‹ Catéchisme politiqueChapitre 78 sur 233 · Matth., xviii · texte numérisé non relu

Matth., xviii

ASSISTANCE PUBLTQUE 107

Société chrétienne, cette règle, condition vitale de toute société, doit être appliquée avec douceur: « Reprenez», dit saint Paul, « ceux qui sont déréglés... Si quelqu'un refuse d'obéir aux lois de la société chrétienne qu'il a embrassée, faites-lui sentir votre désapprobation en cessant vos relations avec lui, afin qu'il rentre en lui-même et change de conduite. »

Cette espèce d'excommunication qui a pour but le bien de son âme, sa conversion, ne doit vous inspirer aucun sentiment de haine contre lui ; au contraire, vous devez redoubler de charité puisqu'il a une maladie spirituelle <^r qui le rend digne de compassion : Ne le considérez pas comme un ennemi, mais corrigez-le comme un frère qu'il s'agit de guérir... il faut vous supporter avec charité les uns les autres; si quelqu'un a eu la faiblesse de tomber dans quelque faute, ceux qui sont plus parfaits, plus éclairés, plus spirituels, doivent le relever awc un esprit de douceur, sans aigreur et sans orgueil, faisant réflexion sur eux-mêmes et craignant d'être tentés aussi bien que lui; car le plus fort doit craindre de tomber l. La correction doit être appropriée à l'âge, au sexe, au tempérament du coupable, et aux relations qui existent entre lui et celui qui le corrige: « Ne reprenez pas les vieillards avec rudesse », dit l'apôtre, « mais avertissez-les comme vos pères, les jeunes hommes comme vos frères, les femmes âgées comme vos mères, les jeunes comme vos sœurs 2. »

D. Tout le monde est-il tenu d'exercer la correction fraternelle.

R. Le précepte de la correction fraternelle regarde principalement ceux qui sont revêtus d'autorité, mais il s'étend aussi à tous les hommes, Dieu ayant ordonné à chacun de s occuper de son prochain, mandavit unicuique de proximo suo 3. Saint Paul donne l'explication de cette admirable solidarité : c'est que nous sommes les membres

Page 1