‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 100 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ment illimité, soient déjà regardés comme doués d'une véritable vocation sacerdotale, ils n'appartiennent pas encore au pouvoir spirituel, dont ils n'exercent aucune fonction. Aussi leur libre renonciation à tout héritage reste-t-elle purement provisoire, de même que leur traitement, que nous fixons à trois mille francs. Sans résidence sacerdotale, ils sont pourtant surveillés régulièrement, pour leurs travaux et leurs mœurs.

Les vicaires appartiennent irrévocablement au sacerdoce, quoiqu'ils n'exercent encore que les fonctions d'enseignement et de prédication, sauf délégation spéciale en cas d'urgence. Outre la renonciation définitive aux biens temporels, leur admission exige un digne mariage. Ils résident avec leurs familles, mais séparément des prêtres, au presbytère philosophique adjacent à chaque temple de l'Humanité, parallèlement à l'école positive. La classe qui dirige chez toutes les autres la réaction du cœur sur l'esprit doit elle-même fournir le meilleur type masculin de l'essor moral, d'après un plein développement des affections domestiques, sans lesquelles l'amour universel devient illusoire. Quoique le mariage reste facultatif pour les citoyens ordinaires, il devient donc obligatoire parmi les prêtres, dont l'office ne peut être dignement rempli sans l'influence continue, d'ailleurs objective ou subjective, de la femme sur l'homme. Afin de les mieux éprouver à cet égard, la religion positive impose déjà cette condition aux simples vicaires. Ce second grade, qui conduit toujours au troisième, sauf avortement exceptionnel, procure un traitement annuel de six mille francs.

Pendant les sept années qui le séparent du sacerdoce complet, chaque vicaire a professé tous les degrés encyclopédiques, et sufQsammeat exercé ses talents de prédicalion. Alors il devient un véritable prêtre, et peut remplir, chez les familles ou dans les cités, le triple office de conseiller, consécrateur, et régulateur, qui caractérise socialement le clergé positif. En cet étal définitif, son traitement annuel s'élève à douze mille francs, plus les indemnités de tournée diocésaine.

Chaque presbytère philosophique se compose de sept prêtres et de trois vicaires, dont les résidences peuvent toujours changer, quoique ces déplacements ne doivent jamais s'opérer que d'après des motifs vraiment graves. Le nombre de ces collèges sacerdotaux est de deux mille dans Tensenible de l'Occident: ce qui fait correspondre un fonctionnaire spirituel à six mille habitants; d'où cent mille pour la terre entière. Quelque faible que paraisse une telle proportion, elle sufQt réellement à tous les services, d'après la nature d'une doctrine qui rarement exige des explications systématiques, presque toujours remplacées par l'intervention spontanée des femmes et des prolétaires. Il importe de restreindre autant que possible la corporation sacerdotale, soÙ afin d'éviter les dépenses superflues, soit surtout pour que le clergé soit mieux composé.

La Femme. Dans une telle indication, je ne vois pas, mon père, la tête qui doit régir ce vaste corps.

Le Prêtre. Quoique sa doctrine et son office tendent, ma fille, à le diriger spontanément sous l'assistance de l'opinion publique, il exige, en eflet, un Chef général.

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