DEUXIÈME PARTIE
comme un Grand-Étre plus ou moius avorté, d*après rinfériorité de sa propre organisation et l'essor de la prépondérance humaine. Car Texistence collective constitue toujours la tendance nécessaire de la vie de relation qui caractérise Tanimalité. Mais ce résultat général ne peut, sur une même planète, se développer assez que chez une seule des espèces sociables.
La Femme. D'après Tensemble de ces explications, je comprends, mon père, comment la biologie, philosophiquement cultivée, peut enfin combler toutes les graves lacunes encyclopédiques, en instituant une transition graduelle entre Tordre extérieur et Tordre humain. Cette immense progression, à la fois des êtres et des phénomènes, toujours conforme au principe hic* rarchique du positivisme, se rattache, dans son terme inférieur, à la succession normale des trois modes es-* sentiels de Texistence matérielle. Je conçois ainsi la pleine réalisation de Tadmirable continuité qui d'abord me semblait impossible. Mais, avant de quitter Tordre vital proprement dit, j*y voudrais connaître, d'une manière plus nette et plus précise, les deux parties essentielles de son domaine, végétalité et animalité.
Le Prêtre. Ce juste vœu, ma fille, sera convenablement satisfait en concevant les trois grandes lois qui régissent chacune d'elles. Il y faut voir autant de faiis généraux, subordonnés entre eux mais complètement distincts, et dont Tensemble explique toujours, soit les fonctions continues de la vie de nutrition, soit les fonctions intermittentes de la vie de relation.
La première loi de végétalité, base nécessaire de
toutes les études vitales, sans excepter. le cas humain, consiste dans la rénovation matérielle a laquelle est constamment assujetti tout être vivant. A cette loi fondamentale succède celle du développement et du déclin, aboutissant à la mort, qui, sans offrir en ellemêmeJa suite nécessaire de la vie, en devient partout le résultat constant. Enfin, ce premier système biologique se complète par la loi de la reproduction, où la conservation de l'espèce compense la destruction de Tindividu.
La principale propriété de l'ensemble des êtres vivants consiste dans l'aptitude de chacun d'eux à reproduire son semblable, comme lui-même provint toujours d'une source analogue. Non seulement aucune existence organique n'émane jamais de la nature inorganique. Mais, en outre, une espèce quelconque ne saurait résulter d'une autre, ni supérieure ni inférieure, sauf les variations très limitées, quoique trop peu connues encore, que comporte chacune d'elles. Il existe donc un abime vraiment infranchissable entre le monde vivant et la nature inerte, et même, à de moindres degrés, entre les divers modes de vitalité. En confirmant l'impossibilité do toute synthèse purement objective, cette appréciation n'altère aucunement la véritable synthèse subjective, résultée partout d'une ascension assez graduelle vers le type humain.
Quant aux trois lois d'animalité, la première consiste dans le besoin alternatif d'exercice et de repos propre à toute la vie de relation, sans excepter nos plus nobles attributs. Celte intermittence caractéristique des fonc-