‹ Catéchisme politiqueChapitre 24 sur 233 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Je viens de parler d'une voix intérieure, qui avertit chaque homme de ce qui est juste et injuste, et lui rappelle l'obligation de pratiquer l'un ou d'éviter l'autre : C'est

La conscience. — Dieu a mis en nous ce législateur, ce gouverneur, ce juge incorruptible. Sous tous les climats, sous toutes les formes de gouvernement, malgré les préjugés de notre éducation et de notre époque, malgré les suggestions de nos passions, nous portons gravée dans nos âmes cette loi qu'il est bien de faire à autrui ce que nous voudrions qu'on nous fit à nous-mêmes, et nous sentons que cette loi oblige. Si nous la violons, nous sommes impitoyablement condamnés au tribunal de notre conscience, qui est à la fois accusateur, témoin, juge et bourreau : elle nous torture par le remords. L'image de son crime, la douleur de l'avoir commis, le mépris, la haine de lui-même, poursuivent partout le coupable comme un autre Gain : tout ce qu'il rencontre prend une voix pour lui reprocher son forfait. Son sommeil même est troublé par sa conscience qui lui crie: « Tu es un criminel, un monstre » ; pour être tranquille, il lui faudrait se cacher à lui-même

Si vous considérez que ce sentiment, naturel à l'homme, ne se rencontre point chez les animaux et qu'il est le principal ressort des sociétés, des États, soit républiques, soit monarchies, pouvez-vous vous empêcher de conclure que l'espèce humaine est nécessairement, essentiellement sociable et non sauvage ?

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