‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 27 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Quant aux cas exceptionnels d'indignité caractérisée, la flétrissure se manifeste en transportant convenablement le funeste fardeau au désert des réprouvés, parmi les suppliciés, les suicidés et les duellistes.

LaFbmme. Cette suflSsante indication des neuf sacrements sociaux'me laisse, mon père, un regret général envers mon sexe, qui ne m'y semble pas assez apprécié. Toutefois, je ne réclame nullement contf e notre exclusion naturelle de trois de ces consécrations, puisqu'elle est fondée sur les motifs les plus honorables pour les femmes, dont la vie moins troublée n'exige pas autant de soins religieux. Mais je ne saurais concevoir que le paradis subjectif n'admît point celles que notre religion proclame les plus aptes à le mériter. Pourtant, je ne vois pas comment nous participerions, en général, à l'incorporation personnelle, qui ne me semble pouvoir résulter que d'une vie publique justement interdite à mon sexe, sauf des cas très-exceptionnels.

Le Prêtre. Vous comblerez, ma fille, cette grave lacune, en considérant que l'incorporation masculine doit embrasser aussi tous les dignes auxiliaires de chaque vrai serviteur de l'Humanité, sans même excepter nos adjoints animaux.

Le principal office des femmes consistant à former et perfectionner des hommes, il serait autant absurde qu'injuste de glorifier un bon citoyen, si l'on négligeait d'honorer la mère, l'épouse, etc., auxquelles son succès fut surtout dû. Autour, et quelquefois au dedans, de chaque tombe sacrée, le sacerdoce devra donc réunir, au nom du Grand-Ëtre, toutes les personnalités qui

cancoururent dignement aux services qu'elle récompense. Quoique votre sexe, mieux organisé que le mien, goûte davantage la pure félicité que procure aussitôt Tessor et Texercice des bons sentiments, il ne doit |amais renoncer aux justes éloges, ni surtout à Fimmortalité subjective qu'il apprécie si Men.

La Femme. D'après cette explication complémentaire, il ne me reste, jmon père, qu'à vous demander en quoi consiste l'obligation personnelle de recevoir nos divers sacrements.

Le Prêtre. Us doivent, ma fille, toujours rester légalement facultatifs, sans jamais imposer au delà d'un simple devoir moral, démontré dans Téducation, et sanctionné par l'opinion.

Pour mieux ccMiserver ce caractère p«irement spirituel, principale condition de leur efficacité, nos consécrations doivent même être accompagnées d'institutions parallèles, établies et maintenues par le pouvoir temporel, comme seules exigibles en chaque cas. Son appréciation, plus grossière et moins sévère, dispensera des rites sacrés les natures qu'ils pourraient eifrayer, et dont les services sociaux ne doivent pas cependant rester perdus ou compromis.

Il ne faut point, par exemple, regarder comme anarchique, malgré son origine révolutionnaire, l'institution du mariage civil, comme préambule nécessaire dur mariage religieux, dont il peut légalement dispenser. L'usage opposé résultait d'une usurpation catholique, que le positivisme n'imitera jamais. Ceux qui répugnent à la loi du veuvage, sans laquelle pourtant aucun ma-

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liage positiviste ne dott s'accomplir, ont besoin, de contracter une union civile qui les préserve du vice et garantisse Tétat légal de leurs enfants. Il en est de même, à de moindres degrés, envers la plupart des autres sacrements sociaux, surtout l'admission et la destination. Le sacerdoce devrait, au besoin, solliciter, auprès du gouvernement, Tinstitution des règles légales destinées à tempérer la juste sévérité de nos prescriptions religieuses, dont Tobservance toujours libre ne sera jamais récompensée que par la conscience et Topinion.

iii CATIîlCHlSMK POSITlViSTi:

i:iNV>llÈME ENTRETIEN.

CILÎB Vl'RHU

Li Femme. En abordant IVtude dh^^cte de notre culte public, je dois vous soumettre, mon père^ la réponse que J'ai déjà faite spontanément à des critiques, superficielles mais sincères, dirigées contre rensemble de cette solennelle adoration. On dit que chaque positiviste se glorifie lui-même quand il honore un être nécessairement composé de «es propres adorateurs. Ce reproche ne peut aucunement concerner notre cuite privé : il se rapporte uniquement à Tadoration directe de THumanité, surtout par des hommages colieclifs. Mais nous pouvons le repousser aisément d'après la vraie notion du Grand-Être, dont la composition est pr'mcipalement subjective. Ceux qui lui témoignent leur gratitude ne sont nullement assurés, en général, de s'y trouver enfin incorporés. Ils ont seulement lespoir d'une telle récompense, parce qu'ils comptent la mériter, d'après une digne carrière, toujours appréciée par leurs successeurs.

Le Prêtre. Cette rectification est pleinement con-

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