TROISIÈME PARTIE
attribulion. Si le sacerdoce est déjà seul compétent pour régler dignement les rapports mutuels des divers peuples occidentaux, à plus forte raison doit-il régir, sans aucune concurrence, les plus vastes relations so* ciales. A travers des dominations éphémères et désastreuses, c'est aux perfectionnements scientifiques ou techniques qu'on doit réellement toutes les communications utiles et durables de TOccident avec le reste de la planète humaine. Le génie toujours relatif du positivisme le rend exclusivement propre à comporter de véritables missions, capables de rattacher graduellement les populations quelconques à son unité caractéristique, seule digne de tout embrasser.
La Femme. Cette immense conversion, nécessaire à la pleine constitution du Grand Être, doit suivre, mon père, une marche naturelle, dont je voudrais connaître le caractère essentiel.
Le Prêtre. Il résulte, ma fille, des affinités décroissantes du positivisme occidental avec les diverses populations étrangères, d'abord monothéistes, puis polythéistes, et enfin fétichistes. Mais les cas qui semblent les plus défavorables, d'après une moindre préparation ' spontanée, comportent, au contraire, une plus grande intervention systématique, quand on applique dignement la théorie générale des transitions humaines. Toute la conversion peut être suffisamment ébauchée en trois générations, une pour chaque degré principal, en laissant au siècle suivant à développer les diff^érentes bases d'uniformité posées par un sacerdoce nombreux et zélé, s'il est convenablement assisté.
Le premier cas concerne les monothéistes orientaux, d*abord chrétiens, puis musulmans, ou la Russie et la Turquie avec la Perse. De part et d*aulre, on peut élever les populations au niveau final de TOccident, sans leur imposer une servile et dangereuse imitation de la marche orageuse et difficile qu'exigea l'évolution originale. Même dès aujourd'hui, le positivisme fournira, d'après sa théorie historique, de précieuses lumières aux nobles gouvernements qui s'efforcent de diriger cette ascension nécessaire en la préservant des perturbations occidentales. La Russie qui, dans le siècle dernier, se guidait d'après la France, est maintenant conduite à s'en isoler systématiquement. Ce changement est fort sage, puisque l'ancienne imitation exposerait désormais les populations slaves à d'immenses perturbations, sans leur procurer aucun véritable progrès intellectuel ou social.
Mais, quand Paris régénéré cessera d'offrir partout un type insurrectionnel, il pourra fournir aux dignes tzars des notions et des secours propres à seconder systématiquement leur admirable zèle spontané pour la paisible amélioration intérieure de leurs vastes États. Au lieu de les inviter à l'imitation d'un passé qui ne comporte aucune reproduction, le positivisme les exhortera bientôt à mieux apprécier leurs propres avantages. Par exemple, la décomposition des grandes fortunes féodales fut nécessaire en France pour préparer l'avènement d'un nouveau patriciat sous l'essor éphémère des classes moyennes. En Russie, au contraire, il importe aujourd'hui de maintenir la concentration de