‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 50 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. i

tieUes, je n'aurai pas moins de satisfaction à monter qu'à descendre votre échelle encyclopédique.

Le Prêtre. Cette alternance vous deviendra plus facile^ ma fille, si vous remarquez que, dans les deux >sens, la course théorique pourra suivre le même prindpe, en procédant sans cesse d'après le décroissement de généralité. li suflSt, pour cela, de rapporter la série fondamentale tsmiAt aux phénomènes eux-mêmes, tantôt à nos propres conceptions, suivant que son usage doit être objectif ou subjectif. En effet, les notions morales comprennent nécessairement toutes les autres, que nous en tirons par des abstractions successives. C'est surtout en cela que consiste leur complication supérieure. La science correspondante offre donc plus de généralité subjective que toutes les études inférieures. Au contraire, les phénomènes mathématiques ne sont les plus généraux que comme étant les plus simples. Leur étude présente donc plus de généralité objective, mais moins de généralité subjective qu'aucune autre. Seule applicable à toutes les existences appréciables, c'est aussi celle qui fait le moins connaître les êtres correspondants, dont elle ne peut dévoiler que les lois les plus grossières. Tous les cas intermédiaires offrent, à de moindres degrés, ce double contraste entre la mathématique et la morale.

Mais, soit qu*on monte ou qu'on descende, la course encyclopédique représente toujours la morale comme la science par excellence, puisqu'elle est à la fois la plus utile et la plus complète. C'est là que l'esprit théorique, ayant perdu graduellement son abstraction ini-

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tiale, vient s'unir systématiquement à Tesprit pratique^ après avoir achevé toutes ses préparations indispensables. Aussi la sagesse publique , régularisée par le positivisme, fera-t-elle respecter toujours l'admirable équivoque, tant déplorée chez nos pédants, qui, là seulement, confond l'art et la science sous une même dénomination.

Cette confusion apparente procure à la science morale un heureux équivalent de la discipline qui, partout ailleurs, prévient ou corrige les divagations théoriques propres à la culture ascendante. En effet, la règle générale consiste à restreindre chaque phase encyclopédique au développement nécessaire pour préparer le degré suivant; en réservant d'ailleurs au génie pratique les études plus détaillées qu'il jugerait spécialement convenables. Malgré les déclamations académiques, on sait maintenant qu'Une telle discipline consacre toutes les théories vraiment intéressantes, en n'excluant que les* puérilités scientifiques, dont la réjwreasion est aujourd'hui prescrite par les besoins combinés de l'esprit et du cœur. Or, cette règle, si précieuse partout ailleurs, échoue nécessairement envers la science placée au sommet de l'échelle encyclopédique.

Si les théories morales étaient autant cultivées que les autres, leur complication supérieure les exposerait, vu cette indiscipline spéciale, à des divagations plus^ fréquentes et plus nuisibles. M«is le cœur vient alors guider mieux l'espriti en rappelant davantage l'universelle subordination de la théorie à la pratique, d'après un titre heureusement ambigu. Les philosophesdoivent,

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