‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 83 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mes philosophiques chez les esprits non cultivés. Tel est le domaine naturel dont la systématisation et le développement constituent la destination essentielle de la science morale. Les autres théories réelles consistent aussi toujours à déterminer surtout les lois générales des phénomènes les plus vulgaires ; comme la chimie, par exemple, envers la combustion et la fermentation. Quoique la science morale ae pût être assez abordée par aucune théologie, il faut dignement remarquer la tentative initiale du vrai fondateur du catholicisme pour satisfaire aux besoins systématiques émanés du nouvel enseignement religieux. Le grand saint Paul, en construisant sa doctrine générale de la lutte permanente entre la nature et la grâce, ébaucha réellement, à sa manière, l'ensemble du problème moral, non seulement pratique, mais aussi théorique. Car, cette précieuse fiction compensait provisoirement Tincompatibilité radicale du monothéisme avec Texistence naturelle des penchants bienveillants, qui poussent toutes les créatures à s'unir mutuellement au lieu de se vouer isolément à leur créateur. Malgré tous les vices naturels d'une telle théorie, son développement au moyen âge constitue le seul pas essentiel que comportât la science morale depuis son ancienne ébauche théocratique jusqu'à sa récente institution positive. Les résultats essentiels de la commune sagesse s'y trouvaient, du moins, représentés beaucoup mieux que par la déplorable ontologie qui dirigea la dissolution graduelle du catholicisme. Aussi les mystiques du xv« siècle, et surtout l'admirable auteur de V Imitation^ sont-ils les derniers

penseurs chez lesquels, avaut le positivisme^ on puisse vraiment saisir l'ensemble de la nature humaine, si vicieusement conçue dans toutes les doctrines métaphysiques.

En vous rappelant un dogme moral qui fut justement cher à votre jeunesse, je ne veux pas seulement honorer Un effort trop méconnu maintenant. Outre qu'il remplaça provisoirement la théorie positive de la nature humaine, dont le préambule objectif devait encore durer longtemps, il la prépara spontanément en formulant son domaine systématique. C'est sous cette influence que, même avant la fondation delà sociologie, le vrai génie scientifique entreprit, à cet égard, une tentative décisive, quoique insuffisante, aussitôt que la philosophie biologique eut surgi.

Il fallait d'abord instituer, dans ce suprême domaine théorique, une harmonie générale entre l'appréciation statique et l'appréciation dynamique, en assignant les sièges de nos principales fonctions. Malgré la confusion métaphysique qui voulait tout réduire à rintellîgence, à laquelle on consacrait l'ensemble du cerveau, la raison commune avait percé les ténèbres philosophiques, du moins quant aux penchants, surtout personnels, d'après leur énergie spontanée. Les anciens penseurs en consacrèrent la distinction, en les faisant siéger, quoique vaguement, dans les différents viscères de la vie de nutrition. Toutefois, aucun organe ne fut assigné aux instincts sympathiques, et la science, d'accord avec la théologie, parla toujours des passions comme s'il n'en existait que de mauvaises. D'ailleurs, l'iatel licence restait indivise,.

Page 1