PRÉFACE. XXXV
cœur se montre aussi dégradé que l'est évidemmeat leur esprit, vu l'absurdité de leurs croyances. Pourtant, la tacite adhésion des femmes confie encore la direction officielle de l'Occident à ceux que de tels caractères feront sagement exclure de toute fonction supérieure, quand le positivisme aura dignement sys, tématisé la raison publique.
Mais la Religion de l'Humanité privera bientôt la rétrogradation de cet auguste appui que lui conserve seule une juste horreur de l'anarcbie. Car, malgré des préventions empiricpies , les femmes sont très-disposées à bien apprécier l'unique doctrine qui puisse aujourd'hui concilier radicalement l'ordre et le progrès. Elles reconnaîtront surtout que cette synthèse finale , quoique embrassant toutes les faces de notre existence , fait mieux prévaloir le sentiment que la synthèse provisoire qui lui sacrifiait l'intelligence et l'activité. Notre philosophie devient pleinement conforme à l'esprit féminin, en terminant l'échelle encyclopédique par la morale, qui, comme science et comme art, constitue nécessairement l'étude la plus importante et la plus difficile, résumant et dominant toutes les autres. Développant enfin le sentiment chevaleresque, comprimé jadis par les conflits théologiques, le culte positif érige le sexe affectif en providence morale de notre espèce. Chaque digne femme y fournit habituellement la meilleure représentation
XXXM CATÉCllIS.ME POSITIVISTE.
(lu vrai Grand-Être. Systématisant la famille, comme base normale de la société, le régime correspondant y fait dignement prévaloir l'influence féminine , devenue enfin le suprême arbitre privé de l'éducation universelle. A tous ces titres, la vraie religion sera pleinement appréciée parles femmes, aussitôt qu'elles connaîtront assez ses principaux caractères. Celles même qui regretteraient d'abord des espérances chimériques ne tarderont point h sentir la supériorité morale de notre immortalité subjective, dont la nature est profondément altruiste, sur l'ancienne immortalité objective, qui dut toujours être radicalement égoïste. La loi du veuvage éternel, qui caractérise le mariage positiviste, suffirait pour instituer, à cet égard, un contraste décisif.
Afin de mieux incorporer les femmes à la révolution occidentale, il faut concevoir sa dernière phase comme devant leur offrir un profond intérêt spécial, directement relatif à leur propre destinée.
Les quatre grandes classes qui composent le fond de la société moderne durent subir successivement l'ébranlement radical qu'exigeait d'abord sa régénération finale. 11 commença, dans le dernier siècle, par l'élément intellectuel, instituant enfin une insurrection décisive contre l'ensemble du régime théologique et militaire. L'explosion temporelle qui devait s'ensuivre surgit bientôt d'une bourgeoisie qui, depuis