‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 78 sur 127 · DEUXIEME PARTIE. 2Î · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. 2Î

vite. Mais, outre ces liaisons cérébrales, des nerfs spéciaux la lient profondément aux principaux organes dé la vie de nutrition, d'après la subordination nécessaire de Tensemble des instincts personnels à l'existence végétative. Si cette correspondance générale peut être assez spécifiée, comme il y a lieu de Tespérer, elle fournira de puissants moyens pour perfectionner mutuellement le physique et le moral de l'homme.

La Fbmmb. Cette conception positive de la nature humaine me semble, mon père, très-conforme à rexpérience universelle, surtout en ce qu'elle fonde directement notre unité sur la subordination continue de l'esprit au cœur. Vous m'aviez expliqué déjà que, des deux modes propres à cette prépondérance affective, le régime altruiste peut seul procurer à l'homme, même individuel^ une unité complète et durable, quoique plus difficile à constituer que l'unité égoïste. Mais une telle théorie de l'harmonie humaine m'offre encore une grave difficulté, pour la concilier avec la première loi d'animalité, qui proclame l'intermittence de toute la vie de relation, sans y pouvoir excepter les fonctions cérébrales. Car, la véritable unité ne saurait être discontinue. L'intelligence et l'activité peuvent et doivent se reposer périodiquement, comme les sens et les muscles correspondants. Au contraire, l'affection ne comporte aucune suspension. Pourrait-on jamais cesser d'aimer en soi et hors de soi ?

Le Prêtre. La liaison directe entre la vie affective et la vie végétative doit vous conduire, ma fille, à regarder la première comme aussi continue que la seconde.

Pour concilier cette continuité nécessaire avec Tinter-' mittence commune à toute la vie de relation, il suffît de considérer la duplicité cérébrale. Tous les organes du cerveau sont, comme les sens et les muscles, composés de deux moitiés symétriques, séparées ou contiguës, dont chacune peut fonctionner pendant le repos de l'autre. Une telle alternance permet au sentiment de n'éprouver aucune interruption malgré l'intermittence cérébrale. Quelquefois l'intelligence fonctionne ainsi pendant le sommeil, sinon par l'appareil contemplatif, directement lié au sens, du moins par l'appareil méditatif, qui n'en dépend pas immédiatement. De là résultent les rêves, états passagers d'aliénation mentale, où, comme dans la folie, les impulsions subjectives prévalent involontairement. Cette persistance accidentelle des fonctions intellectuelles pendant le sommeil permet de comprendre, par analogie, la persistance normale des fonctions affectives. Mais, elle en fournit, de plus, le témoignage indirect. Car, les rêves portent toujours l'empreinte des instincts dominants. Puisque, le cœur dirige Tesprit pendant la veille malgré, les impressions extérieures, il doit le dominer davantage quand cellesci sont suspendues. On peut donc espérer que la théorie cérébrale conduira finalement à bien interpréter les songes, et même à les modifier, suivant le vœu prématuré de toute l'antiquité.

La Femme. Je ne pourrais, mon père, concevoir assez la théorie positive de la nature humaine, si, après m'avoir expliqué les relations générales entre le cœur, l'esprit et le caractère, vous ne me faisiez pas connaîtro^la

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