XVI AVANT-PROPOS
il est dévoyé, désorienté : il faut le remettre dans le droit chemin et lui apprendre à ne plus s'en écarter. Que d'erreurs sociales et politiques, administratives à détruire; que d'abus à corriger, que d'institutions vicieuses à réformer, pour relever la France à la hauteur d'où elle est tombée !
L'ignorance et l'erreur produisent des effets bien plus désastreux, aujourd'hui que tous participent plus ou moins au gouvernement : les destinées de la nation dépendent de dix millions d'électeurs, dont la plupart votent dans les affaires publiques sans les connaître.
Les classes, qu'on dit éclairées, ne le sont guère plus que les classes inférieures, sur ces matières : où apprenons-nous les premiers éléments de la science sociale, politique, économique, les plus simples notions de droit naturel, de droit public et administratif? Dans quel collège, dans quel manuel? Les jeunes gens des meilleures familles sont, à la fin de leurs études, jetés dans le monde comme des navires sans boussole, et beaucoup font naufrage.
Les ouvrages où l'on enseigne les principes du droit chrétien ne contiennent pas la science appliquée, ne font pas connaître le droit positif, les législations en vigueur aujourd'hui chez les différentes nations policées. D'un autre côté, les cours de droit public français et de droit comparé qui sont faits dans certaines facultés, ou qui ont été publiés par divers auteurs, ne tiennent pas toujours et suffisamment compte des principes de la civilisation chrétienne et de nos traditions nationales. 11 v avait là