‹ Catéchisme, ou, Introduction au symbole de la foiChapitre 7 sur 49 · XVJ PREFACE · texte numérisé non relu

XVJ PREFACE

qu'il est en lui-même, qu'à cause du soin paternel qu'il prend de notre conduite. Car tout de même que les grandeurs et les bienfaits de Dieu surpassent infiniment toutes les grandeurs et les bienfaits des hommes ; aussi les obligations qui nous engagent à l'aimer et à le servir, surpassent infiniment toutes celles qui nous peuvent engager envers les hommes.

Toutefois , comme dans le monde il y a eu diverses sortes de cultes par lesquels les hommes prétendoient d'honorer la divinité , dont la plus grande partie étoit superstitieuse , et remplie d'erreurs et de tromperies; nous soutenons que depuis la loi de la nature et la loi écrite, qui sont maintenant abolies, il n'y a point d'autre légitime et parfaite religion , dans laquelle Dieu soit véritablement servi et honoré , que la seule religion catholique , et pour témoignage de cette vérité 9 nous emploîrons la doctrine contenue dans la seconde partie de cet ouvrage ; de sorte qu'ayant prouvé par la première , qu'il doit y avoir dans le monde une véritable religion pour honorer et révérer cette majesté suprême 3 toute la seconde sera employée à faire voir que cette véritable et parfaite religion est celle dont nous faisons profession, et qu'il n'y en a point d'autre. Nous ne prétendons point en tirer les preuves par des raisons^ de

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philosophie , ni par des subtilités d'argumens ; niais seulement en faisant voir l'excellence de notre religion , et que tous les avantages qu'on peut désirer dans une parfaite religion , se rencontrent dans la nôtre au plus haut degré de perfection; de sorte que nous ne lui cherchons point d'ornemens empruntés , ni hors d'ellemême ; nous nous contentons de la faire voir dans sa beauté et dans sa pureté naturelle; car c'est par là qu'elle gagne bien plutôt les cœurs , et qu'elle excite tous les hommes à l'aimer , à l'estimer, et à la croire toute pure, certaine et infaillible.

Mais parce que l'œuvre de la rédemption est beaucoup plus grande que celle de la création , et qu'on l'appelle par excellence l'œuvre de Dieu , à cause qu'elle est la plus digne de sa bonté et de son amour, et qu'elle contient en elle-même un océan de grandeurs et de merveilles , nous <n parlerons dans la troisième et quatrième partie de cet ouvrage , quoique d'une manière différente ; parce que dans la troisième, présupposant la foi , et procédant par les lumières de la raison,, nous traitons de ce mystère, et faisons voir qu'encore que notre Seigneur pût racheter le monde par beaucoup d'autres moyens,

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il n'y en avoit néanmoins aucun qui fût plus proportionné et plus convenable , soit à la gloire de sa miséricorde et de sa justice, soit au remède et à la guérison de nos misères. Pour prouver ceci , nous faisons le dénombrement de vingt bienfaits et grâces singulières que le monde a reçus par la vertu de la très-sainte incarnation et passion de notre Sauveur Jésus- Christ, que nous appelons les fruits de l'arbre sacré de la croix. Nous mettons ensuite cinq dialogues d'un docteur et d'un disciple , contenant les principales questions que la prudence humaine peut faire touchant ce divin mystère , avec la réponse à ces questions ; c'est ce que contient la troisième partie.

Et dans la quatrième , procédant par les lu- ' mières de la foi et par l'autorité des Ecritures , nous prouvons clairement que notre Sauveur Jésus-Christ est le vrai Messie promis dans la loi , et répondons dans onze autres dialogues entre un docteur et un catéchumène, à tous les points où se sont égarés ceux qui ne l'ont pas voulu reconnoître. Je me suis beaucoup plus étendu en cette partie que dans les autres , afin d'instruire ceux qui passent tous les jours de la loi ancienne à la grâce de l'Evangile ; car notre Sauveur, comme écrit saint Jérôme dans l'épitaphe de ÎNépotien , destina pour son service par le titre

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