PREMIÈRE PARTIE. i
Quant aux cas excepHoonels d'indignité caractérisée» la flétrissure se manifeste en transportant convenablement le funeste fardeau au désert des réprouvés, parmi les suppliciés, les suicidés et les duellistes.
La Femme. Cette suffisante indication des neuf sacrements sociaux me laisse, mon père, un regret général envers mon sexe, qui ne m*y semble pas assez apprécié. Toutefois, je ne réclame nullement contre notre exclusion naturelle de trois de ces consécrations, puisqu'elle est fondée sur les motifs les plus honorables pour les femmes, dont la vie moins troublée n'exige pas autant de soins religieux. Mais je ne saurais concevoir que le paradis subjectif n'admit point celles que notre religion proclame les plus aptes à le mériter. Pourtant, je ne vois pas comment nous participerions, en général, à Tincorporalion personnelle, qui ne me semble pouvoir résulter que d'une vie publique justement interdite à mon sexe, sauf des cas très exceptionnels.
Le Prêtre. Vous comblerez, ma fille, celte grave lacune, en considérant qqe l'incorporation masculine doit embrasser aussi tous les dignes auxiliaires de chaque vrai serviteur de l'Humanité, sans même excepter nos adjoints animaux.
Le principal oUlce des femmes consistant à former et perfectionner des hommes, il serait autant absurde qu'injuste de glorifier un bon citoyen, si Ton négligeait d'honorer la mère, l'épouse, etc., auxquelles son succès fut surtout dû. Autour, et quelquefois au dedans, de chaque tombe sacrée, le sacerdoce devra donc réunir, au nom du Grand-Être, toutes les personnalités qui
concoururent dignement aux services qu'elle récompense. Quoique votre sexe, mieux organisé que le mien, goûte davantage la pure félicité que procure aussitôt Tessor et l'exercice des bons sentiments, il ne doit jamais renoncer aux justes éloges, ni surtout à l'immortalité subjective qu'il apprécie si bien.
La Femme. D'après cette explication complémentaire, il ne me reste, mon père, qu'à vous demander en quoi consiste l'obligation personnelle de recevoir nos divers sacrements.
Le Prêtre. Ils doivent, ma fille, toujours rester légalement facultatifs, sans jamais imposer au delà d'un simple devoir moral, démontré dans l'éducation, et sanctionné par l'opinion.
Pour mieux conserver ce caractère purement spirituel, principale condition de leur efficacité, nos consécrations doivent même être accompagnées d'institutions parallèles, établies et maintenues par le pouvoir temporel, comme seules exigibles en chaque cas. Son appréciation, plus grossière et moins sévère, dispensera des rites sacrés les natures qu'ils pourraient effrayer, et dont les services sociaux ne doivent pas cependant rester perdus ou compromis.
Il ne faut point, par exemple, regarder comme anarchique, malgré son origine révolutionnaire, l'institution du mariage civil, comme préambule nécessaire du mariage religieux, dont il peut légalement dispenser. L'usage opposé résultait d'une usurpation catholique, que le positivisme n'imitera jamais. Ceux qui répugnent à la loi du veuvage, sans laquelle pourtant aucun ma-