DEUXIÈME PARTIE
La Femme. Cel éclaircissement préliminaire me permettra, mon père, de repousser désormais des sophismes trop accrédités encore parmi les esprits mal cultivés. Je vous prie donc de m'expliquer directement Textension décisive du dogme positif au monde social.
Le Prêtre. Vous devez, ma fllle, concevoir d'abord cette grande science comme composée de deux parties essentielles : Tune statique, qui construit la théorie de Tordre; Tautre dynamique qui développe la doctrine du progrès. L'instruction religieuse considère surtout la première, où la nature fondamentale du vrai Grand- Être est directement appréciée. Mais la seconde doit compléter cette détermination, en expliquant les destinées successives de l'Humanité, afin de guider convenablement la pratique sociale. Ces deux moitiés de la sociologie sont profondément liées entre elles d'après un principe général que le positivisme établit pour rattacher partout l'étude du mouvement à celle de l'existence : Le progrès est le développement de V ordre. Déjà convenable en mathématique, une telle loi s'applique d'autant mieux que les phénomènes se compliquent davantage. Car, la distinction entre l'état statique et l'état dynamique devient alors plus prononcée ; tandis que la simplification résultée de cette liaison d'études acquiert aussi plus de prix. La sociologie devait donc offrir la meilleure application de ce grand principe, et la vraie source de sa systématisation. Il y convient même autant en sens inverse qu'en sens direct. Car, les états successifs de l'Humanité doivent ainsi manifester de plus en plus sa constitution fondamentale, dont tous les
germes essentiels sont nécessairement contenus dans son ébauche initiale. Mais l'efficacité théorique et pratique de la sociologie dynamique se trouvera spécialement caractérisée par Tentretien qui terminera ce catéchisme. Je dois donc me borner maintenant à vous expliquer les principales notions de la statique sociale.
La Femme. Une telle réduction convient d'ailleurs, mon père, à Hnsuffisance de mon instruction historique. Quoique les conceptions statiques de la sociologie doivent être plus abstraites que ses vues dynamiques, je pourrai les mieux saisir, avec l'attention qu'exigent leur importance et leur difficulté. Là, du moins, je me sentirai soutenue conlre mon ignorance par la certitude de retrouver en moi-même la confirmation d'une doctrine direclement émanée de noire nature.
Le Prêtre. Il vous suffit, en effet, ma fille, de vous examiner attentivement pour reconnaître aussitôt la constitution nécessaire de Tordre social. Car, afin de représenter l'exigence générale de l'Humanité, elle doit offrir une combinaison décisive de tous nos altribuls essentiels. Quoique votre propre existence vous les montre confusément, elle vous les fait assez senlir pour que vous puissiez mieux saisir leur harmonie fondamentale, quand des organes collectifs permetlent à chacun d'eux un essor pleinement caractéristique.
Concevez, donc le Grand-Étre comme étant, de la même manière que vous, mais à un degré plus prononcé, dirigé par le sentiment, éclairé par l'intelligence, et soutenu par Tactivité. De là résultent les trois été-