‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 116 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

société ne peut durer si les inférieurs ne respectent pas leurs supérieurs. Rien ne confirme mieux une telle loi que la dégradation actuelle, où, faute d'amour, chacun n'obéit qu'à la force ; quoique l'orgueil révolutionnaire déplore la prétendue servilité de nos ancêtres, qui savaient aimer leurs chefs. La seconde partie de la double condition sociale est donc commune à tous les temps. Mais la première ne fut réellement introduite qu'au moyen âge ; puisque toute l'antiquité pensait autrement, sauf d'heureuses exceptions personnelles, comme le témoigne son aphorisme favori : Paucis nascitur huma" num genus. Ainsi, l'harmonie publique repose sur l'activité combinée des deux meilleurs instincts altruistes» respectivement convenables aux inférieurs et aux supérieurs dans leurs rapports mutuels. Toutefois, ce concours ne peut surgir et persister que chez des âmes assez préparées par une suffisante habitude de la plus énergique, qi^oique la moins éminente, des trois inclinations sympathiques, d'après un juste essor des affections domestiques. > . , .

'. Une telle solution réside entièrement dans la séparation fondamentale entre les deux puissances spirituelle et temporelle. On ne peut assurer le dévouement des forts aux faibles que par l'avènement d'une classe de torts qui ne puisse obtenir d'ascendant social qu'en se dévouant aux faibles, d'après leur libre vénération. C'est ainsi que le sacerdoce devient l'âme de la vraie sociocratie. Mais cela suppose qu'il se borne toujours à conseiller, sans pouvoir jamais commander.

Voilà pourquoi j'ai tant insisté sur sa renonciation

complète au pouvoir, et même à la richesse. Afin de la mieux garantir, il faut aussi que les prêtres s*absliennent de tirer aucun profil matériel de leurs travaux quelconques, livres ou leçons ; de manière à toujours subsister seulement de leurs traitements annuels. Le budget central du sacerdoce pourvoira, sauf exception, à Timpression de tous leurs écrits, sous la seule obligation de les signer, et en laissant la distribution aux auteurs, qui doivent en être les meilleurs juges, ainsi constamment responsables.Tout prêtre qui vendrait ses livres ou ses leçons serait donc puni sévèrement, jusqu'à perdre son office dès la troisième infraction.

Afin de compléter la purification du sacerdoce, il faut aussi Tempêcher d'opprimer aucune doctrine contraire à la sienne. C'est pourquoi le régime positif exigera toujours une pleine liberté d'exposition, et même de discussion, comme il convient à des dogmes consiamment démontrables. Les seules restrictions normales de celte liberté fondamentale doivent résulter de l'opinion publique, qui, d'après une sage éducation universelle, repoussera spontanément les thèses contraires à ses convictions quelconques. On en peut juger déjà par la discipline involontaire qui maintient la foi positive, sans aucune contrainte matérielle, envers les principales notions de la science moderne. Pourvu que la contradiction ne soit jamais interdite légalement, nul ne peut se plaindre raisonnablement de la répugnance qu'il inspire au public. Un tel ensemble de conditions obligera toujours le sacerdoce à persuader ou convaincre pour exercer une action réelle sur les grands et les petits.

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