Ps. lxxiii ; Nombres, xxvm ; Exode, xx
tionner. Il est même un de ces devoirs dont elle devrait exiger l'accomplissement et faire l'objet d'une loi civile. C'est celui de cesser tout travail le dimanche, parce que la violation de ce précepte apporte un trop grave dommage aux familles et à la société tout entière. Dans les pays où le repos dominical n'est pas observé, le lundi remplace le dimanche, le cabaret l'église, les conversations obscènes les hymnes sacrées. L'ouvrier qui travaille le dimanche, au lieu d'y sanctifier son âme, d'y cultiver son esprit, d'y réparer les forces de son corps, passe le lundi dans la débauche, le mardi dans l'inertie et l'hébétement. Depuis que le dimanche est mal observé en France, il s'y consomme près d'un million d'hectolitres d'alcools (on n'y en consommait que 350,000 hectolitres en 1820) et il y a un cabaret pour 102 habitants, des maisons de prostitution s'établissent et prospèrent dans les plus petites villes.
Les médecins, les philosophes ont reconnu que l'être humain est ainsi fait, qu'il a besoin d'un jour de repos périodique pour l'esprit aussi bien que pour le corps, et que celui qui prend ce repos produira plus de travail et un travail meilleur que celui qui viole cette loi de la nature (docteurs Jarre et Descieux).
Le docteur Musset, de la faculté d'Ohio (États-Unis), affirme que, par l'observation du jour du repos, la vie de l'homme se prolonge de plus d'un septième.
Le docteur de Loeve dit au Parlement de Berlin, 1878 : « J'ai constaté, par l'expérience de ma profession, combien est pénible la privation du repos du dimanche. Passer les sept jours de la semaine dans des occupations d'une régularité désespérée, cela finit par être accablant, et si nous souffrons de cette monotonie, que doit-ce être pour l'ouvrier? Le priver du repos du dimanche, c'est lui enlever du même coup toutes les joies de la vie, c'est le rendre incapable d'en user, puisque l'on aura tué son cerveau et énervé son cœur. »
Proudhon, le célèbre apôtre du socialisme, veut que la