‹ Catéchisme politiqueChapitre 150 sur 233 · ADOUCISSEMENT DES MŒURS · texte numérisé non relu

ADOUCISSEMENT DES MŒURS

ments, et ne s'efforce davantage d'en assurer le règne dans nos lois et dans nos mœurs? N'est-ce pas le reproche que lui font les voltairiens du gouvernement de juillet, les sceptiques et les matérialistes du gouvernement impérial, les partisans de l'athéisme, de la morale indépendante, du positivisme, les adeptes de la franc-maçonnerie, de l'internationale, qui composent les deux tiers au moins du parti républicain ?

D'un autre côté, la monarchie légitime n'est-elle pas le gouvernement le plus ancien, le plus traditionnel, le plus inhérent, le plus naturel à la France? ne représentet-elle pas mieux que tout autre le principe d'autorité, de stabilité, chez nous comme chez les autres nations, qui se sont bien gardées de nous suivre dans nos variations politiques? Or, croyez-vous que les innovations sociales, les bouleversements, les révolutions, les guerres civiles, favorisent le progrès moral?

Si le gouvernement de la monarchie légitime est le plus chrétien, le plus national, le plus régulier, est-il surprenant qu'il soit le plus moral ?

D. Est-il vrai qu'il y ait une connexité aussi absolue entre la monarchie et le progrès moral par le christianisme ?

R. On ne peut pas dire que le règne de Louis XV a été celui de la morale chrétienne, ni le règne de Louis-Philippe celui de l'esprit catholique. La conduite de Napoléon Ie1' et même celle de Napoléon III envers l'église et son chef, le vicaire de Jésus-Christ, sont-elles des modèles à citer? l'héritier actuel de la dynastie Napoléonienne n'a jamais passé pour un saint. Quand donc cessera-t-on de se payer de mots? ni la royauté, ni l'empire, ni la république ne sont par eux-mêmes des garanties de prospérité, de moralité, de gloire, si ces régimes ne sont appliqués par des gens éclairés, sages, honnêtes, désintéressés.

Page 1