Gen., ix
DliVOIRS ENVERS NOS SEMBLABLES 81
doit être considéré comme une famille ; tous les hommes sont frères, ayant Dieu pour auteur, et étant tous sortis du même père, Adam, de sorte qu'ils portent dans leurs, veines le même sang '. De quelque autorité qu'un homme soit revêtu, fût-il roi, empereur de la moitié du genre humain, il doit considérer les autres hommes comme ses frères et ne point s'élever au-dessus d'eux par des sentiments d'orgueil 2. Les descendants de familles, dites nobles, commettraient un attentat contre l'histoire, contre les droits du genre humain, contre la loi divine, s'ils se conduisaient comme étant d'une autre race que le reste des hommes. Le nègre est le frère du blanc, l'indou de l'euro péen, le turc du catholique : oui, l'hérétique est notre frère, oui, il est compris dans l'amour qu'il nous est ordonné d'avoir pour notre prochain ; nous devons aimer l'hérétique comme nous-mêmes, et ne pas lui faire ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit à nous-mêmes ; l'étranger est notre prochain, nous devons l'aimer comme nous-mêmes et ne pas lui faire ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît.
D. Voilà une chose que je voudrais bien voir élucider par l'Evangile.
R. Ecoutez le dialogue dont chaque parole est d'or, qui eut lieu entre un docteur juif et Jésus-Christ :
Alors un docteur de la loi, voulant le tenter, lui dit : « Maître, que faut-il que je fasse pour avoir la vie éternelle? » — Jésus lui répondit : « Que porte la loi ? qu'y lisez-vous ? » — Le docteur répondit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même ». — Jésus lui dit : « Vous avez fort bien répondu ; faites cela, et vous vivrez. » Jésus, loin de détruire la loi de Moïse, loi excellente, mais mal appliquée, détournée du vrai sens par les passions hu-