‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 80 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. 23i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 23i

décomposition systématique de chacun d'eux en fonctions vraiment irréductibles.

Le Prêtre. Elle résulte, ma fille, du tableau cérébral que voici (Voyez le tableau C, ci-contre). Il doit vous de- ; venir aussi familier que notre tableau encyclopédique» Mais, quoiqu'il soit plus étendu, vous y trouverez moins d'embarras. Quiconque a suffisamment vécu, surtout dans votre sexe, doit bientôt sentir la réalité d une telle analyse, qui, par sa nature, ne peut reposer que sur des observations à la portée de tous. Si des contemplations spéciales et difficiles étaient indispensables pour la vérifier, elle serait nécessairement vicieuse. Les grands efforts qu'exigea la construction de ce tableau ne sauraient aucunement affecter son usage, surtout chez les esprits préservés de notre éducation classique. Car ces difficultés tinrent moins à la nature du problème qu'aux fausses théories qui dominaient à cet égard. Quoique ce soit le plus ancien domaine de notre intelligence, c'est le dernier auquel devait s'étendre la concordance graduelle entre la raison théorique et la raison pratique. Mais cet accord fondamental s'y trouve enfin établi ainsi; de manière à y reproduire, mieux qu'ailleurs, les progrès qu'il suscite toujours.

Cette classification cérébrale vous offre partout une nouvelle application du principe universel de la gêné alité décroissante, sur lequel vous avez déjà vu reposer la hiérarchie encyclopédique. Vous le remarquez surtout envers les instincts, qui sont à la fois plus nombreux et mieux tranchés. Leur décroissement de généralité à mesure qu'ils deviennent plus nobles et moins

énergiques se vérifie pleinement dans l'ensemble de la série animale. Les derniers degrés ne présentent que rinstinct fondamental de la conservation individuelle, jusqu'à l'entière séparation des sexes. Alors s'ajoutent successivement tous les autres instincts, d'abord personnels, puis sociaux, dans Tordre qu'indique le tableau cérébral, à mesure qu'on monte vers l'homme. Cette comparaison zoologique suffirait donc pour démontrer une telle analyse, dont elle a même souvent secondé l'élaboration, toujours dirigée cependant par l'inspiration sociologique. La plus haute partie de la série animale, comprenant les mammifères et les oiseaux, présente certainement une réunion complète de toutes nos fonctions supérieures, avec de simples différences de degré. Voyez comment le plus grand des poètes pressentit cette similitude fondamentale, en plaçant, au milieu des sublimités de son paradis, cet admirable tableau de Texistence morale d'un oiseau :

Come Taugello intra Taniate fronde Posato al nido de' snoi dolci nati, La notte che le cose ci nasconde,

Che per véder gli aspetti desiaii»

E per trovar lo cibo onde li pasca,' In che i gravi labor gli son aggrati,

Previene '1 tempo in su l'aperta frasca, Ë con ardenie affetio il sole aspetta Fiso guardando pur che l'alba nasca.

Dans cette charmante description, un animal trèséloigné de Thomme présente le même concours normal que parmi nous entre le sentiment, l'intelligence et Tactivité. Une telle fraternité est encore plus pré-

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