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MOTIFS ET AVANTAGES DE LA CONFÉDÉRATION

Grâce à l'énergie de nos hommes d'État qui grandissaient avec les daners incontestables de l’union des deux Canadas; grâce à l'esprit de libéralité de certains politiques Haut-Canadiens qui s’unirent avec le Bas-Canada ; grâce aux concessions réciproques que valaient ces alliances nécessaires, le pays marcha à grand pas dans le chemin, souvent semé de difficultés, d'une prospérité solide.

En effet, en un quart de siècle, le gouvernement responsable avait été complétement mis en pratique ; l’Angleterre avait reconnu le contrôle exclusif de la Législature sur les affaires du Canada; on reconnaissait l’indépendance des juges et du Parlement ; le droit de faire la liste civile, le contrôle des subsides ; le droit pour les ministres d’être conseillés en tout par le chef de l'exécutif. On avait sécularisé les biens du clergé protestant, aboli la tenure seigneuriale, introduit le système décimal, ôté des entraves au commerce, accordé l’amnistie aux révoltés, codifié nos lois civiles et de procédure, décentralisé la justice, passé un traité de réciprocité avec les Etats-Unis, fait cesser la prohibition de notre languc dans les procédés des chambres, préconisé un bon système d'éducation populaire, fait de bonnes lois relatives à la représentation ; créé une milice effective, modifié notre système d’enregistrement, obtenu les écoles séparées, passé des lois pour la civilisation graduelle des Sauvages, établi un bon système de judicature, inaugure un grand nombre de télégraphes, de canaux et de chemins de fer, réformé les pénitenciers, les asiles, les prisons, les réformes et les hôpitaux, favorisé l’agriculture, la colonisation et l'immigration.

Mais une union législative composée de deux provinces, de langue, de mœurs, d'institutions et de religion différentes, devait engendrer des questions vexatoires qui finirent par prendre des proportions alarmantes. Il devenait

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évident que l’antagonisme entre les deux sections de la province, le danger d’une anarchie évidente, fruit d’opinions irréconciliables sur la représentation d'après la population dans le Haut et le Bas-Canada, nous présageaient une triste succession de gouvernements faibles en majorité et en influence, incapables de réaliser aucun bien. Des élections générales se succédaient rapidement et de même se succédaient les ministères sans aucun résultat. La force des partis était tellement égale, qu’une seule voix pouvait décider du sort d’une administration et de la marche de notre Législature pour une ou plusieurs années à venir. Cet état de choses était bien propre à éveiller la sérieuse attention des vrais amis du pays. L'état précaire de nos affaires, les graves appréhensions d'une auarchie qui aurait ruiné notre crédit, détruit notre prospérité et anéanti notre progrès, firent surtout impression sur les membres du Perlement, et les chefs des deux côtés de la Chambre,‘ semblèrent tous en être arrivés à la conclusion, qu’il fallait prendre des mesures pour faire sortir le pays de l’impasse où il se trouvait. Depuis longtemps on s’occupait de l’union des Provinces de l'Amérique Britannique du Nord. Cette question qui a préoccupé toutes les possessions anglaises et à laquelle s’intéressait l'étranger, avait plus ou moins attiré l’attentioh de tous les hommes politiques de ces provinces, et les plus clairvoyants y ont vu le moyen de décider et régler des questions vexatoires qui ont retardé la prospérité des colonies en général et du Canada en particulier. Nombre de publicistes et d'hommes politiques ont appelé l'attention sur le sujet, mais aucun parti n'avait fait entrer cette question dans son programme jusqu'à la formation du ministère Cartier-Macdonald, en 1858, époque à laquelle.ce ministère annonça officiellement que ce serait une des mesures qu’il tenterait de mener à bonne lin; en vue de cette promesse, trois membres du Cabinet adressèrent une dépêche au ministre des colonies. Dansune session subséquente, une motion basée sur cette dépêche fut faite, et il fut formé un comité composé des membres des deux côtés de la Chambre, pris dans toutes les nuances politiques, à l’effet d'examiner à fond et avec calme les maux qui menaçaient l’avenir du Canäda.

Le comité, afin que chaque membre fût mis à même

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