‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 31 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

lement au serviteur de rHumanité Tinflexible responsabilité qui va commencer pour lui, en ayant spécialement égard à sa fonction propre, devenue pleinement appréciable.

Lk Femme. Envers le sacrement suivant, Je ne vois, mon père, d'autre destination que de marquer la terminaison normale de la grande phase d'activité complète et directe ouverte par la sixième consécration.

Le Prêtre. Le sacrement de la retraite devient, au contraire, ma fllle, Tun des plus augustes et des mieux caractérisés, quand on considère le dernier office fondamental que remplit alors chaque vrai serviteur de l'Humanité. Dans Tordre positif, un fonctionnaire quelconque, surtout temporel, désigne toujours son successeur, sous la sanction de son supérieur, et sauf les cas exceptionnels d'indignité ou d'incapacité, comme je vous l'expliquerai bientôt. Vous sentez déjà que c'est le seul moyen de régulariser assez la continuité humaine. En venant, à soixante-trois ans, librement abdiquer une activité épuisée, pour développer désormais sa juste influence consultative, le citoyen exerce solennellement ce dernier acte de haule autorité, dès lors publiquement soumis au contrôle sacerdotal et populaire, qui pourra conduire à le modifier dignement. Chez les riches, cette transmission d'office se complète naturellement, d'après les mêmes règles, par celle de la portion du capital humain qui sert d'instrument au fonctionnaire, quand il a prélevé ses provisions personnelles.

La Femme. Maintenant, mon père, je conçois toute la

portée saciale de notre septième sacrement, où je ne voyais d'abord qu'une sorte de fête domestique.

Quant au suivant, la vraie religion m'est assez familière déjà pour que je comprenne spontanément en quoi il consiste. Il doit remplacer Tborrible cérémonie où le catholicisme, livré sans contrôle à son caractère antisocial, arrachait ouvertement le mourant à toutes les affections humaines, pour le transporter isolément au céleste tribunal. Dans notre transformation, le sacerdoce, mêlant les regrets de la société aux larmes de la famille, apprécie dignement l'ensemble de l'existence qui s'achève. Après avoir obtenu les réparations possibles, il fait le plus souvent espérer l'incorporation subjective, mais sans compromettre jamais un jugement qui n'est pas encore mûr.

Le Prêtre. Puisque vous avez, ma fille, convenablement caractérisé le dernier sacrement objectif, je dois vous expliquer maintenant la consécration finale.

Sept ans après la mort, quand toutes les passions perturbatrices sont assez éteintes, sans que les meilmeurs documents spéciaux soient déjà perdus, un jugement solennel, dont la sociocratie emprunte le germe à la théocratie, vient irrévocablement fixer le sort de chacun. Le sacerdoce ayant prononcé Vincorporation, il préside au pompeux transport des restes sanctifiés, qui, jusqu'alors déposés au champ civique, viennent occuper leur place éternelle dans le bois sacré qui entoure le temple de THumanité. Chaque tombe s'y trouve ornée d'une simple inscription, d'un buste, ou d'une statue^ suivant le degré de la glorification obtenue.

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