‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 70 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. 2H · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 2H

ments essentiels de l'ordre social; le sexe affectif, la classe contemplative, c'est-à-dire le sacerdoce, et la force pratique. Ils sont ainsi rangés suivant leur dignité décroissante, mais aussi d'après leur indépendance croissante. Le dernier constitue donc la base nécessaire de toute Téconomie du Grand-Être, selon la loi fondamentale, devenue pour vous familière , qui par* tout subordonne les plus nobles attributs aux plus grossiers.

En effet, les besoins continus résultés de notre constitution corporelle imposent à l'Humanité une activité matérielle qui domine l'ensemble de son existence. Ne pouvant se développer que par une coopération croissante, cette activité, principal stimulant de notre inteU ligence, fournit surtout à notre sociabilité sa plus puissante excitation . Elle y subordonne de plus en plus la solidarité à la continuité, oii réside le plus décisif comme le plus noble de tous les attributs du Grand-Être. Car, les résultats matériels de la coopération humaine dépendent davantage du concours de$ générations suc-* cessives que de celui des familles coexistantes. Loin d'être radicalement défavorable à l'essor intelleetuel et moral, cette prépondérance continué de la vie pratique doit donc fournir la meilleure garantie de notre unité, en procurant à l'esprit et au cœur une direction déterminée et une destination progressive. Sans cette impulsion universelle, nos meilleures dispositions mentales, et même morales, dégénéreraient bientôt en tendances vagues et incohérentes, qui n'aboutiraient à aucun progrès, privé ou public.

Toutefois, la source, nécessairement personnelle, d*une telle activité doit d'aboi'd lui imprimer un caractère profondément égoïste, que peut seule rendre altruiste la transformation graduelle résultée de Tessor collectif. C'est pourquoi la constitution générale do Tordre social ne serait point assez appréciée si Ton n*y décomposait pas la classe active en deux éléments toujours distincts et souvent opposés. Ils doivent spécialement développer, l'un l'impulsion pratique, avec la personnalité que suppose sa principale énergie, l'autre la réaction sociale qui l'ennoblit de plus en plus.

Pour cette décomposition indispensable, il suffit de diviser la force active en concentrée et dispersée, suivant qu'elle résulte de la richesse où du nombre.

Quoique la première ne puisse être qu'indirecte, elle prévaut ordinairement, et même de plus en plus, comme représentant la continuité, tandis que la seconde correspond à la solidarité. Car, les trésors matériels que l'Humanité confie aux riches proviennent surtout d'une longue accumulation antérieure, malgré le besoin permanent de la rénovation partielle qu'exige leur consommation nécessaire. Toute forte impulsion pratique émane donc du patriciat où résident ces puissants réservoirs nutritifs, dont la principale efficacité sociale résulte de leur concentration personnelle. C'est ainsi que la propriété matérielle est directement consacrée par la religion positive, comme la condition fondamentale de notre activité continue, et dès lors la base indirecte de nos plus éminents progrès.

Le second élément pratique, sans lequel le premier

Page 1