant par de vains discours. «Tor., cA. I,
Dieu dit au méchant : qu*as-tu à faire, de réciter mes statuts et de prendre mon alliance dans ta bouche; vu que tu haïs la correction et que tu as jette mes pait)les derrière toi? Entendez ceci, vous tous qui oubliez Dieu de peur qu'il ne vous saisisse; celui-là seul m'honore ; qui m'offre des* louanges pour victimes, et si quelcju'uri marche dans mes commandemens je lui enseignerai mon salut. Ps., 5o.
Penseità cela en vous-riiêmes, et ne péchez plus^ Sacrifiex à Dieu des sacrifices de justice. Ps. 4*
<Ju'ai-jè à faire de la multitude dç vos sacrifices? lavez vous, nettoyez-vous, ôtcz de devant mes yeux la malice de vos actions; cessez de mal faire et apprennez à bîei^ faire» £5016% cft. i.
DK L*XKF4!(Cè. 6l
Les bonnes Compagnies.
J*avoiie« mon enfant, que borner son. commerce aux gens de bien, c'est se renfermer dans un trèspetît cercle. J'avoue même que c'est se préparer quelques peines et s'interdire quelques plaisirs. Des amis vertueux traverseront quelque fois nos desseins. Ils nous feront éprouver quelques contradictions. Us n'auront pas toujours pour noiis cette souplesse et cette condescendance qui procurent tant de dou^ ceurs dans la société. Mais par combien dç délices le commerce d'un ami vertueux ne nous dcdommage-t-îl pas de celles dont il nous prive? Nos faiblesses pour lesquelles de lâches adulateurs témoi-^ gnent tant de condescendance , sont tôt ou tard , le poison de notre vie. Quelles délices d'avoir des ami$ éclairés qui nous en préservent! Nous sonimesétran^ gers sur Ja terre , si nous voulons répondre à notre vocation. Quelles délices de trouver dans des pays quji nous sont barbares, des concitoyens de noire patrie qui est le Ciel ! .
Nous passons pour insensés d'ans le monde^ quand nous voulons produire les sentimcns de notre roeur ; à peine est-il permis dans la société dé traiter des sujets de dévotion , de parler de Dieu , de ses grâces,' ^e ses perfections, de son amour. Quelles délices d'avoir avec un an^i vertueux d'aussi chers entretiens ! Notre condition est sujette à mille catastro^ phes et l'édifice de notre prospérité est souvent prêt à s*ëcroiiler quand il nous parait le plus inébranlable;'
62 LA RF.LK.IOJI.
'f|u^lles délices dvt trouver dans uji ami vertneux un CQiisolaleur qui partage nos peines avec noiis et dqnt nos malheurs redoublent rattachement ! Noiis sdirime» ex^séîi à diverses chûtes , quclqu'afferniis (|uc nous croyons être slir là it)u1cdc la piété • Qildté^^ délices de trouver datis la société d'un ami vertildilt dés appuis qui rtous soutien ricrit au moment où nctus bronfchttnS ! Nous sommes, a là veille de sortir de ce ihQiide et toiités lés vicissitudes qui s'jr passent codtinuellénterit nous avertissent que Aôive firi est prôché- Quelles délices d avoir aftflrès de éôh lit de mort un ami vértiieux qui fortifie nos geriôiix déjoints ^ qdi soulienrie nos mains chancellaiités, jpiî nous btlVréparses exhortations et par ses prières les portes du royaume des Ciebk !
O Di^u ! je m'accoitipagne de tous fcédt qui té craignentét qtiigârdeilltescommandemeils.l^. 1 19.
L'ami fidèle rtchis sun îent dans la détrcîâsé comme un frère. Properhes.
Si tu acquiers un ami , acquîers-lc à l'épreuve et ne te fie point eq lui légèrement; cSr 11 y en a qui ne sont amis que tant qu'il leur e.^t avantageuiC et qui t^sent de l'être au temps de l'afflictidn. EccMsiasi.
JL'aiiii fidèle est urie forte fléfcilse et celui qui Taf it'ouvé a trouvé un trésor.
Il n'y a rien que Yan puisse comparer à un artiî fidèle; Il est le remède de la vie et ceux qui craignent le Seigneur lé trouveront. Ecclésiast. ch. 6.
Les mauvaises compagnies con*ompent les bonnes mœurs. V^ EpU. aiix Cormthi, ch. i5.- . -
DE l'ekfakce, 63
' L*ami des tnëcbans sera accable avec eux : mais le
sage s instruit avec ceux qui craîghcnt Dieu. Ptoc.
Heureux riiofnme qui ne vît point selon le coii-
^eil des mëchons et qui rie s'arrêle point dans la voie
des pécheur^ I i%. t •
ÎjC Trac ail.
Bon Dieu ! C^onrnieritp^at-drt vîvresans rîep faire? Oh vit, mon enfant, non pbs tomme des chixHiens, non pas en hommes, mais cbtnme les animaux sans raison, ou comme les plàbtes qui végètent, avec cette dîfft*rence que les plantes et les animaux vivent po'ui" la gloire de Dieu et pour le service de Tiiomme, ao lieu que les gehs oisifs ne vivent que pour euxtnémes, du plutôt ils ne vivent que pour déshonorer la religion et rhumariitépar toutes sortes de vic^.^tquf sontiflsdparables d'une vie oisive et inutile^ LeSaiht- Esprit nous renseigne , mon enfant^ tous les docteur» Font répété , tous les prédicateurs lé prêchent , tdut le monde le dit , rexpériertcd le confirme et rieii n'est plus vrai ; rdîsiveté est Ta mère, la source « Fécolc et la rtiaîtresse de mille vices et dé mille rai-" sères* Mon cher enfant, je te le dis, tant que tu ne voudras pas t'occupcr, tu seras tou)oui*s malheureux et vicieux • Le travail au contraire dissipe le» mauvaises pensées, il éteint les mauvais désii^, il applique Tesprit, il domptd Te corps; tu nd songeras gucres au mal quand tu seras appliqué à des choses utiles* Qui dit un homme oisif dit un mauvais sujet de toute façon. Il veut tout voir et tout eptendre; il s'informe de tout', ilfait dés questions sans fin sur
64 U. RFLIGfON
mille choses qn'îl iJerraît ignorer, ou qui ne le re^. gardent en auciine manière. Rien de si curienxV d<^ si incommode, (le si à charge que lés'gens oisifs ; ils* ne s'entreliennertt que de niaiseries ou des défauts du prochain ou des affaires d'autruî , du tems qu*îl? fait, des bniils qui courent, des nouvelles qui se di'bitcnl et très souvent ils en inventent. Rien de si médisant, de si envieux et de moins \Taî que les gens oisifs. Si l'homme oisif est pauvre c'est un vo-» leur^ parce que celui qui n'a rien et qui ne veut pas travailler ne peut vivre qu'aux dépends d'autrui. S'il est riche, ses mains sont remplies d'impudicités. Il rôde du matin au soir, plutôt dans les mauvaisescompagnies que dans les bonnes, sans savoir la plu* part du tems ce qu'il cherche. Il ne sait pas en se levant ou il doit aller, ou ce qu'il doit faire dans la journée ; et quand il se couche^ il ne saitpasce qu'il a fait ou il est tout aussi avancé quQ le matin ; son esprit est continuellement occupé de pensées mauvaises ou inutiles, son cœur est toujours rempli de mille désirs , ^e mille attaches qui n'aboutissent à rien de bon, à rien d'honnête, à rien de sérieux; en un, mot toutes les parties de son corps et toutes les facultés de son ame sont comme une source in-' fecte d'où découlent la corruption des mœurs et le poison de toutes isortès de Vices. Voilà le pbrtrait des personnes oisives, tel que je l'ai trouvé dans plusieurs passages de la Sainte Ecriture , et auquel je prie Dieu de tout mon cœur que tu ne ressembles )amaiSi> Mon enfant, ne te laisse donc point aller à Toisiveté; travaille ,- et travaille du matin jusqu'aux
DE LEiSFAKCE. BU
soîr^et que le démon qui rôde fans cesse autour de Ion amc te tromc tonjourc occupé à quelque chose de lK>n et d'honnèle.
Tu mangeras ton pain à la sueur de jon visag^c, Gfjièse^ ch. 3.
Nous \ous recommandons aussi mes frères au nom de noire Seigneur Jésus-Christ de vous séparer de tout îreve qui se conduit d'une manière déréglée et non pas selon rens^ignemeut qu'il a reçu de nous. Car TOUS save% vous-mêmes comment il faut que vous nous imitiez , vûqu'd n'y a rien eu d'irrégulier dans noire conduite parmi vous ; et que nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne , mais dans le travail et dans la peine, travaillant nuit et jour, afin de n'élre à charge à aucun de vous ; non que nous n*en ayons le pouvoir , mais afin de nous donner nous-mêmes pour modèles afin que vous noiis i^riiie^• Car nous vous décllgrons que si quelqu'un ne veut pas travailler il ne doit pas non plus manger. yoyes ch. 3 de la t^ Epiire aux ^hessalorudens .
Vous savez vous-mêmes que ces mains m'ont fourni les choses qui m'étaient nécessaires. Je voqs ai montré en toutes choses qu'en travaillant il faiH supporter les infirmes et se souvenir de ces paroles du" Seigneur Jésus-Christ, il y a plus de bonheur à pouvoir donner ^i\^ recevoir. Actes ich.^o^ ,
La Vl^lance^
Veilïez , ce n'est pa* moi qui vous le dU , itioA e«hfant , c'est Jésus-Christ. Si le père de faiaiUe aa^t
L'heure à laquelle le&.volcafs dcrWent veair, il ne
66 lA RELIGION
s'eiidomniraii point, mais il veillerait pour ne pas laisser piller* sajmoison; il fermerait bien t{>utes les portes, il serait attentif au moindre bruit, il n'ouvrirait à personne sans le connaître. Il serait cotitînijcllement sur ses gardes. La maison que i;ioqs avons à garder, c'est notre ame ; les voleurs sont le monde, le démon et nos passions, et parce que ces voleurs sont toujours à notre porte, il faut toujours veiller afm qu'ils ne puissent jamais nous surprendre: mais comment ? Et qu'est-ce que cela ^iigni fie? Le voici mon enfant : nous veillons sur nous-même si nous prenons garde à toutes les pensées qui se présentent à notre esprit, à tous les mouvemens qui s'élèvent dans notre cœnr, à toutes les paroles qui sortent de notre bouche , À tous les discours qui frappent nos oreilles , pour voir si dans tout cela il n'y a rien qui puisse blesser notre conscience. Un chrétien qui veille sur lui-même est semblable mon enfant,ià un homme sage qui est obligé de marcher dans un sentier fort étroit; fort glissant , bordé de précipiççs à droite et à gauche. Mais comme il- marche ayqc précaution ! 0>mme il prend garde ou il pose le pied! comme il fait attention à tous ses pas! C'est ainsi ^
mon enfant , que tu dois te conduire dans toute
* chose avec précaution , de peur qu'il ne t'arrive de
dire ou d'écouter quelque chose qui fasse tort à ton
ame. Fais par rapport à toi-mcme ce qu'un père de
famille fait à l'égard de^'ses enfaris et de ses domesti-
qucs ; le malin il ^donne ses ordres et le soir il s'çn
fait rendre compte. Tous les matins après ta prière
rcciHîilles-ioi un instant , penses et prévois les ocea-
Môns qne lu poiirrafe avoir d'offonser Diey pe ndan t la journée; dans quelle maison tu iras, dans quelle' compagnie tu te Irouveras, quelles personnes tu verras, quels discours tu entendras, ce que tîi seras*'* exposé à faire ou à dire et aussi quelles précautions tu prendras pour ne pas tomber dans le péché , les promesses que lu feras à Dieu pour lui demeurer fidèle. Puis le soir après ta prière, avant que de te mettre au lit, examine ce que tu avais résolu le matin, comment tu t'en es acquitté et sans perdre' courage, promets a Dieu que par la suite tu te tiendras mieux sur tes gardes que tu ne Tas fait aujourd'hui. Cette pratique mon cher enfant, est excellente; c'est un conseil que je te donne et que >e te donnerai toujours ; car tous ceux qui l'ont suivi s'en sont toujours bien trouvés.
Veillez et priez do. peur que vous ne tombic^jç dans la tentation ; car Fesprît est prompt , mais fe chair est faible. Maith. 26.
Approchez-vous de Dieu et Dieu s'approchera de vous. St.-Jaques , ch. 4»
Soyez 3obres et veillez car le Diable votre ennemi tourne contre vous, comme un lion rugissant. I* Efnt. de St. -Pierre ^ ch. 5.
Prenez garde comment vous vous conduirez soigneusement. Ephes: ch. 5.
Soyez prudents comme des serpens et simples
comme des colombes, car je vous envoyé comme
.des agneaux parmi des loups* Eçang. de St.-Lur. et
St.-Matthîeu.
i Fortifiez-vous au Seigneur et en la puissance de sa
68 lArKELlGIOH
fome. Soyez revêtus de toutes les armes de Dieu afin que vous puissiez résister aux embûches du Diable. Soyez fermes et prenez le casque du salut, le bouclier de la foi , pour éteindre les dards emflammës du malin, et Tépée de TEsprit qui est la parole de Dieu. Kphésiens^ eh. 6. .
Le jour du Seigneur viendra comme un larron la nuit ; et quand les hommes se croiront en paix et en SMretc, ils seront enveloppés dans une subite destruclion* P Epîi. aux Thessalomciens ^ ch. 5.
Que celui qui est debout prenne garde qu^il ne Xoxahd. Romains ^ ch. i4-
Veillez donc V» car vous ne savez point à quelle heure votre maître doit venir. Malth. ch. 25.
La Pf'ière.
Mon enfant , les sages payens croyaient ^n Dieu et pensaient que les hommes devaient le consulter en toutes choses. Moyse n'enlreprefiait et ne faisait rien sans entrer auparavant dans le tabernacle peur consulter le Seigneur. Le peuple dlsi-aël ainsi que ceux de ses rois qui avaient de la piété consultaient le Seigneur dans toutes les occasions de quelqu'im-*
portance. Les Payens soit dans les affaires publiques de la guerre et de la paix , sôit dans le§ affaires particulières consultaient leurs oracles et en attendaient la réponse pour se déterminer. Et nous mon enfant
qui connaissons le vrai Dieu, nous qui avons un
libre accès auprès de lui par Jésus-Christ nous croî* rions pouvoir nous passer de ses lumières et nous
DE x'rNPAKGE. 69
ferions toat sans* le consulter ! Atons-ndus doncxMi^ blié qu'il y a au-dessus de nous et au itiilieu de nous une Pi'ovidence qui fait tout et qui gouverne tout ^ Avons-nous oublié que nous sommes sujets à une infinité d'erreurs , que nous nous tï*ompons, que nous nous égarons nécessairement , lorsque nous ne sommes pas guidés par Ceiui qui est la source de la vclfrîtable lumière, comme il est le principe unique d^ tout bien? Repr^nte-toi mon enfant, un aveug^ qui marche sans guide. Voilà précisément Ce quo nous sommes , lorsque Dieu ne nous conduit pa^ par îa main : aveugles en tout, à moins qu'il n'éclairo notre aine et nous fas^ connaître ce qui est vrai , ce qui est bon^ ce qui nous est le plus utile; Mon cher enfant , tu entends souvent dire que pot^r avoir de bons conseils , oh doit s'adresser à des personnes dont les lumières et la sagesse soyent reconnues. £h ! ûù trouverais-tu plus de sagesse que dans la source même de toute sagesse? Qui est-ce qui pourra te conseiller plus infailliblement que Celui qui ordonne lui-même toutes choses ? Hélas ! nous consultons les hoipmes, nous consultons nos amis, nous leur faisons part de nos affaires et nous garderions un silence pt'ofond à l'égard de Dieu notre père , notre nieilleur ami , notre tout ! Ne lui faisons pas cette injure mon enfant, ayons recours à lui dans toutes lesœcalons , découvrons lui nos pensées , répandons notre coeur en sa présence afin qu'il nous éclaire et qu'il noùi» aide à accomplir ce qu'il nous inspirera • Qu'iU sont certains ! qu'ils sont grande ! qu*ils sont magDifquea les effels qui résultent de la [ràîëre !
70 LÀ RILÎGIOW . .
Cesl la prière qui nous élève juîîqu'à Dieu el qui abaisse Dieu jus<]u a nous. C'est la prière qui porte jusque devant le trône de Dieu nos gémissemens et nas vœux, et qui redescend du Ciel, toute chargée de grâces et de béiiédîctioiiç, La prière nous humilie aux pieds de la Majesté du Seigneur. Elle nous attire SCS regards paternels, elle remue les entrailles de sa miséricorde; c'est la prière qui appaise Dieu quand il est irrité, qui Téveille quand il paraît endormi , qui le rappelle el le ramène quand il semble fuir loin de nous. 'C'est la prière, mon enfant, qui fait descendre la pluye du ciel, c'est elle qui écarte les nuages et ramène la sérénité. C'est la prière qui nouls arme de patience dans toutes nos peines et qui verse sur nos playes le baume précieux des consolalions divines. C'est par elle que nous venons à bout de reprimei* notre orgueil , d'étouffer nos ressentimens, de soumettre la chair à l'esprit. C'est elle qui dompte les passions, qui déracine les vices, qui produit , nourrit , augmente et fortifie toutes les vertus. Mon eafant, la prièi'e est à notre ame ce que la respiration est à notre corps ; et, de même qu'il est impossible que tu vives sans respirer, ainsi est-îl impossible que ton ame subsiste devant Dieu sans la prière. C'est par la prière que l'esprit de l'homme débandasse , en quelque sorte , de toutes les pensées <>harnelles et terrestres , vole, s'élève , se repose dans le sein de la divinité, contemple ses perfections infinies , adore ses jus;emens, bénit sa providence , chante ses miséricordes et se répand en louanges et en actipns de grâces. Enfin, mon enfant c'est par le
moyen de la prière, que noiis trouvons des lumières sûres dans nos doutes, la tranquillité dans nos -inquiétudes, la patience, même la joye dans nos tribulations , la force et la victoire dans nos tentations, le calme et la paix de notre conscience. Par la prière le pécheurse convertit , le juste persévère, Touvrage de notre salut s aivance et se consomme.
• Invoque-moi au jo^ir de ta détresse , je te délivrerai et tu me glorifieras» Ps. 5o.
Exposez à Dieu vos besoins en toutes occasions par des prières et des supplications. Philrpp. 4«
Priez sans cesse. YEpîl. aux Thess. ch. 5.
Priez en tout temps. Evang. de St.-Lucé
Demandez et Ton vousdonnera. Maith. ch. 7.
. Si quelqu'un manque de sagesse qu'il la demande à -Dieu , mais qu il la demande avec foi. Jaques^ i. ' La prière du juste faite avec zèle est d'une grande efficacité. Jaques^ ch. 5.
Persévérez .dans la prière. Bjomains^ ch. la.
Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis, lui remettant tout ce qui peut vous inquiéter, car il a : soin de vous, F Epit.de St. -Pierre^ ch. S.
Pùur les Parens^ .
Voulez-vous que vos enfaiis deviennent de bon» sujets ? Ne vous contentez pas de leur prêcher la vertu , ni même de leur en donner l'exemple ; faites la leur pratiquer, autant qu'il sera possible à leur âge, afin qu'ils en contractent peu à peu l'heureuse habitude ; vous en ferez des hommes laborieux , si
7a LA HELIGIO?C
VOUS ne souffre/^ point qu'ils soyent jamais sans rion faire ; deg hommes sobres et modestes , si vous écartez les habita trop précieux , les mets trop délicats , loiut ce qui respire. le faste, la mollesse, la sensualité; lies hpmmos doux et patiens , si tous les obligez à i'aîre du bifo à ceux qui les offen^nt ou leur déplaisent ; deshofnmes attentifs, exactsetrangéi^dans leurs Hilaires ^i vpns exigeas qi^'ils tous rendent compte de leurs petites dépenses. Veillez donc à ce qu'il» deviennent humain^», compatissans , généreux, rrai* ment (:haritablqs ? Failfô quelquefois passer par leurs inain$ yo§ aumônes et ^"os libéralités ; qu'ils vous accompagnent cl>ez les malades et chez ceqx qui sont oana raffliction. Accouluraez les à Voir la misère du payyre et surtoiit à la sentir ; faites leur TÎsiter un domeiitiqne , un éti?anger qui sera malade ou souf-r fnant chcst tous ; qu'ils le servent eqx-mémos etquq laurs jeunes et innocentes mains s'accoutument de bonne heure 4 soulager et à servir Jésus^Christ dans la personne des misérable* Enfin et par-dessus tout, faites leur pratiquer suivant leur portée, toutes les œuvres de.l;^ piété chrétiennne. Qu'ils ne passent point de jour sans lire et appi^ndre par cœur quel-» ques endroits choisis de l'Evansile , dos sentences de Salouion]et du livre divin si justement appelé Tlmi-» tation de Jésus-Christ ; qu'ils fassent exactement la prière, le matin, le^&oir, avant de se mettre à table et qtmnd ils, ^n sortent; çivant de commencer leor tmvail et quand ils le quittient; Ayeis. sein qu'ils vchis accoifeipagnent a TEglise, cpi'ils s'y tiennent aupi^i» (If VQuHi, et <)UQ TQtfe mîHBlîcn ^xt<k'îi^!ii' $oit pcmc
DE l'eKFANCE. 73
dix comme un livre vivant où ils apprennent la manierc dont ils doivent rendre à Dieu dans son saint temple et ailleurs le culte qui lui est dû. Et pour renfermer dans un seul mot la substance de tout ce que nous avons dit et de ce que nous pourrions dire encore : travaille» à former de vrais chrétiens , et vous, aurez fait tout ce qu'il est possible de faire, soit pour le bien personnel dé vos enfans, soit pour le bien commun de la société dont il sont les membres , soit enfin pour votre propre intérêt et votre propre satisfaction; car c'est par ce moyen seul qu'î'pfcs avoir fait votre joie et voire consolation dans ce monde, ils seront ensuite éternellement une |K)rtion précieuse ce la couix^nne que vous dcve» lenr préparer et attendre vous-même dansle Ciel.
Châtie ton enfant et le corrige de bonne heure de peur qu'il ne com^nelle quelque taute qui soit à ton déshonneur Ecclesiast. ch^^o,
La verge et la correction donnent la sagesse ; mais ) enfant laissé à Tabandon fait houle à sa mèr^, Proferh. 29.
Celui qui aime son fils lui fait souvent sentir la verge , afin d'en avoir de la joie à la fin : flatte ton ciiiant et il te causera de grandes frayeurs : joue-tot avec lui et il t'atristera. Ne ri point avec lui de peur d'en avoir ensuite de la douleur: ne lui donne point de licence dans^sa jeunesse et ne dissimule point ce qu'il fait inconsîdéit^itient. Courbes-lui le cou dans ^ jeunesse : abas-lui les flancs pondant qu'il estent fant^dc peur qu'étant eii4urct il ne soit rebelle et qu'il ne tç fasse aioarîr 4e douleur^ jE^cr/ei5« ch. 'io.
74 î'^ UELIGIOIt
Plan de conduite ou resolutions de Verifanl religieux.
Dieu qiiî est le tout-pujissant et le tout bon , est mon créateur et mon maître. Je suis donc obligé de faire tout ce qu'il veut, tout ce qu'il me commande. Je dois donc lui obéir en toutes choses ; c'est pourquoi je suis résolu de l'invoquer tous les jours, afin d^'exéculer avec joie sa volonté toute entière et de marcher tout le tems de ma vie dans la voie de ses , commandemcns.
Et tout le peuple répondît à Josué : nous voulons servir l'Eternel et obéir à sa voix. Josué ^ ch. 24.
O homme! Dieu t'a déclaré ce qui est bon. Et qu'est-ce qu'il exige de loi, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu recherches la béguinîté Bt que tû marches en toute humilité avec l'Eternel ton Dieu. Miche\^ ch. 6.
Donne-moi de Tîntelligence , ô Dieu , et je garderai ta loi, j'observerai tes statuts de topt mon cœur. Adresse mes pas à tes sentiers , car j'y prends plaisir. J'élève mon cœur vers tes témoignages , et je détourne mes yeux de dessus tout ce qui est mal.
Ps. 119.