‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 14 sur 115 · PRÉFACE. XX.XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XX.XIII

il manque certainement à la plupart de leurs chefs, sous une anarchie qui fait partout prévaloir temporairement les mauvaises natures. Ces hommes vraiment indisciplinables exercent, malgré leur petit nombre, une vaste influence, qui dispose à la fermentation subversive tous les cerveaux dépourvus de convictions inébranlables. Envers cette peste occidentale, il ne peut maintenant exister d'autre ressource habituelle que le mépris des populations ou la sévérité des gouvernements. Mais la doctrine qui seule régularisera cette double garantie ne saurait d'abord comporter d'autre appui décisif que le sentiment féminin, bientôt assisté par la raison prolétaire.

Sans la digne intervention du sexe affectif, la discipline positive ne parviendrait point à refouler aux derniers rangs ces prétendus penseurs qui tranchent en sociologie quoiqu'ils ignorent l'arithmétique. Car, le peuple, partageant encore, à beaucoup d'égards, leurs vices principaux, reste incapable jusqu'ici de seconder le nouveau sacerdoce contre ces dangereux parleurs. Je ne puis, du moins, espérer immédiatement un concours collectif que chez les prolétaires demeurés étrangers à nos débats politiques, quoique spontanément attachés, comme les femmes ellesmêmes, au but social de la grande révolution. Tel est le double milieu préparé pour ce catéchisme.

Outre les motifs généraux qui doivent ici diriger

XXXIV CATÉCHISME POSITIVISÏL.

vers les femmes ma principale attention, je fus, depuis longtemps, conduit à faire surtout dépendre d'elles l'avènement décisif de la solution occidentale indiquée par l'ensemble du passé.

D'abord, il serait absurde de prétendre terminer sans elles la plus complète des révolutions humaines, tandis qu'elles participèrent profondément à toutes les rénovations antérieures. Leur répugnance instinctive envers le mouvement moderne suffirait pour le rendre stérile, si elle était vraiment invincible. C'est de là que procède, au fond, l'étrange et funeste anomalie qui impose des chefs rétrogrades à des populations progressives, comme si l'idiotisme et l'hypocrisie devaient fournir les garanties officielles de l'ordre occidental. Jusqu'à ce que la religion positive ait assez surmonté ces résistances féminines , elle ne pourra point développer suffisamment, envers les principaux partisans des diverses doctrines arriérées , la réprobation décisive que mérite leur infériorité mentale et morale.

Ceux qui nient maintenant l'existence naturelle des affections désintéressées deviennent justement suspects de ne repousser, à cet égard, les démonstrations de la science moderne que d'après l'imperfection radicale de leurs propres sentiments. Ne poursuivant le moindre bien que sous l'appât d'une rétribution infinie ou par la crainte d'un éternel suppUce , leur

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