DROIT DE TUER D'APRÈS LE PAGANISME
méat de ses esclaves, par une loi du 25 février 1869, mais avec cette clause que les affranchis continueraient de servir leurs maîtres pendant une période de neuf ans : période qui finira le 29 avril 1878. Les républiques affranchies de l'Espagne dans les deux Amériques avaient pu abolir l'esclavage plus ou moins tôt, selon les différences de leur régime intérieur : Guatemala en 1821, le Chili en 1822, le Mexique en 1837, le Pérou en 1854. Quant à l'Espagne, qui le maintenait seule dans les îles dont elle garde la possession, à Cuba, à Porto-Rico, elle parle enfin d'y mettre un terme ; et c'est pour rendre hommage à cette intention, que nos deux honorables collègues proposent une loi ou, pour mieux dire, une résolution par laquelle l'Assemblée nationale féliciterait le peuple espagnol ».
DROIT DE VIE ET DE MORT DU MAITRE, DU MARI, DU PERE, D'APRÈS LE PAGANISME
D. En voilà assez sur ce sujet. Le droit d'acheter et de vendre son semblable était-il le seul qui découlait du droit de 'propriété de l'homme sur l'homme ?
R. Il y avait aussi le choit de vie et de mort. Chez les peuples avant Jésus-Christ, le chef de famille, monstrueux despote, avait le droit de tuer comme maître ses esclaves, comme père ses enfants, comme mari ses femmes, et cela sans forme de procès et par le genre de supplice que sa cruelle fantaisie préférait.
Les Germains tuaient les esclaves par colère, les Perses par punition, les Spartiates pour s'exercer à la guerre, les Romains par plaisir. Vedius Pollion faisait manger des esclaves aux poissons de ses viviers. Hérophile, le fondateur de l'anatomie, disséquait des cadavres vivants. Le peintre grec Parrhasius, voulant représenter les entrailles de Prométhée dévorées par un vautour, prit pour modèle un bel esclave, qu'il enchaîna sur un rocher et
auquel il ouvrit lui-même les entrailles d'un coup de poignard.
D. Que m'importe à moi ces faits horribles, citez-nous les lois.
R. Le grand législateur Solon permit aux pères et aux mères de tuer leurs enfants. Ce droit s'étendait, selon les diverses législations grecques, tantôtjusqu'à la troisième année de la puberté, tantôt jusqu'au mariage, tantôtjusqu'à l'âge viril.
A Rome, la loi des douze tables portait : « Le père a le droit de vente et le droit de vie et de mort sur les enfants ». Ce droit, à l'époque de Cicéron, comprenait les fils adoptifs durant tout le temps de la vie, et un père pouvait l'exercer sur son fils, celui-ci fût-il revêtu des plus hautes dignités.
Si les parents avaient le droit de tuer leurs enfants adultes, à plus forte raison pouvaient-ils les tuer impunément avant leur naissance, par Yavortement et les expose?' lorsqu'ils ne faisaient que de naître, les abandonner en. les jetant dehors, sur les chemins, comme des objets inutiles ou des immondices, exécuter sur ces tendres et innocentes créatures tous les genres d'infanticides, comme de les étoulfer, de les noyer, de les brûler, de les laisser mourir de faim.
Tuer les enfants n'était pas seulement facultatif, c'était quelquefois obligatoire pour les parents, lorsque les enfants paraissaient mal constitués.
D. Vous nie faites frémir d'horreur! Est-ce la faute d'un enfant s'il n'est pas beau, bien fait, robuste? D'ailleurs un corps débile ne peut-il pas servir d'enveloppe à une âme d'élite ?
R. Que parlez-vous d'âme? L'état païen, ne s'occupait que des intérêts matériels, nullement des intérêts moraux. Il pratiquait Yélevage de la race humaine, comme nous procédons pour les races bovine, ovine, porcine, etc. Une commission, instituée à cet elïét, examinait les nouveau-nés, et obligeait les parents de se défaire de ceux