TROISIÈME PARTIE. V
les deux premières années, où Fapprentissage pratique occupe moins. C'est ainsi que, depuis ta géométrie jusqu'à H morale, chaque adotescenf) doit systématiquement accomplir , en sept ans , l'ascension objective qui demanda tant de siècles à l'essor spontané de l'Humanité.
Pendant cette élaboration théorique, un monothéisme graduellement simplifié lui [nrocure, comme à l'espèce, une transition générale vers le positivisme final. L'uniformité normale du sacerdoce occidental rendra de telles études pleinement conciMables avec les précieux voyages de nos prolétaires. Tandis qu'elles s'accompliront, le prolongement naturel de la culture esthétique secondera l'influence maternelle pour prévenir ou réparer leur dégénération morale. Bornées d'abord à nos langues vivantes, les lectures poétiques des occidentaux embrasseront alors les sources grécoromaines de notre essor intellectuel et social, mais toujours sans aucun maître spécial.
Après avoir développé son culte intime, et déjà senti le culte domestique, le futur citoyen commence directement l'adoration systématique du vrai Grand-Être, dont il peut alors apprécier dignement les principaux bienfaits. L'ensemble de ces préparations conduit le jeune positiviste à mériter le sacrement de l'admission, quand son esprit peut enfin servir la Famille, la Patrie, et THumanité, sans que son cœur cesse de leis aimer.
Là Femme. Pendant cette dernière initiation, la surintendance maternelle me semble, mon père, devoir être gravement préoccupée des déviations passionnées aux-
quelles Tadolescent se trouve alors exposé. Les discours des médecins m'ont souvent effrayée à cet égard, en me faisant craindre que les lois naturelles de notre développement corporel ne rendent ces vices ordinairement inévitables. J'aurais besoin de me rassurer spécialement sur un tel danger, où le trouble moral peut d'ailleurs compromettre l'évolution théorique.
Le Prêtre. Vous seriez, ma fille, beaucoup moins affectée de ces déclamations doctorales, si vous sentiez assez la profonde incompétence de leurs auteurs. Malgré leur prétention d'étudier l'homme, les médecins, théoriques ou pratiques, sont loin de pouvoir connaître sa nature, surtout parmi les modernes. Car, ils s'y bornent essentiellement à ce que nous avons de commun avec les autres animaux ; en sorte qu'ils mériteraient plutôt le titre de vétérinaires, si la culture empirique ne compensait un peu, chez les meilleurs d'entre eux, les vices de l'instruction théorique. Puisque l'homme est le plus indivisible des êtres vivants, quiconque n'étudie point en lui l'âme et le corps simultanément ne peut s'en former que des notions fausses ou superficielles.
Le matérialisme académique ne saurait donc prévaloir contre des expériences nombreuses et décisives, pleinement expliquées par la vraie théorie de la nature humaine. Cette prétendue fatalité sexuelle se trouva communément surmontée, pendant l'ensemble du moyen âge, chez tous ceux qui subirent assez la discipline catholique et chevaleresque. Même au milieu de l'anarchie moderne, beaucoup d'exemples individuels