‹ Catéchisme politique [microforme]Chapitre 24 sur 137 · NE · texte numérisé non relu

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d'exprimer librement ses opinions, sans se compromettre devant le public ou devant son parti, et sans avoir à s’occuper dans cette expression, ni de ses amis, ni de ses ennemis politiques, décida que la question aurait lieu librement, et sané tenir compte des antécédents politiques d'aucun de ses membres, et que de plus il siégerait à huis-clos, afin de pouvoir aborder la question franchement et avec le ferme désir d’en venir à un compromis, Les membres les plus influents de la Chambre formaient ce comité dans lequel se manifesta immédiatement un ardent désir d’aborder honnêtement le sujet en recherchant une solution qui arracherait le Canada aux malheurs dont il était menacé. Le rapport de ce comité fut soumis à la Chambre, et quelques jours plus tard, fut formé un gouvernement de coalition. Les membres qui le composaient, avaient été, vendant de longues années, ennemis politiques, et cette jé avait, dans plusieurs cas, affecté jusqu'à leurs relations sociales. Mais la crise était forte, le danger imminent, et les ministres crurent devoir mettre de côté leurs sentiments personnels, sacrifier jusqu’à un certain point leur position et même courir le risque de voir leurs motifs mal interprétés, afin de pouvoir ainsi arriver à une conclusion satisfaisante pour le pays en général.

Une réunion de circonstances a favorisé le projet d'union des Provinces de l'Amérique Britannique du Nord. Prèsque dans le même temps les Provinces maritimes tinrent une convention à laquelle une députation du Canada s’offrit à leur exposer les avantages d’une union de toutes les colonies anglaises de l’Amérique du Nord en un

seul gouvernement. En conséquen£e, le 10 octobre 1864,

les délégués de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve et de l'Ile du Prince-Edouard, s’assemblèrent à Québec et votèrent à l’unanimité avec ceux du Canada, des résolutions qui devaient servir de base à la nouvelle constitution.

Dans le même moment, la guerre faisait des ravages chez nos voisins. On parlait d’une rupture entre l’Angleterre et les États-Unis ; nous étions menacés de l’abrogation du traité de réciprocité et du système de transit de nos marchandises en entrepôt sur le territoire américain, où l’on avait même inauguré un système de passe-ports ; les tentatives d’annexiou exprimées par la presse améri-

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caine, ses démagogues et ses hommesd’État ; l'inconvénient d’être livrés à notre défense, comme l'Angleterre nous en avait donné avis lorsqu'elle nous avait accordé le gouvernement responsable, lorsqu'elle avait adopté le libre échange, lorsqu'elle avait abrogé les lois de navigation et lorsqu'elle avait commencé cette série de dépêches oflicielles relativement à la milice et à la défense du pays; la positiormal définie et incertaine de la Compagnie de la Baie d'Hudson ; le changement de l’opinion en Angleterre sur les relations entre les grandes colunies et la mère-patrie qui, par des faits réitérés, nous avait avertis que nous étions entrés dans une nouvelle phase d’existence ; tout concourait, avec la crise intérieure, à faire unir les hommes.le cœur dans un effort suprême pour faire face à la situation.

L'esprit public s’est tout à coup élevé à la dignité qui convenait à cette discussion ; le peuple de toutes les provinces a déployé une activité extraordinaire ; la presse, presqu’unanimement, a favorisé le projet ; il semblait que l'esprit des provinces, enthousiasmé par cette grande question, avait fait un effort suprême pour sortir de l'ornière où il luttait misérablement. La grande voix des évêques même s'était fait entendre pour tranquilliser les catholiques sur les craintes qu’ils pouvaient avoir à former une alliance aussi intime, et qui était appelée à nous donner des avantages immenses ‘ avantages commerclaux, militaires et politiques.

En effet, malgré l'étendue du Canada, tel qu'il éxistait, ses moyens de communication intérieure, ses ressources agricoles, minérales et forestières, nous ne pouvions devenir une grande nation, car il lui manquait des ports de mer qui lui fussent ouverts tout le long de l’année. Il se trouvait comme emprisonné pendant cinq mois dans des glaces que tous les appareils à vapeur que le génie humain auraït réussi à inventer, n'auraient pu briser. Et aussi longtemps que cet état de choses eût existé, nous devions nous résigner à demeurer un peuple peu important qui, à tout instant, pouvait être assailli et envahi par un autre peuple plus favorablement situé que nous l’étions à cet égard.

La Confédération avait pout effet de sauvegarder les intérêts les plus chers des diverses provinces et d’ac-

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croitre la prospérité de l’Amérique Britannique du Nord, à produire l'efficacité, l'harmonie et la stabilité, tout en (à restant unis à l’Empire, et en conservant nos institutions TR et nos lois. Elle nous faisait devenir une grande nation ca- prin 1: pable de commander le respect au dehors et défendre nos nel « A institutions; elle nous offrait une seule forme de gouver- que 1 nement, fondait une union commerciale, et une réci- et le Le procité absolue d'échanges entre plusieurs colghies déjà d'un unies par une communauté de souveraineté et d’allé- sent

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Ï geance. Dans les fertiles terres à blé de l'Ouest, nous là pd Fk: possédons peut-être un des plus beaux pays agricoles du rité, d. monde; dans le Canada-Est et dans le Canada central, diffé - des facilités pour les industries et manufactures, qui ne M sesi 46 sont inférieures à aucune dans tout le monde, pendant D esti Dm: que les Provinces maritimes possèdent en abondance » d'ail V ies plus précieux des minéraux, le charbon, et les pêche- U des] “4. ries les plus magnifiques et les plus riches de l'univers ; repré À ces avantages s'étendant à travers notre territoire, sur H l'ont 1 un parcours de deux mille milles en suivant le plus beau H faitq 116 fleuve navigable du monde. La Confédération nous faisait auxq k donc espérer l’extension la plus considérable et celte varié- | fédér de. té de ressources mettait notre Puissance à l’abri des cruels puiss hi revers auxquels est sujet tout pays dont la prospérité dé- MN unior (É pend d’un seul genre d'industrie. Elle nous offrait les se- M caux. 4 cours d’une défense mutuelle contre les agressions des È C’e LE étrangers. Les provinces anglaises, séparées, ne pou- 4 duhu on vaient se défendre. Nous avions des devoirs à remplir 4 1865) ji vis-à-vis de l'Angleterre et pour obtenir son appui pour # àSal! 14 notre défense, nous devions nous aider nous-mêmes et Œ treau fl nous ne pouvions atteindre ce but sans une confédéra- l’unio F tion. Etant unis, l’ennemi saura que quand il attaquera du No 1h quelque partie de ces provinces, il aura à rencontrer les Princi 1 forces combinées de l’Empire. mesur | à La Confédération nous a empêchés de briser l'union été ad 1h du Haut et du Bas-Canada, pendant laquelle le Canada a nies, | fs joui d'une prospérité remarquable et sans cesse crois- Apr fi sante, malgré les jalousies de ocalités que les circonstan- honne f ces avaient créées avant l’union. Cette dissolution eût dé- quel | truit le crédit que nous avions acquis. La Confédération 1865 ; L | nous sauva 4 représentation basée sur la population adress l'A qui eût été un malheur pour le Bas-Canada, moins po- Un pr

puleux que le Haut et qui n’eût pas servi le Haut-Canada, Le £

puisque les Bas-Canadiens, au lieu de concourir de bonne volonté à l'exercice de ce nouveau régime, comme nationalité représentée par des chefs et soumise à des principes, n'auraient vu dans ce changement constitutionnel que leurs intérêts menacés et n'auraient plus écouté que le désir de sauvegarder leurs institutions, leurs lois et leur avenir national. La Confédération nous exempta d’une union législative qui ne pouvait rencontrer l’assentiment du peuple du Bas-Canada, qui sentait que dans la position particulière où il se trouvait comme minorité, parlant un langage différent et professant une foi différente à la majorité du peuple, sous une telle union, ses institutions, ses lois, ses associations nationales, qu'il estime hautement, auraient pu en souffrir. Comment, d’ailleurs, eût-il été possible d’assimiler tout le système des lois locales et générales des colonies, lorsqu'on se représente les innombrables sujets de législation que l’on trouve dans les jeunes pays, et lorsque l’on songe au fait que chacune des provinces avait ses lois particulières auxquelles le peuple était attaché et accoutumé. La Confédération possède le double avantage de nous donner la puissance d’une union législative et la liberté d'une union fédérale, avec la protection pour les intérêts lo- Caux.

C’est pour ces considéralions, qu’à la troisième session du huitième Parlement de la Province du Canada (février 1865), fut proposé qu’une humble adresse fût présentée à Sa Majesté pour la prier qu’il lui plût de faire soumettre au Parlement Impérial, une mesure ayant pour objet l'union des colonies du Canada, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve et de l'Ile du Prince-Edouard, sous un même gouvernement, la dite mesure devant être basée sur les résolutions qui avaient été adoptées à la conférence des délégués de ces colonies, tenue à Québec le 10 octobre 1864.

Après de longs et savants débats, qui pourraient faire honneur aux plus grands hommes d'Etat de n'importe quel pays, les résolutions furent adoptées le 10 mars 1865 ; un comité fut nommé pour préparer le projet d’une adresse à Sa Majesté, basée sur les dites résolutions. Un projet d'adresse fut adopté le 43 mars.

Le gouvernement impérial laissa aux provinces mari-

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