DEUXIÈME PARTIE. 2t
et sa subordination au sentiment ne pouvait être théoriquement représentée.
Sans ce préambule historique, vous ne pourries bien apprécier Tadmirable effort par lequel le génie de Gall fonda la théorie positive de la nature humaine, quoi*-* qu'il ne pût la construire assez pour la rendre vraiment efficace, ce qui supposait la sociologie. Cette puissante impulsion posa deux principes généraux, l'un dynamique, l'autre statique, dont la connexité naturelle servira toujours de base à la véritable étude de Tâme et du cer* veau. Gall établit à la fois la pluralité de nos fonctions supérieures, tant mentales que morales, et leur commune résidence dans l'appareil cérébral, dont les diverses régions devaient correspondre à leurs distinctions réelles. Malgré les vices essentiels résultés, surtout envers l'intelligence, d'une analyse superficielle et d'une localisation empirique, il parvint à représenter assez la décomposition générale de notre existence, et même à consacrer enfin les penchants bienveillants. La lutte fictive entre la nature et la grâce fut dès lors remplacée par l'opposition réelle entre la masse postérieure du cerveau, où résident les instincts personnels, et sa région antérieure, où siègent distinctement les impul« sions sympathiques et les facultés intellectuelles. Telle est la base indestructible sur laquelle le fondateur de la religion positive construisit ensuite la théorie systématique du cerveau et de Tàme, quand il eut institué la sociologie, d'où pouvait seule émaner l'inspiration convenable.
La Femme. J'entrevois, mon père, toute la portée di-
recte du double principe posé par le dernier précurseur du positivisme. Les réactions continues entre nos sentiments et nos pensées, comme les relations naturelles de nos divers instincts, ne pouvaient éfre assez représentées d*après la séparation exorbitante des sièges qu'on leur avait jadis assignés. La théorie cérébrale permit enfin de concevoir ces importants rapports, de manière à perfectionner leur connaissance réelle. Néanmoins, en ôtant aux organes nutritifs cette attribution morale, que l'epoussait leur grossière destination, on suscite, ce me semble, une grave lacune générale envers leurs liaisons incontestables avec nos fonctions supérieures. Linfluence réciproque entre le physique et le moral, exagérée par Tancienne hypothèse, me paraît donc négligée dans la conception nouvelle.
Le Prêtre. Ce reproche ne s'applique, ma fille, qu'à l'ébauche de la théorie cérébrale. Il ne convient pas à son état définitif, où ces grandes relations se trouvent pleinement systématisées. En conservant de l'ancienne opinion les notions réelles qui l'accréditèrent si longtemps, on doit d'abord restreindre ces influences végétatives aux penchants proprement dits, sans y faire directement participer les fonctions intellectuelles, ni même les impulsions pratiques. Les régions spéculative et active du cerveau n'ont de communications nerveuses qu'avec les sens et les muscles, pour apercevoir et modifier le monde extérieur. Au contraire, la région affective, qui constitue sa principale masse, n'a point de liens directs avec le dehors, auquel la rattachent indirectement ses relations propres avec Tintelligence et l'acti-