‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 104 sur 127 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

cette exception au divorce, il ne faut pas altérer Tindis* solubilité fondamentale du mariage. Il n^existe vraiment qu'un seul cas oii l'union conjugale doive être légalement dissoute, d'après la condamnation de Tun des époux à toute peine infamante qui le frappe de mort sociale. Dans les autres perturbations, l'indignité suffisamment prolongée peut seulement déterminer la rupture morale du lien, qui produit une séparation personnelle, mais sans permettre un nouveau mariage. La religion positive impose alors à l'imiocent une chasteté compatible d'ailleurs avec la plus profonde tendresse. Si cette condition lui semble rigoureuse^ il doit l'accepter d'abord en vue de Tordre général, puis comme une juste conséquence de son erreur primitive.

La Femme. Je connais déjà, mon père, la sainte loi du veuvage éternel, par laquelle le positivisme complète enfin la grande institution du mariage. Mon sexe ne fera jamais d'objection à cet égard, et vous m'avez appris à réfuter les divers sophismes, même scientifiques, qui pourraient encore émaner du vôtre. Sans un tel complément, la monogamie devient illusoire, puisque les nouvelles noces produisent toujours une polygamie subjective, à moins que la précédente épouse ne soit oubliée, ce qui doit peu rassurer l'autre. La seule pensée d'une telle mutation suffit pour altérer beaucoup l'union actuelle, d'après une éventualité toujours possible. Ce n'estque par l'assurance d'une inaltérable perpétuité que les liens intimes peuvent acquérir la consistance et la plénitude indispensables à leur efficacité morale. La plus méprisable des sectes éphémères que suscita l'anarchie moderne me

paraît être celle qui voulut ériger rinconstance en ccm* dition de bonheur, comme l'instabilité des occupations en moyen de perfectionnement. J'ai lu, dans la Politique positive, une remarque qui m'a beaucoup frappée à cet égard : c Entre deux êtres aussi complexes et aussi di<- « vers que l'homme et la femme, ce n'est pas trop de « toute la vie pour se bien connaître et s'aimer digne- « ment. » Loin de taxer d'illusion la haute idée que deux vrais époux se forment souvent l'un de l'autre, je Fai presque toujours attribuée à l'appréciation plus profonde que procure seule une pleine intimité, qui d'ailleurs développe des qualités inconnues aux indifférents. On doit même regarder comme très-honorable pour notre espèce cette grande estime que ses membres s'inspirent mutuellement quand ils s'étudient beaucoup. Car la haine et l'indifférence mériteraient seules le reproche d'aveuglement qu'une appréciation superficielle applique à l'amour. Il faut donc juger pleinement conforme à la nature humaine l'institution qui prolonge au delà du tombeau Tidcntification de deux dignes époux. Aucune intimité n'est comparable à la leur; puisque, entre la mère et le fils, l'inégalité d'âge, et même une juste vénération, empêchent toujours une entière harmonie.

Le Pretrb. Outre cela, ma fille, le veuvage peut seul procurer à l'influence féminine sa principale efficacité. Car, pendant la vie objective, les relations sexuelles altèrent beaucoup la réaction sympathique de l'épouse, en y mêlant une grossière personnalité. Voilà pourquoi la mère reste alors notre principal ange gardien.

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