‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 71 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. âi · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. âi

deviendrait illusoire, consiste dans le prolétariat, qui constitue le fond nécessaire de toute population. Ne pouvant acquérir Fi nfluence sociale que par Tunion, il tend directement à développer nos meilleurs instincts. Sa propre situation attire sans cesse son attention principale vers les règles morales d'une économie dont il supporte spécialement les perturbations. Naturellement dégagé de la grave responsabilité et des préoccupations d'esprit qu'entraîne habituellement une autorité quelconque, théorique ou pratique, il devient très-propre à rappeler spontanément le sacerdoce et le patriciatà leur destination sociale.

La Femme. Je crois, mon père, que cette réaction continue de la classe active n*est pas moins indispensable pour contenir ou compenser, chez les femmes, l'exagération du sentiment. Étranger à la vie pratique, mon sexe se trouve disposé souvent à méconnaître ou négliger les grossières conditions qu'elle impose. Mais le sentiment qui le domine peut toujours les lui faire accepter dignement, afin de réaliser le bien auquel il aspire naturellement; quand cette impulsion nécessaire nous conduit à les apprécier assez.

Le Prêtre. Vous avez ainsi, ma fille, achevé spontanément de comprendre le grand office social qui caractérise le prolétariat. Car, si l'influence affective peut ellemême oublier sa vraie destination en se préoccupant trop des besoins qui lui sont propres, ce danger doit se développer davantage chez la puissance spéculative et le pouvoir actif, dont l'attention est habituellement absorbée par des efforts spéciaux. La providence morale

m CATÉCHISME POSITIVISTE,

des femmes, Id providence intellectueli6 itt saoerdœe, et la providence matérielle du patriciat, ont donc besoia d'être complétées par la providence générale émanée du prolétariat, pour constituer l'admirable ensemble de la providence humaine. Toutes nos forces peuvent ainsi tendre toujours, chacune selon sa nature, à la ccHCisep^ yation et au perfectionnement du Grand^Être.

Cette conception générale de notre constitution sociale suffît pour en caractériser les trois élén^nts nécessaires. Rangés suivant leur aptitude décroissante à représenter naiurellement l'Humanité, ils suivent le môme ordre dans leur prépondérance successive envers . chaque initiation complète. La providence fémi;nine,qui doit toujours dominer notre essor moral, nous dispose d'abord à sentir la continuité et la solidarité, en dirigea^t leducation spontanée qui s'accomplit au sein de la famille. Ensuite la providence sacerdotale nous fait systématiquement apprécier la nature et la destinée du Grand-Être, en nous révélant graduellement Tensemble de l'ordre réel. Nous tombons enfin sous la prépondérance directe et perpétuelle de la providence matérielle, qui nous initie à la vie pratique, dont les réactions affectives et spéculatives complètent notre préparation.

Une coïncidence spontanée entre la plénitude de notre développement personnel, tant cérébral que cor^ porel, et l'achèvement ordinaire de notre initiation Sociale constitue ainsi notre maturité réelle. Alors com^ mence ilotre seconde vie, essentiellement d'action, succédant à l'ensemble des préparations qui nous rendent propres à bien servir le Grand-Être. Cette nouTelle

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