‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 58 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

son vrai domaine, afla de comprimer systématiquement raveugle ambition théorique de ses adeptes trop exclusifs.

Quoi qu'il en soit, vous devez reconnaître la nécessité de descendre jusque-là pour trouver ù Téchelle encyclopédique une base spontanée, qui puisse ériger son ensemble en prolongement graduel de la raison commune. En elTet, la physique elle-même, beaucoup plus simple que les autres sciences, ne Test point encore assez. Ses inductions propres ne peuvent être systématisées qu'à Taide de déductions plus générales, comme partout ailleurs; seulement ce besoin logique et scientifique s*y fait moins sentir. Ce n'est qu'en mathématique qu'on peut induire sans avoir d'abord déduit, d'après l'extrême simplicité de son domaine, où l'induction devient souvent inaperçue ; au point que les géomètres académiques n'y voient que des déductions, dès lorà inintelligibles, faute de source. Il ne peut exister nulle part de convictions vraiment inébranlables que celles qui reposent finalement sur cet immuable fondement de toute la philo$ophie positiv.e. Telle sera toujours la terminaison nécessaire de l'enchaî^j^meat subjectif d'après lequel chaque bon esprit aninR^ d'un cœur honnête pourra sans cesse instituer, comme je viens de le faire, la série fondamentale des'^cinq principaux degrés encyclopédiques.

La Femme. J'attribue, mon père, à cette réaction du sentiment sur l'intelligence la facilité que j'éprouve à suivre une telle opération, que j'avais tant redoutée d'abord. Constamment préoccupé de la morale, seule

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base solide de sa juste influence, mou sexe attachera toujours beaucoup de prix à lui procurer enfin des fondements systématiques, qui puissent résister aux sophismes des mauvaises passions. Aujourd'hui surtout, nous sommes alarmées en contemplant les ravages moraux déjà produits par Tanarchie intellectuelle, qui menace de dissoudre prochainement tous les liens humains, si des convictions irrésistibles ne préviennent enfin son ascendant spontané. Les vrais philosophes peuvent donc compter sur le secret concours etTinlime reconnaissance de toutes les dignes femmes, quand ils reconstruisent la morale sur des fondements positifs, afin de remplacer irrévocablement ses bases surnaturelles, dont la décrépilude est trop évidente. Celles qui sentiront, comme je le fais maintenant, la nécessité de descendre pour cela jusqu'aux sciences les plus abstraites, sauront apprécier convenablement ce secours inespéré que la raison vient enfin procurer à Tamour. Je comprends ainsi pourquoi le tableau encyclopédique que je vais étudier procède en sens inverse de l'exposition qu*il résume. Car il faut surtout se familiariser avec cet ordre ascendant, suivant lequel se développeront toujours les diverses conceptions positives. En rinstituant comme vous venez de le faire, vous avez dissipé la principale répugnance qu'inspire naturellement aux femmes une marche trop abstraite^ qu'elles virent jusqu'ici conduire si souvent à la sécheresse et à l'orgueil. Maintenant que je puis toujours apercevoir et rappeler le but moral de toute l'élaboration scientifique, et les conditions propres à chacune de ses phases essen-

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