ENSEMBLE DU CULTE
La Femme. Vous m'avez éclairci, mon père, les difficultés que j'avais d'abord éprouvées à concevoir lHuraanité comme le centre d'e tout le système positiviste, le viens donc vous demander désormais de m'apprendre directement à mieux aimer, pour mieux servir l'incomparable Déesse que vous m'avez révélée, et à laquelle j'espère mériter d'être finalement incorporée. Dès lors, mon attitude change spontanément, et nos conférences prennent davantage le caractère de véritables entretiens. Au lieu de vous soumettre des doutes essentiels, exigeant de longues explications, je ne vous interromprai qu'afîii d'éclaircir ou de développer quelques indi-
cations insuffisantes. J'espère même, envers le culte^ devenir assez active pour vous seconder, en devançant certaines explications, de manière à rendre votre exposition plus rapide, sans qu'elle soit moins complète. Nous entrons ici dans le domaine du sentiment, où l'inspiration féminine , quoique toujours empirique , peut vraiment assister la construction sacerdotale.
Le Prêtre. Je compte beaucoup, ma fille, sur cette coopération spontanée, pour rendre cette partie de notre catéchisme moins étendue que la suivante. Mais^ afin de mieux utiliser votre disposition actuelle^ ce nouvel entretien, qui concerne seulement Tensembl^ du culte, doit commencer en systématisant le plan général de la religion, quoiqu'il vous soit déjà familier.
Toute combinaison, même physique, et surtout logique, devant être toujours binaire, comme l'indique assez rétymologie, cette règle s'étend nécessairement aux décompositions quelconques. La division fondamentale de la religion y satisfait naturellement, en répartissant le domaine religieux entre l'amour et la foi. Dans toute évolution normale, individuelle ou collective, l'amour nous conduit d'abord à la foi, tant que l'essor demeure spontané. Mais, quand il devient systématique, on construit la foi pour régler l'amour.
Cette division principale équivaut à la vraie distinction générale entre la théorie et la pratique.
Le domaine pratique de la religion se décompose né*cessairement aussi en deux, d'après la distinction naturelle entre les sentiments et les actes. La partie théorique ne correspond qu'à l'intelligence, seule base possible de