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l-'i CHAPITRE II. — CIVILISATION
moyennant certains sacrifices, la tranquille possession de certains biens, qu'ils ne pourraient facilement défendre contre les adressions, s'ils ne comptaient que sur leurs forces personnelles et isolées. La vie esl l«- premier de ces biens; la meilleure société est donc celle qui l'ait le mieux respecter la vie des citoyens : la meilleure législation est celle qui met la société en état d'obtenir ce résultat. Or, nous l'avons vu déjà, la législation mosaïque dans l'antitiquité, la législation chrétienne depuis notre ère, sont lc> seules qui aient ordonné, comme il faut, le respect de la vie humaine. Chez les païens, le père de famille était armé du droit de tuer, mutiler, frapper, sa femme, ses enfants, ses esclaves; il était permis de tarir la vie humaine dans sa source par la sodomie, par l'avortement, par l'exposition et l'abandon des enfants. Seuls le mosaïsme et le christianisme ont flétri et poursuivi ces abominations comme des crimes horribles.
D. Quels sont les cas où le christianisme, qui protège tant la vie humaine, permet néanmoins qu'on en prive certains hommes? Dites-nous à cette occasion un mot de la peine de mort.
R. Accomplir un homicide, tuer son semblable, n'est excusable aux yeux du christianisme que quand cela est exigé par de justes lois ou par le droit de légitime défense.
La religion excuse donc le législateur qui, dans l'intérêt public, pour protéger la vie des citoyens, dispose que l'assassin sera condamné à mort ;
Le juge qui applique cette loi justement;
Le bourreau qui exécute la décision du juge.
Quoi qu'en disent les adversaires de la peine de mort, cette peine est légitime dès lors qu'elle est le meilleur moyen de protéger la société : plusieurs vies valent mieux qu'une seule, la vie de l'innocent l'emporte sur la vie du coupable; on ne peut donc hésitera sacrifier celle-ci à celle-là. Il serait, sans doute, très beau de bannir la mort de nos mœurs, mais c'est aux assassins à commencer.