‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 109 sur 127 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

des volontés indiscutables. Ainsi^ les droits quelconques supposent nécessairement une source surnaturelle, qui peut [seule les soustraire à la discussion humaine. Quand ils furent concentrés chez les chefs, ils comportèrent une véritable efficacité sociale, comme garanties normales d'une indispensable obéissance, tant que dura le régime préliminaire, fondé sur le théologisme et la guerre. Mais depuis que la décadence du monothéisme les dispersa parmi les gouvernés, au nom, plus ou moins distinct, du même principe divin, ils sont devenus autant anarchiques d'un côté que rétrogrades de Tautre. Dès lors, ils n'aboutissent, des deux parts, qu'à, prolonger la confusion révolutionnaire ; en sorte qu'ils doivent entièrement disparaître, du commun accord des hommes honnêtes et sensés d'un parti quelconque.

Le positivisme n'admet jamais que des devoirs, chez tous envers tous. Car son point de vue toujours social ne peut comporter aucune notion de droit, constamment fondée sur l'individualité. Nous naissons chargés d'obligations de toute espèce, envers nos prédécesseurs, nos successeurs, et nos contemporains. Elles ne font ensuite que se développer ou s'accumuler avant que nous puissions rendre aucun service. Sur quel fondement humain pourrait donc s'asseoir l'idée de droite qui supposerait raisonnablement une efficacité préalable? Quels que puissent être nos efforts, la plus longue vie bien employée .ne nous permettra jamais de rendre qu'une portion imperceptible de ce que nous avons reçu. Ce ne serait pourtant qu'après une restitution complète

que nous serions dignement autorisés à réclamer la

réciprocité des nouveaux services. Tout droit humain est donc absurde autant qu'immoral. Puisqu'il n'existe plus de droits divins, cette notion doit s'effacer complètement, comme purement relative au régime préliminaire, et directement incompatible avec l'état final, qui n'admet que des devoirs, d'après des fonctions.

La Femme. Maintenant, mon père, je voudrais savoir si, outre la relation générale entre le régime public et

le régime privé, celui-ci ne suscite pas des dispositions qui puissent nous préparer personnellement à l'autre. Le Prêtre. Celles qui résultent de l'existence individuelle consistent surtout, ma fille, dans le culte intime qui lui correspond. Il n'est pas seulement propre à consolider et développer toutes les vertus privées. Sa principale application concerne la vie publique, oii notre triple ange gardien doit à la fois nous détourner du mal et nous pousser au bien, d'après de courtes invocations spéciales envers les différents cas essentiels. La puissance d'un tel secours fut déjà sentie dignement dans ja noble ébauche du culte féminin que tenta l'admirable chevalerie du moyen âge. Ces âmes d'élite avaient si bien harmonie la vie privée et la vie publique que l'image chérie venait souvent animer et embellir leurs scènes guerrières, en laissant surgir les plus tendres émotions au milieu même de la désolation ou de la terreur. Si donc les affections douces purent se combiner familièrement avec une activité destructive, un concours analogue doit mieux résulter de travaux directement relatifs au bonheur humain, et purs de tous douloureux résultats envers personne. Le saint canti-

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