TROISIÈME PARTIE
humains chez ceux qui doivent en diriger l'emploi. La richesse est même plus dangereuse à votre sexe qu'au sacerdoce, comme altérant davantage la prééminence morale que la supériorité mentale. Enfin, Texhérédation féminine fournit le seul moyen de supprimer Fusage des dots, si pernicieux à tant de familles, et directement contraire à la véritable institution du mariage. Alors l'union conjugale résultera d'un digne choix, étendu librement à toutes les classes, d'après l'uniformité résultée entre elles de l'éducation universelle, malgré les inégalités nécessaires de puissance et de richesse. Mais, afin que l'ensemble de ces motifs conserve toute sa validité, il faut que l'exhérédation féminine reste pleinement volontaire, sans résulter jamais d'un commandement légal.
La Femme. La religion positive aura peu de peine, mon père, à faire prévaloir cette résolution parmi les femmes, quand leur existence matérielle sera dignement assurée d'après les devoirs privés garantis par les convictions publiques. On a souvent déploré les caprices que produit la richesse oisive chez celles qui veulent ainsi commander au lieu d'aimer. Mais la dégradation morale m'a paru plus grande encore quand la femme s'enrichit par son propre travail. L'âpreté continue du gain lui fait perdre alors jusqu'à cette bienveillance spontanée que conserve l'autre type au milieu de ses dissipations. Il ne peut exister de pires chefs industriels que des femmes.
Le Prêtre. Afin de compléter cet aperçu général de la constitution domestique propre au positivisme, il me
29i CATÉCHISME POSITIVISTE.
reste^ ma fille, à vous indiquer une institution indispensable à rentière efficacité d'une telle rénovation. Elle consiste dans le plein développement delà faculté de tester, en y joignant la libre adoption ; mais sous la responsabilité morale du chef de famille, toujours soumis au digne examen du sacerdoce et du public. L*entretien suivant vous signalera la portée sociale de cette double institution, pour remédier, autant que possible, aux principaux inconvénients que comporte la transmission héréditaire des propriétés matérielles. Mais vous n'y devez maintenant apprécier que son aptitude domestique à purifier et consolider tous les liens élémentaires, en les dégageant des ignobles vceux qui les souillent aujourd'hui. C'est le seul moyen de rendre Tafiection des fils envers les pères, sinon aussi tendre, du moins aussi noble que celle des femmes pour les maris. L'amitié fraternelle sera mieux garantie ainsi que d'après l'égalité révolutionnaire des partages, ou même suivant la subordination féodale à l'égard des aînés. Parmi les riches, chacun n'attendra des siens que les secours matériels nécessaires à son éducation et à son installation sociale. Alors tous se livreront sans trouble au plein développement des meilleures affections. Si les pères n'obtiennent pas de dignes fils, ils y suppléeront par de sages adoptions.
Telles sont les familles au sein desquelles un sacerdoce librement vénéré de tous leurs membres s'efforcera sans cesse de. prévenir ou de réparer les conflits mutuels résultés des mauvaises passions. Il y fera sentir aux femmes le mérite de la soumission, en dévelop-