DEV01KS RÉCIPROQUES DES SERVITEURS ET DES MAITRES
sous les yeux de leurs enfants pour leur apprendre leurs devoirs, c'est l'exemple d'une vie régulière, de mœurs pures, c'est la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Mais si le père de famille est intempérant, immoral, s'il lui échappe souvent des paroles grossières ou déshonnêtes, si ses lèvres ne s'ouvrent que pour l'impiété et jamais pour la prière; si la mère pratique surtout l'oisiveté, le luxe, la médisance, le mensonge ; en vain leurs enfants iront-ils à l'école apprendre à lire, à écrire, à calculer; ils ne deviendront jamais honnêtes gens et bons citoyens.
DEVOIRS RÉCIPROQUES DES SERVITEURS ET DES MAITRES, DIS PATRONS ET DES OUVRIERS
D. Définissez-nous, au point de vue chrétien, la position réciproque, bilatérale, des maîtres et des serviteurs.
R. Nous avons fait remarquer que, par analogie, les théologiens, dans le chapitre des devoirs des parents envers leurs enfants et des enfants envers leurs parents, traitent aussi des relations entre maîtres et serviteurs. La morale chrétienne est admirable en ce point comme en tous les autres. Nous avons fait voir que, grâce au christianisme, il n'y a plus aujourd'hui d'esclaves, du moins dans les pays chrétiens : si une grande partie de l'humanité est encore occupée à servir l'autre, ce service est volontaire, il est réglé par une convention entre celui qui sert et celui qui est servi, et impose à l'un et à l'autre des devoirs réciproques. La religion chrétienne oblige les maîtres et les patrons à se souvenir que les serviteurs et les ouvriers sont des hommes comme eux, créés à l'image de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ et comme tels destinés dans l'autre vie à une condition céleste, presque divine; par conséquent les maîtres et les patrons ne doivent pas s'enorgueillir de la supériorité que leur naissance et leur fortune leur donnent sur leurs serviteurs et leurs ouvriers, mais les considérer comme des frères '.