‹ Catéchisme politique (volume 2)Chapitre 219 sur 266 · DISPOSITIONS SPÉCIALES A. L'ALGERIE ET AUX COLONIES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS SPÉCIALES A. L'ALGERIE ET AUX COLONIES

Art. 68. — La présente loi, ainsi que la loi du 16 juin 1881 sur les titres de capacité, l'article 1 de la loi du 16 juin 1881 sur la gratuité et la loi du 28 mars 1882, sont applicables à l'Algérie, à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion.

Des règlements d'administration publique détermineront toutefois les conditions de cette application et statueront sur les mesures transitoires auxquelles elle devra donner lieu.

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En Algérie, les attributions conférées au préfet par les articles 27, 28, 29 et 31, sont maintenues au recteur de l'académie d'Alger.

Les délais pour la laïcisation des écoles publiques seront fixés par simples décrets pour l'Algérie et les colonies ci-dessus désignées.

De simples décrets statueront également, pour ce qui concerne l'Algérie, sur la création et l'organisation des écoles destinées à répandre l'instruction primaire française parmi les indigènes, et sur la faculté d'employer dans les diverses écoles des maîtres et maîtresses indigènes.

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D. Des gens ignorants, imbus des préjugés, esclaves des passions et des systèmes politiques, osent, dans le parlement, dans les réunions publiques, dans la presse, avancer, comme un fait avéré, que l'instruction publique en France date du 9 brumaire, an III, et que c'est un bienfait de la révolution. Qu'en pensez-vous?

R. M. Keller a relevé ce mensonge historique :

« Des études récentes, des documents que l'honorable » M. Paul Bert ne peut pas ignorer, ont démontré qu'à » tous ses degrés l'instruction, primaire, secondaire, su- » périeure, était beaucoup plus développée qu'on ne » l'avait cru, et qu'elle ne datait pas de la révolution. »

M. Keller aurait pu ajouter que la révolution supprima l'instruction publique, qui était alors animée de l'esprit religieux pour la remplacer par une instruction antireligieuse ; mais ellt n'en eut pas le loisir : les guerres civiles, la terrreur, la guillotine et les guerres étrangères absorbèrent tout son temps. Sur ce terrain de l'instruction ainsi que sur les autres , la révolution démolit sans reconstruire ; de sorte que l'instruction, comme les finances, comme tous les autres services publics, resta en souffrance, désorganisée interrompue pendant toute la période révolutionnaire. Ce fut après la révolution que l'instruction publique, détruite par la révolution, se développa, fut rétablie graduellement sous nos divers gouverne-

ments, sous le souffle fécond de la liberté d'enseignement quiaugmente le nombre des écolesetles perlectionnent par l'émulation et la concurrence, grâce encore et principalement aux efïorts zélés du clergé et des congrégations religieuses, qui, secondés par le concours et les dons des catholiques, dotèrent notre pays d'écoles coûtant moitié moins cher que celles de l'université, ayant autant d'élèves et plus de succès sous beaucoup de rapports.

Mais est-il certain que l'instruction était répandue avant 1789? Consultez ceux qui, au dernier siècle, ont écrit sur l'instruction : La Ghalotais, Gaston de Morvaux, Holland, de Laverdy; ils se plaignent de la tendance du peuple à trop s'instruire, et de la trop grande instruction que lui donnent le clergé et les congrégations religieuses.

« Ces excellents parlementaires, dit M. Fayet, reprochent à nos paysans de ne pas se contenter pour leurs enfants, de l'enseignement élémentaire donné dans les écoles de leurs paroisses, mais de les envoyer suivre l'enseignement classique dans les petites villes, où ils peuvent vivre et profiter de cet enseignement à peu de frais; ils reprochent en même temps aux Frères d'enseigner à lire et à écrire à des enfants qui n'auraient dû apprendre qu'à manier la lime el le rabot ; de détourner par une longue série d'études, les enfants des vignerons et des cultivateurs de la profession de leurs pères ; et même de donner un enseignement qui, par son extension, empiétait sur les universités. Tout cela est justement le contraire de ce que vous insinuez \ »

Dans les nombreux ouvrages publiés de nos jours sur l'ancien régime, on voit qu'il y avait beaucoup d'écoles primaires.

« Le plus grand nombre des villages étaient réduits à » un seul maître, mais chacun, jusqu'au plus petit ha- » meau, avait le sien 2. »

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