PREFACE DE L'AUTEUR
Il n'y a personne qui ne soit persuadé , que la connoissance de Dieu est le principe et le fon^ dément de notre félicité. Cette connoissance , qui est la vraie et la propre théologie des chrétiens , est aussi la reine et la maîtresse de toutes les sciences ; car s'il est vrai, comme dit Aristote, que cette science est la plus haute, qui traite des matières les plus excellentes, qu'y at-il de plus haut et de plus excellent que Dieu? C'est cette science que Dieu même loue et exalte si fort, lorsqu'il dit par la bouche de Jérémie : « Que le sage ne se glorifie point en sa sagesse , » ni le riche en ses richesses , ni le fort en sa » force; mais que celui qui voudra se glorifier, » se glorifie seulement en la connoissance qu'il » aura de moi. » (i) Cette connoissance est donc, comme nous venons de dire, la plus haute science, la plus divine, la plus utile,, la plus agréable et la plus nécessaire de toutes celles que les hommes peuvent apprendre. Les bienheureux ont cette connoissance dans le ciel , par la claire
(1) Hier. 9.