TROISIÈME PARTIE. 2o
scientifiques, réservées à sa dernière préparation. On ne peut cependant éviter qu'il s'en occupe et s'en informe.
Le Prêtre, RappeIez>vous, ma fille, que chaque évolution individuelle doit spontanément reproduire toutes les phases essentielles de Tinijtiation collective. Vous concevrez ainsi qu'il faut, à cet égard, laisser l'enfant suivre librement les lois générales de notre essor intellectuel. Il sera naturellement fétichiste jusqu'à la dentition, et puis polythéiste jusqu'à la puberté. Ces deux états philosophiques le disposeront, comme l'espèce, à mieux développer dlabord l'esprit d'observation, ensuite les facultés esthétiques.
Quant aux questions qu'il pourra soumettre à ses parents, s'il s'aperçoit qu'ils pensent autrement que lui» le caractère profondément relatif du positivisme leur permettra toujours d'y répondre sans hypocrisie. 11 leur suffira de lui déclarer loyalement que ses opinions actuelles sont celles qui conviennent à son âge, mais en l'avertissant qu'il en changera bientôt, suivant la loi qu'eux-mêmes subirent jadis. En lui faisant remarquer qu'il a déjà passé spontanément du fétichisme au polythéisme, il croira sans peine à de nouvelles transformations, qu'on ne doit pas d'ailleurs hâter artificiellement. Son esprit se trouve ainsi détourné de l'absolu, tandis que son cœur sympathise mieux avec les populations qui représentent ces états préliminaires.
La Femme. Un tel éclaircissement me permet, mon père, de passer à l'appréciation de l'éducation systématique. Quoiqu'elle doive être toujours dirigée par le
sacerdoce, Fascendant eontmu que le poi^itivisme sœcorde au cœur sur l'esprit m'aunonee déjà qu'elle ne soustraira jamais Tadolescent à ses relations de famtRe. Leur réaction journalière lut devient même plus nécessaire lorsque ses préoeeupatîons fhéorîques vont tendre à le dessécher et renergaeillir. Je connais la profonde aversion que vous inspirent nos cloàres scch lastiques, on la corruption se dévelop^pe encoure davantage que k stupidité.
Le Prêtre. C'est, en effet, ma fille, s&m la constante surintendance de sa mère que Tadoleseent, après avoir reçu le sacrement de l'initiation^ va, chaque semaine, dans l'école annexée au temple de THumanité, entendre, du sacerdoce, une ou deux leçons de dogme. Le fruit principal de cet enseignement extérieur dépend d'ailleurs du travail intérieur correspondant. Car la véritable influence didactique dispose à mieux méditer, au lieu d'en dispenser.
Le plan général de cette étude systématique du dogme positif est naturellement indiqué par la hiérarchie encyclopédique qui caractérise l'ardre universel. A ses sept degrt s fondamentaux, correspondent autant d'années du noviciat théorique, en réservant le quart de chacune d'elles pour l'examen et le repos. Le nombre des leçons annuelles se trouve ainsi réduit à qnarante, avec une seule par semaine, ce qui suffit à l'étude philosophique de chaque science. Seulement retondue et la difficulté spéciales de Tinitiation malbématique, dont l'importance théorique prévaudra tonjoursv exigent deux séances hebdomadaires p^idant