TROISIEME PARTIE
par notre culte envers les couples incapables dis concourir dignement à la propagation de l'espèûe humaine.. Beaucoup de maladies se transmettent, et même s'aggravent, par rhérédité; en sorte que des milliers d'enfants naissent chétifs pour mourir bientôt, sans que* leur existence ait jamais cessé d'être un fardeau. Dans la civilisation moderne, où toutes les naissances $on|. également protégées, ces tristes résultats, se multiplient davantage que chez les anciens qui détruisaieut la plupart des rejetons débiles. En scrutant assez cette grande question, on trouverait peut-être que le quart des populations occidentales devrait sagement s'abstenir de toute procréation, pour concentrer une telle fonction chez les couples convenablement disposés. Quand on soignera la propagation de notre espèce autant que celle des principales races domestiques, on reconnaîtra la nécessité de la régler ainsi. Mais cela ne peut résulter que de la libre institution des mariages chastes, d'après la théorie positive de l'union conjugale, où les relations sexuelles ne sont pas directement nécessaires. Car l'interdiction légale du mariage, souvent invoquée par les médecins contre les maladies héréditaire^ offrirait un remède non moins odieux qu'illusoire. L'influence privée et publique de la religion positive peu ^ seule produire, à cet égard, des résolutions qui nianquent autant d'efficacité que de dignité quand elles ne sont pas pleinement volontaires. Dans ces unions exceptionnelles, la vraie nature du mariage devieiulra mieux appréciable, lorsque les deux âmes seront bien organisées. Un usage étendu de l'adoption y peirmeeUra
même l'essor des autres affections de famille, en soulageant d'ailleurs les couples spécialement voués à la propagation .
Là Femme. Cette théorie suffît, mon père, pour caractériser directement le mariage, indépendamment de ses résultats corporels, qui n'ont pas toujours lieu. L'amélioration morale de Thomme constitue donc la principale mission de la femme, dans cette incomparable union instituée pour le perfectionnement réciproque des deux sexes. Quant aux fonctions de la mère, vous les avez déjà défînies, comme consistant surtout à diriger Tensemble de l'éducation humaine, afin que le cœur y prévale toujours sur l'esprit. Ainsi, d'après la succession normale de ces deux offices féminins, votre sexe reste toujours sous la providence affective du mien. Une telle destination indique aussitôt que le lien conjugal doit être unique et même indissoluble, afin que les relations domestiques puissent acquérir la plénitude et ia fixité qu'exige leur efficacité morale. Cette double condition est tellement conforme à la nature humaine que les unions illicites y tendent spontanément. Mais je crois pourtant que le divorce ne doit pas être entièrement interdit.
Le Prêtre. Vous savez, ma fille, que saint Augustin, surmontant, par sa propre raison, le génie nécessairement absolu de sa doctrine théologique, commence son principal ouvrage en remarquant que le meurtre peut devenir souvent excusable, et quelquefois louable. On en peut dire autant du mensonge^ et de presque tout ce qui mérite une réprobation générale. Hais, en étendant