PREMIÈRE PARTIE
qu'en puissance réelle. En rangeant les classes humaines suivant leur aptitude à représenter le Grand-Être, rimportance et la difficulté des services propres au patriciat, comme Téducation qu'ils exigent et la responsabilité qu'ils imposent, le placent toujours au-dessus du prolétariat. C'est au nom même d'un tel classement que la sagesse sacerdotale, convenablement assistée par la sanction féminine et l'appui populaire, doit rappeler dignement les patriciens, isolés ou réunis, à leurs éternels devoirs sociaux, quand ils viennent à les négliger gravement. Mais ces remontrances exceptionnelles man-. queraient leur but principal si le culte normal n'honorait pas suffisamment les ministres nécessaires de notre providence matérielle. En plaçant le prolétariat à l'extrémité inférieure de l'échelle sociale, le culte rappellera que son aptitude caractéristique à contrôler et rectifier tous les pouvoirs humains résulte surtout d'une situation essentiellement passive , qui ne développe aucune tendance prononcée. Notre tableau sacré, comme le régime correspondant, doit donc insérer les deux grandes puissances, spirituelle et temporelle, entre les deux masses, féminine et populaire, qui réagissent sans cesse sur leurs sentiments et leur conduite. Si le patriciat était abaissé, l'harmonie positive se trouverait autant rompue en sociolatrie qu'en sociocratie.
La Femme. L'ensemble du culte public m'est assez familier déjà pour que vous puissiez, mon père, m'expliquer lu décomposition hebdomadaire des treize célébrations mensuelles. Ce développement final, qui ne
13i CATÉCHISME POSITIVISTE.
laissera jamais notre semaine sans une fête générale, doit profondément concourir au but moral de la grande adoration, ainsi reproduite sous des suspects très- variés, mais toujours convergents.
Le Prêtre. Avant de commencer cette explication, je dois^ ma fille, vûufi indiquer que le positivisme conserve, sans les changer, les noms actuels des jours de la «semaine. J'avais pensé à leur «n substituer d'aulàres, mais j'ai renoncé à ce projet, qui ne doit laisser d'autre trace qu'un heureux essai de touchantes prières domestiques, propres à mieux lier le culte public au culte privé, et composées par un de nos jeunes frères, M. J. Lonchampt, pour chacun des jours de notre semaine. Les anciens noms ont l'avantage de rappeler l'ensemble du passé dans sas trois phases tétichicpie^ polylhéique, et monothéiqufe(^).
Pour compiler la régularité 4e notre culte, il fallait que chaque jour d'une semaine quelconque occupât dans Tannée un rang invariable. On obtient cette fixité en s'absj^nant de toute dénomination hebdomadaire, d'abord envers le jour complémentaire qui termine toute année positiviste, puis quant au jour additionnel qui le suit si l'année est bissextile, selon la règle usitée en Occident. Chacune de ces deux journées exceptionnelles se trouve, en effet, désignée suffisamment par la fête correspondante. Dès lors, notre calendrier devient perpétuel; ce qui n'importe pas moins au régime qu'au culte.
La FfiMifE. Je conçois, mon père, toute l'efficacité
(1) Voir Politique positive, t. IV, p. 13o et 404.