‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 23 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Mais la première aura toujours plus de prix que la seconde, comme les sentiments envers les actes, et la morale comparée à la politique. La plupart des travaux théoriques accumulés jusqu'ici n'ont guère qu'une valeur logique : souvent ils ne nous apprennent que des notions oiseuses, et quelquefois nuisibles. Quoique ce contraste provisoire doive beaucoup diminuer, quand la discipline encyclopédique nous aura délivrés du fatras académique, la vraie logique ne cessera jamais de prévaloir sur la science proprement dite, surtout pour le public, et même chez le sacerdoce.

La Femme. Il ne me reste, mon père, qu'à vous demander quelle doit être la destination spéciale des deux autres entretiens que vous m'avez promis sur le culte positif. Quoique je sente bien que nous n'avons pas assez exploré ce beau domaine, je ne vois pas vers quoi nous devons encore y diriger nos efforts.

Le Prêtre. Vous le comprendrez, ma flUe, en considérant que notre culte doit être, sous peine d'avortement radical, d'abord privé, puis public. Tels seront les objets respectifs des deux entretiens suivants. Mais, avant d'y procéder, votre attention générale a besoin d'apprécier directement celte grande subordination, d'où dépend, au fond, la principale efficacité de la religion positive.

Afin de la mieux saisir, concevez ces deux culles comme s'adressant respectivement, le premier à la Femme, le second à l'Humanité. Vous sentirez alors que notre Déesse ne comporte d'adorateurs sincères que ceux qui se sont préparés à son culte auguste pair

une digue pratique des secrets hommages journellement dus à ses meilleurs organes, surtout subjectifs, et même objectifs. En un mot, la véritable Église a toujours pour base primitive la simple Famille, encore plus dans Tordre moral que sous le pur aspect social. Le cœur ne peut pas davantage éviter un tel début, ensuite conservé comme stimulant habituel, que Tesprit ne peut dédaigner les moindres degrés encyclopédiques pour monter aux plus élevés, qui lui font toujours sentir le besoin de se retremper à la source.

C'est surtout la pratique assidue du culte privé qui distinguera finalement les vrais positivistes d'avec les faux frères dont nous allons être encombrés aussitôt que la vraie religion prévaudra. Sans un tel signe, une facile hypocrisie usurperait bientôt la considération due seulement aux adorateurs sincères de l'Humanité. Entre elle et la famille, il faudra même développer l'entremise normale résultée des sentiments naturels, aujourd'hui vagues et impuissants, qui nous rattachent spécialement à la Patrie proprement dite. L'impossibilité de bien cultiver ces affections intermédiaires ailleurs que dans des associations assez restreintes, fournira toujours le meilleur motif de la réduction, que j'aurai ultérieurement à vous expliquer, des grands États actuels à de simples cités convenablement escortées.

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