‹ Catéchisme politiqueChapitre 35 sur 233 · PAGANISME · texte numérisé non relu

PAGANISME

D. Puisque vous êtes en train de nous signaler les infamies domestiques et sociales qui régnaient chez les païens, en vertu de leurs croyances, de leur législation et des principes de leurs philosophes, veuillez nous en citer encore quelques-unes, afin que nous nous rendions mieux compte des plaies dont nous devons la guérison au christianisme.

R. Il faut ajouter aux droits inhumains dont nous avons parlé celui de mutiler, de blesser, de frapper.

D'après la loi de Manou, la moindre offense d'un homme de basse naissance envers un supérieur entraînait la mutilation du membre coupable ; s'il avait levé la main, il avait la main coupée ; s'il avait craché sur un brahmane, on lui enlevait les deux lèvres, etc.

C'était un usage de guerre très répandu de mutiler les prisonniers : la république d'Athènes fit couper le pouce à toute la jeunesse d'Égine. Les Romains coupaient généralement la main aux captifs. César raconte lui-même qu'il exerça cette barbarie sur nos ancêtres, les Gaulois. En Scythie, on crevait les yeux aux esclaves, afin qu'ils fussent moins distraits dans leur travail.

La castration était usitée non seulement à titre de peine, mais comme moyen de rendre les esclaves plus aptes à certaines fonctions, telle que la garde des femmes, l'éducation des enfants, l'intendance des fermes, l'administration et la comptabilité domestiques. Xénophon nous explique très au long qu'il en est des hommes comme des animaux, que les eunuques ont plus de douceur, de soumission, de fidélité.

Chez les Romains, on se faisait un jeu de mutiler ainsi les jeunes garçons, afin de les vendre plus cher, pour un but de volupté contraire à la nature.

Les lois de Manou et la civilisation indienne, comme on l'appelle quelquefois, prodiguent la peine de la marque. « Pour avoir bu des liqueurs spiritueuses, on imprime sur le front du coupable une enseigne de distillateur... » Si un homme de la basse classe a osé s'asseoir, se placer à côté d'un homme de la haute classe, il faut pour ce crime le marquer à un endroit que la pudeur empêche de nommer. Il était défendu d'avoir les moindres relations avec un homme marqué. Les Romains marquaient généralement sur le front les criminels, les prisonniers, les esclaves fugitifs.

Chaque propriétaire marquait ses esclaves en imprimant ses initiales ou d'autres signes, comme on le pratique encore aujourd'hui pour les animaux, afin de les distinguer de ceux des autres propriétaires. Bien plus, les empereurs, les princes, les généraux, faisaient graver chacun son nom sur la main de ses soldats, hommes libres. Chose bien plus ignoble, les Traces marquaient leurs femmes.

Les marques se faisaient avec le fer chaud ou à l'aide de piqûres d'aiguilles et de poudres de différentes couleurs, qu'on infiltrait dans les tissus.

D. Ne parliez-vous pas aussi tout à l'heure du droit de blesser, de frapper?

R. Oui; avant le christianisme, qui interdit pour la première fois ces abus, on frappait les hommes pour se

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