‹ Catéchisme, ou, Introduction au symbole de la foiChapitre 3 sur 49 · VJ NOTICE · texte numérisé non relu

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à Jésus-Christ ; vous leur avez fait un plus grand bien que, si, étant déjà morts ou aveugles , vous leur aviez ohlenu de Dieu la vie ou ta vue corporelle.

A ce témoignage si flatteur du souverain Pontife , nous ajouterons les paroles de saint François de Sales , dans sa lettre du 3 juin i6o3 , à un évêque de ses amis : « Ayez Grenade tout entier, et que ce soit votre second » bréviaire. Le cardinal Borromée n'avoit point d'autre » théologie pour prêcher que celle-là, et néanmoins il » prêchoit très-bien ; mais ce n'est pas là son principal » usage ; c'est qu'il dressera votre esprit à l'amour de » la vraie dévotion , et à tous les exercices spirituels qui » vous sont nécessaires. Je vous conseille de le lire tout » entier ; mais pour le lire fructueusement , il ne faut » pas le parcourir à la hâte ; il faut le peser , le méditer » et l'appliquer à l'âme avec beaucoup de considération » et de prières à Dieu. Il faut le lire avec révérence et » dévotion, comme un livre qui contient les plus uti- » les inspirations que l'homme puisse recevoir d'en » haut , et par là réformer toutes les puissances de l'â- » me, etc. »

Le pape Sixte V , appréciant aussi-bien que son prédécesseur les mérites de Grenade, voulut l'aggréger au collège des cardinaux ; mais ce saint homme , toujours semblable à lui-même, refusa cet honneur en disant avec un ancien patriarche : Je mourrai dans te petit nid que je me suis fait.

Ces sentimens de modestie et d'humilité parurent toujours les mêmes dans Grenade ; il ne les démentit jamais. Mais ce qui est digne d'admiration , c'est qu'avec le plus fort attrait pour la solitude , qu'il appeloit la gardienne et la dépositaire de l'innocence , on le vit toujours prêt à servir le prochain dans le ministère pu-

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blic. Les douceurs de la contemplation ne l'empêchoient pas de se réserver un temps pour étudier , écrire ou dicter : avec cela , il préchoit souvent, entendoit les confessions, visitoit les malades, et ne se refusoit jamais aux besoins de ceux qui venoient le consulter. On eût dit (|iie tous ses momens étoient consacrés au service des fidèles. En travaillant ainsi au salut des âmes , il avançoit toujours dans la voie de la perfection qu'il enseignoit aux autres. Il aimoit à chanter avec ses frères les louanges du Seigneur. Après l'office de matines, il ne se remettoit jamais au lit; mais dans le silence de la nuit il s'entretenoit avec Dieu, et demeuroit dans l'église jusqu'au lever du soleil.

Louis de Grenade passa ainsi sa vie jusqu'à sa quatrevingt-quatrième année, sans que ni un âge si avancé, ni ses grandes occupations le portassent à se relâcher en quelque chose de la rigueur de sa règle. Pendant l'Avent de 1 588 , ayant voulu jeûner avec la même exactitude que s'il eût été dans la vigueur de la jeunesse, il fut attaqué d'une fièvre qui ne le quitta plus qu'à la mort. Il vit arriver son dernier moment avec les sentir mens ordinaires aux saints ; sentimens d'humilité , de contrition , de confiance et de désir d'entrer bientôt dans la joie du Seigneur. Il acheva de se purifier par la réception des sacremens; et en récitant avec la communauté les prières de l'Eglise, il mourut de la mort des saints le 3i décembre i588, à neuf heures du soir.

La vie de Louis de Grenade avoit toujours été trèsédifiante. Sa mort augmenta sa réputation de sainteté. Toutes les bouches s'ouvrirent pour publier ses louanges; et on les publie encore dans tous les pays où ses ouvrages sont connus. Il les mérite, puisqu'il rassemblons en lui et dans un degré eminent toutes les vertus

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qui font l'homme chrétien, l'homme religieux , le grand homme et le parfait orateur. Nous pouvons dire de Grenade ( et c'est faire son éloge en trois mots ) ce qu'on a dit d'un illustre Romain , que pendant tout le cours de sa vie on ne vit rien en lui que de louable , actions , discours et sentimens.

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