‹ Catéchisme politiqueChapitre 94 sur 233 · VOLS NE TUEREZ POINT · texte numérisé non relu

VOLS NE TUEREZ POINT

comme Ta si finement et si judicieusement observé M. Alphonse Karr. Cette peine est la moins cruelle « car », dit M. E. de Girardin dans son langage si net et si vif, « si elle abrège la vie, elle abrège la souffrance *. »

Mais qu'un législateur inflige la peine de mort pour des délits qui n'intéressent pas la sûreté publique ni la vie des citoyens, qu'il menace de mort, par exemple, le roturier qui se permettra de chasser sur les terres d'un seigneur ; qu'un magistrat condamne un accusé à mort, non d'après les lois et sa conscience, mais d'après son caprice et ses passions ; qu'un souverain, par un mouvement de colère, d'orgueil irrité, fasse périr dans les supplices, sans forme de jugement, des sujets qui l'ont offensé, ce sont là d'affreux attentats à l'inviolabilité de la vie humaine, ce sont là des crimes abominables, et la religion considère ceux qui les commettent comme de vrais homicides. Les textes sont également formels là dessus : Vous noterez pas la vie à celui gui ne la pas mérité, dit le Seigneur dans l'Exode; si vous le faites, je vous aurai en aversion comme un impie, car la vie humaine à laquelle vous aurez attenté est une chose sacrée, divine, qui découle de moi 2! Le devoir du sage est d 'appliquer justement des lois justes 3. Celui gui, sans en avoir le droit, ôte la vie à un homnie, est un homicide 4. C'est saint Ambroise qui proclama ce principe, et il s'est acquis une gloire immortelle en le défendant, lorsqu'il interdit l'entrée de l'église et imposa une pénitence publique à l'empereur Théodose, qui, pour punir la ville de Thessalonique de s'être révoltée et d'avoir mis à mort son gouverneur, avait, sans forme de jugement, fait massacrer sept mille habitants.

D. Tuer son semblable est-il permis à la guerre, et quelles sont les guerres légitimes?

R. La religion ne considère pas comme coupable le

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