‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 51 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. 17o · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 17o

611 effet, étudier la morale dans la même disposition que les femmes, afin d*y puiser les règles de notre conduite. Seulement leur science déductive procure aux inductions féminines une généralité et une cohérence qu'elles ne pourraient autrement acquérir, et qui pourtant deviennent presque toujours indispensables à l'efficacité publique, ou même privée, des préceptes moraux.

La Femme. Le vrai régime théorique étant ainsi constitué» je vous prie, mon père, de terminer ce long et difficile entretien en caractérisant les propriétés générales de votre série encyclopédique, considérée désormais dans le sens ascendant, qui me sera bientôt familier* J'aperçois spontanément les dangers intellectuels et moraux propres à cette culture objective, tant qu'elle resta dépourvue de la discipline subjective que vous venez de m'expliquer. Alors la succession nécessaire des diverses phases encyclopédiques obligea provisoirement le génie scientifique à suivre un régime de spécialité dispersive, directement contraire à la pleine généralité qui doit caractériser les vues théoriques. De là durent résulter de plus en plus, chez les savants surtout, et par suite même dans le public, d'une part le matérialisme et l'athéisme, d'une autre piart le dédain des affections tendres et la désuétude des beaux-arts. Je sais, dépuis longtemps, combien, sous tous ces aspects, le vrai positivisme, loin d'offrir aucune solidarité réelle avec son préambule scientifique, en constitue, au contraire, le meilleur correctif. Mais je ne saurais saisir seule les attributs essentiels que je dois maintenant

apprécier dans Tensemble de votre hiérarchie théorique.

Le Prktre. Réduisez-les, ma fille, à deux principaux, qui correspondent à sa double destination générale, également subjective et objective, ou plutôt ici, logique et scientifique, suivant qu'on y considère surtout la méthode ou la doctrine.

Sous le premier aspect, la série encyclopédique indique à la fois la marche nécessaire de l'éducation théo- Tique et Tessor graduel du vrai raisonnement. Principalement déductive dans son berceau mathématique, où les inductions indispensables sont presque toujours spontanées, la méthode positive devient de plus inductive à mesure qu'elle aborde des spéculations plus éminentes. Dans cette longue élaboration, il faut distinguer quatre degrés essentiels, où la complication croissante des phénomènes nous fait successivement développer l'observation, l'expérience, la comparaison^ et la filiation historique. Chacune de ces cinq phases logiques, y compris le début mathématique, absorbe spontanément toutes les précédentes, d'après la subordination naturelle des phénomènes correspondants. La saine logique devient ainsi complète, et dès lors systématique, aussitôt que l'essor décisif de la sociologie fait surgir la méthode historique, comme la biologie avait auparavant institué Tart comparatif, après que la physique eut assez développé l'observation et l'expérience.

Une heureuse ignorance dispense aujourd'hui votre sexe des démonstrations philosophiques par lesquelles le positivisme s'efforce de convaincre les hommes que ion ne peut apprendre à raisonner qu'en raisonnant.

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