TROISIÈME PARTIE
âge, 'qui n'y fut, enrers le système catholique, qu'un débris perturbateur, empiriquement émané dé Tordre romain. Toutes les opérations collectives, d'ailleurs purement temporaires, y seront toujours conduites d'après le concert passager des triumvirats correspondants. Quant aux institutions pratiques qui doivent de- ' venir vraiment universelles, leur destination même les réserve constamment au sacerdoce, seul capable de les faire partout préyaloir librement, malgré les rivalités nationales. Les gouvernements spéciaux n'y doivent intervenir que pour en faciliter la fondation, d'après les dépenses convenables. C'est par là seulement que les monnaies, les mesures, etc., peuvent acquérir, promptement et paisiblement, une véritable universalité.
iuinsi, les soixante républiques de l'Occident régénéré ne se trouveront habituellement liées que d'après une même éducation, des mœurs uniformes, et des fêtes communes. En un mot, leur union sera religieuse, et non politique; sauf les relations historiques résultées des agrégations antérieures, et bientôt effacées sous les nouTeaux rapprochements, quand elles ne reposeront pas sur la communauté du langage. Le Grand-Prêtre de THumanité constituera, -mieux qu'aucim pape du moyen âge, le seul chef vraiment occidental. Il pourra donc, au besoin, concentrer toute l'action sacerdotale afin de réprimer chaque triumvirat tyrannique, en invoquant d'ailleurs les chevaliers voisins, et même la paisible médiation des gouvernements impartiaux. Si les luttes industrielles deviennent pourtant inévitables, sa digne sanction pourra procurer aux coalitions ou-
vrières une extension décisive, en y faisant participer tous les collaborateurs occidentaux, nléme en dehors de la profession compromise. Mais, réciproquement, quand le sacerdoce blâmera la conduite des travailleurs, ou seulement refusera de Tapprouver, les entrepreneurs surmonteront aisément toutes les réclamations vicieuses.
La Femme. Nous n'avons plus, mon père, qu'à déterminer les relations systématiques de la population positiviste avec les nations qui n'ont point encore embrassé la religion universelle.
Le Prêtre. D'après l'intime counexité résultée de l'initiation catholico-féodale, succédant partout à Tincorporation romaine, vous concevez, ma fille, que la foi nouvelle prévaudra simultanément dans l'ensemble de l'Occident européen, y compris ses divers appendices coloniaux, surtout américains. Les convergences dues à l'essor positif, scientifique, esthétique, et technique l'emportent, à beaucoup d'égards, sur les divergences provenues de la rupture du lien catholique, et même d'une vicieuse nationalité. Mais cette vaste république spirituelle ne comprend guère que le cinquième de toute la population humaine. Il iiaporte donc d'apprécier, en général, comment l'Occident régénéré devra graduellement réunir à sa foi les habitants quelconques de notre planète.
Quand la réorganisation occidentale se trouvera suffisamment assurée, ce digne prosélytisme extérieur deviendra la principale occupation collective du sacerdoce positif. Malgré les prétentions temporelles, son privilège exclusif ne saurait être contestable envers une