‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 24 sur 136 · CULTE PRIVE · texte numérisé non relu

CULTE PRIVE

La Femme. Le culte privé me semble, mon père, devoir être composé, comme Texistence correspondante, de deux parties bien distinctes. Tune personnelle, Tautre domestiqae, dont la séparation me parait indispensable à son explication.

Le Prêtre. Cette division naturelle, que je n'avais pas dû mêler à la principale décomposition du culte, détermine, en effet, ma fille, le plan de notre entretien actuel. Deux grandes institutions sociolatriques. Tune relative aux vrais anges gardiens, Tautre aux neuf sacrements sociaux, vont y caractériser respectivement, d'abord le culte personnel, puis le culte domestique. Les motifs qui font dépendre celui-ci de celui-là sont, à de moindres degrés, essentiellement semblables à ceux qui représentent Tensemble du culte privé comme l'unique base solide du culte public. Plus intime qu'aucun autre, le culte personnel peut seul développer assez des habitudes décisives d'une sincère adoration, sans lesquelles nos cérémonies domestiques, et, à plus forte rai-

son, nos solennités publiques, manqueraient d'efficacité morale. La socioiatrie institue ainsi, pour chaque cœur, une progression naturelle, où les effusions individuelles préparent dignement les célébrations collectives, par Tentreprise normale des consécrations domestiques.

La Femme. Puisque le culte intime devient ainsi la première base de toutes nos pratiques sacrées, je vous prie, mon père, de m'en expliquer directenient la vraie nature.

Le Prêtre. Elle consiste, ma fille, dans Tadoration journalière des meilleures personnifications que nous puissions assigner à THumanité, d'après Tensemble de nos relations privées.

Toute l'existence de TÉtre-Suprême étant fondée sur l'amour, qui seul réunit volontairement ses éléments séparables, le sexe affectif constitue naturellement son représentant le plus parfait, en même temps que son principal ministre. Jamais l'art ne pourra figurer dignement l'Humanité autrement que sous la forme féminine. Mais la providence morale de notre Déesse ne s'exerce pas seulement par l'action collective de votre sexe sur le mien. Cet office fondamental résulte surtout de l'influence personnelle que chaque digne femme développe sans cesse au sein de sa propre famille. Du sanctuaire domestique émane continuellement cetle sainte impulsion qui peut seule nous préserver de la corruption morale à laquelle nous dispose toujours l'existence pratique ou théorique. Sans de telles racines privées, Taction collective de la femme sur l'homme ne comporterait d'ailleurs aucune efficacité permanente.

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