DEUXIÈME PARTIE
simples de tous , quoique répandus partout , doivent donc se trouver chez des êtres qui ne nous en offrent pas d'autres, et où leur étude propre devient dès lors mieux accessible. A la vérité, le second degré théorique sera toujours réuni nécessairement au premier ; c'est surtout cela, plus que la nature même des phénomènes, qui constitue Taccroissement de complication. Mais, quelles que soient ces accumulations successives, chaque nouvelle catégorie d'événements pourra s'étudier sur des êtres indépendants des suivantes, quoique soumis aux précédentes, dont l'appréciation préalable permettra de concentrer l'attention vers la classe introduite. Quand même les êtres ne seraient pas toujours distincts, la méthode positive conservera sa principale efficacité s'ils présentent des états dijfférents, ce qui ne saurait manquer jamais, d'après la nature d'un tel classement. Ainsi, la hiérarchie théorique que je vais vous exposer, quoique d'abord destinée à fournir seulement une échelle des phénomènes, constitue nécessairement la véritable échelle des êtres, ou du moins des existences. Elle devient alternativement abstraite ou concrète, suivant que sa destination est subjective ou objective. C'est pourquoi la subordination encyclopédique des arts coïncide essentiellement avec celle des sciences.
La Femme. Avant que vous procédiez, mon père, à cette exposition hiérarchique, dont je commence à saisir le principe général, je vous prie de m'expliquer directement la marche qu'il y faut suivre. Pour cimenter l'union fondamentale entre le monde et l'homme,
elle semble pouvoir également partir de chacun d'eux en tendant vers l'autre. Son usage habituel me paraît même exiger qu'elle puisse, comme toute autre échelle, devenir indifféremment ascendante ou descendante. Mais j'ignore si cette double voie convient à sa construction.
Le Prêtre. Le concours normal d« ces deux méthodes, l'une objective, l'autre subjective, est aussi nécessaire, ma fille, à la.formaticm qu'à l'application delà hiérarchie théorique. Son élaboration spontanée dépendit de la première ; mais son institution systématique exigea la seconde. Chaque initiation individuelle doit ici, comme en tout autre cas important, représenter essentiellement l'évolution collective, sauf que désormais on fera sciemment ce qui jadis s'accomplit aveuglément. La combinaison de ces deux marches permet seule de réunir leurs avantages en neutralisant leurs dangers. Monter du monde à l'homme sans être d'abord descendu de l'homme au monde, expose à trop étendre les études inférieures, en perdant de vue leur vraie destination théorique, de manière à consumer nos efforts scientifiques sur des pué^rilités académiques, aussi contraires à l'esprit qu'au cœur. La liaison et la dignité sont alors sacrifiées à la réalité et à la netteté. C'est pourtant ainsi que dut procéder la positivité abstraite, pendant le long préambule scientifique qui s'étend de Thaïes et Pythagore jusqu'à Bichat et Gall, afin d'élaborer les matériaux successifs de la systématisation finale. Les besoins supérieurs de notre intelligence ne furent alors satisfaits imparfaitement que d'à-