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principaux fondemens des articles de notre foi; car le premier nous enseigne la première partie de notre Symbole touchant la personne du Père, par ces paroles : Je crois en Dieu le Père toutpuissant , créateur du ciel et de la terre ; et le second nous instruit de la seconde partie du même Symbole , qui regarde la personne du Fils,, et qui comprend les articles concernant son humanité sacrée ; de sorte que l'explication de ces deux œuvres principales nous donne la connoissance de la plus grande partie des articles de notre foi, en quoi nous voyons 9 que de même que les corps célestes se meuvent et roulent sur les deux pôles du monde, aussi tous les mystères et les articles de notre foi sont fondés sur ces deux principaux, dont nous venons de parler. Tellement que les chrétiens qui en ont une parfaite connoissance , sont suffisamment instruits des mystères de notre sainte foi ; et c'est là l'objet et la fin de cette introduction.
Or., parce que le premier fondement de notre foi , est celui que saint Paul propose lorsqu'il dit (Heb. 11 ) : « Que celui qui veut s'approcher » de Dieu , doit premièrement croire qu'il y a » un Dieu, qui récompense tous ceux qui le » cherchent ; » nous traitons dans la première partie de cet ouvrage,, de Dieu notre souverain Seigneur et maître , de sa divine providence , de
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ses grandeurs et de ses perfections ., autant qu'elles se peuvent connoître par ses créatures ; nous y exposons les principales raisons qui ont fait juger aux philosophes païens qu'il y avoit un Dieu , qu'ils ont appelé premier moteur , premier principe , première vérité , souverain bien et première cause, de laquelle dépendent toutes les autres , sans qu'elle dépende d'aucune , parce qu'il n'y a rien au-dessus d'elle.
Entre toutes ces raisons , une de celles qui s'accommodent le mieux à la capacité du peuple, est ce bel ordre qui est dans le monde, c'est-à-dire, le mouvement si certain et si réglé des deux „ d'où procède la diversité des saisons de l'année et la production des choses nécessaires à la conservation des créatures ; puisque chaque année , qui est l'espace d'une révolution du soleil , nous voyons une nouvelle génération d'animaux , de poissons et d'oiseaux , aussi-bien qu'une nouvelle provision de vivres pour nous et pour eux. Nous découvrons aussi la même vérité par les facultés que notre Créateur a données à tous les animaux pour chercher leur nourriture., pour se défendre de leurs ennemis , pour se guérir de leurs maladies et pour élever et nourrir leurs petits, et c'est en quoi paroît bien manifestement la providence divine, laquelle a si parfaitement et par tant de
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difïérens moyens pourvu aux besoins de toutes créatures, pour viles et petites quelles soient, qu'il n'y en a aucune qui n'ait reçu tout ce qui lui est nécessaire pour sa conservation. De là vient que la brebis et tous les autres animaux , par un instinct naturel , connoissent les herbes qui leur sont salutaires et celles qui leur peuvent nuire , se nourrissant des unes et s'abstenant des autres; par ce même instinct , les grues se voulant reposer la nuit durant leurs voyages , posent leur sentinelle qui veille avec une pierre entre ses ongles , pour s'empêcher de dormir ; et lorsqu'elle a fait son office , elle en éveille une autre pour la mettre en sa place et faire la même fonction. Que dirai-je encore des propriétés des fourmis , de la subtilité et délicatesse des toiles d'araignées , de la république des mouches à miel , et de l'industrie des vers à soie , desquels on tire tous les plus riches ornemens ?
Les philosophes ', après avoir considéré toutes ces propriétés et plusieurs autres semblables, qu'ils remarquoient dans les créatures , ont fait un raisonnement , par lequel ils ont prouvé que dans ce monde il y avoit un très-sage gouverneur , qui prenoit le soin de sa conduite ; car nous voyons , disoient-ils , que les bétes font
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tout ce qui est nécessaire pour leur conservation , comme si elles avoient l'usage de la raison , quoique nous sachions fort bien qu'elles en sont privées; il faut donc avouer qu'il y a une raison universelle, et une souveraine sagesse., qui a formé tous ces animaux avec des inclinations telles , que sans avoir la raison , ils font néanmoins toutes les choses qui leur sont utiles,, aussi à propos que s'ils en étoient pourvus ; car par exemple , si les hirondelles avoient de la raison, pourroient celles faire leurs nids avec plus d'adresse qu'elles ne les font? de quelle autre manière pourroient-elles élever leurs petits? comment pourroient-elles mieux partager entr'elles les soins de leur éducation ?
ÎNous avons pris pour guides en ce dessein deux grands saints , qui ont traité avec un grand soin et une éloquence toute particulière de cette même matière , qui sont saint Basile et saint Ambroise ; lesquels ont composé d'excellens traités de l'œuvre des six jours , dans l'espace desquels Dieu créa toutes choses. Ils ne se sont pas contentés d'en parler en philosophes qui n'ont pour but que de nous donner la connoissance des choses ; ils l'ont traitée en vrais théologiens, nous faisant voir l'infinie sagesse de l'ouvrier qui a produit de si beaux ouvrages ; sa toute-puissance , qui d'une seule parole les
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a mis en leur dernière perfection , sa bonté et sa providence incompréhensible , qui a pourvu si abondamment à toutes les choses qu'il avoit créées depuis les plus petites jusqu'aux plus grandes , qu'il n'y en a aucune qui n'ait de quoi subvenir à ses nécessités. Cette connoissance n'est pas moins utile pour nous faire admirer et révérer une si haute majesté, pour nous enflammer d'amour pour une si grande bonté , et nous humilier avec crainte et avec respect devant une puissance si relevée et une si profonde sagesse, que pour nous donner une confiance toute entière en une si parfaite providence ; parce que Dieu qui ne manque à aucune des créatures , pour petites qu'elles soient , ne manquera point certainement à celle pour l'usage et le service de laquelle il a créé toutes les autres. Voilà quel est le fruit et la doctrine que nous pouvons apprendre par la lecture de ce livre des créatures; et c'est de cette manière que les saints y ont lu , comme nous verrons par la suite de ce discours.
Mais l'objet et la fin principale , à laquelle se terminent tous les préceptes de cette première partie , c'est de nous faire connoître, par la vue des grandeurs du Créateur, les obligations infinies que nous avons d'aimer, de servir et d'honorer un si grand maître , tant à cause de ce